Procès de la “démembreuse” de Toulouse : le spectre de la mère de l'accusée

© Luc Perillat/Drawmyevents
© Luc Perillat/Drawmyevents

Durant le procès de Sophie Masala, jugée pour le meurtre de sa collègue Maryline Planche dont elle a ensuite découpé le corps, la cour d'assises de la Haute-Garonne tente de comprendre les "raisons" d'un tel passage à l'acte. Et à première vue, elles sont très faibles.

Par Marie Martin

Depuis l'ouverture du procès, lundi 21 octobre 2019, le président de la cour d'assises a déjà posé la question à plusieurs reprises, notamment aux experts psychiatriques : "Comment un conflit banal peut-il tourner ainsi à un meurtre atroce ?"

Pour le moment, les réponses manquent. Certes, Sophie Masala semblait être en conflit professionnel avec Maryline Planche. Les deux femmes exerçaient le même métier de conseillère en prestations au sein de l'Agefiph (association pour l'insertion des personnes handicapées) mais Maryline Planche était là depuis 20 ans quand Sophie Masala venait d'arriver de Montpellier, où elle vivait avec sa famille.

Tout oppose les deux femmes. L'une est solitaire, phobique sociale, perfectionniste et secrète. La seconde est volubile, enthousiaste, veut changer ce qui lui paraît perfectible dans le service. La première est célibataire, la seconde épouse et mère de famille.
Maryline Planche est décrite comme très honnête. Sophie Masala ment souvent et a déjà été condamnée pour vol et peu de temps avant le drame, s'est à nouveau signalée en volant des chèques restaurants à ses collègues.

Ce mardi 22 octobre 2019, deuxième jour du procès, Sophie Masala a expliqué avoir eu des altercations avec Maryline. "J'essayais de l'aider, notamment pour son handicap, mais elle m'a rejetée. Comme ma mère."

Voilà l'argument phare de l'accusée. La ressemblance entre sa victime et sa propre mère, une femme autoritaire et volage, qui faisait de sa fille la complice de ses écarts, tout en lui disant : "Si tu parles, je te tue". 

Sophie Masala est en rupture depuis plus de vingt ans avec sa mère et la plupart des membres de sa famille : elle garde rancune à sa mère d'avoir obligé ses enfants à porter le nom de son nouveau mari, après le suicide du père. 

Du côté des parties civiles, on exprime surtout le doute. Comment cette mère ainsi décrite a pu être comparée à Maryline la discrète ? Sophie Masala a du mal à l'expliquer. 

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