11 des 15 prévenus de l'affaire Bouille condamnés par le tribunal de Perpignan

Perpignan - le palais de justice - archives / © F3 LR
Perpignan - le palais de justice - archives / © F3 LR

L'affaire Bouille, c'est le procès d'une corruption massive, active et passive, à la mairie de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, mise au jour en 2008. Un système de blanchiment condamné par le tribunal correctionnel de Perpignan, 4 prévenus écopent de prison ferme.

Par Fabrice Dubault


Deux mois et demi, après un procès hors norme, avec 15 prévenus à la barre, autant d'avocats et un dossier de 10.000 pages, le délibéré dans l'affaire Bouille est tout aussi peu commun.

Le jugement comporte 267 pages et l'énoncé des condamnations a duré pas moins d'une heure et quart.
Blanchiment, corruption passive, prise illégale d'intérêt, usage de faux, détournement de biens ont été sévèrement jugés parfois au delà des réquisitions du ministères publique, avec 4 peines de prisons fermes , des amendes de 10.000, 20.000 ou 50.000 euros mais aussi 4 relaxes.

  • L'ex-directeur de cabinet de Jacques Bouille, Rémi Bolte a écopé de 4 ans d'emprisonnement dont 2 ferme et 50.000 euros d'amende.
  • Francis Montor condamné à 4 ans de prison, dont 30 mois avec sursis et 30.000 euros d'amende.
  • Marie-Antoinette Bouille, veuve de Jacques Bouille, est condamné à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis pour recel de bien, complicité de corruption active et passive et 50.000 euros d'amende.
  • Le promoteur immobilier suisse Damien Piler a été relaxé sur l'ensemble des charges.
  • Alain Schuller, Rolland Mantelassi, Corine Barbosa sont relaxés
Pour le défenseur de la ville et de l'office de tourisme de Saint-Cyprien, partie civile, le jugement est pleinement justifié.

L'affaire Jacques Bouille : il s'agit d'une vaste affaire de pots-de-vin et d'achat massif d'oeuvres d'art, dans les années 2000, au bénéfice présumé de l'ancien maire de Saint-Cyprien,dans les Pyrénées-Orientales, Jacques Bouille.
Les accusations de blanchiment, prises illégales d'intérêts et corruption portent sur pas moins de 7 millions d'acquisitions de tableaux, tapis, tapisseries, statuettes "pour le compte de la commune" mais sans l'accord du conseil municipal.
Les enquêteurs ont établi que le maire avait conservé la plupart des oeuvres de manière illégale, à son domicile ou à son bureau.

Durant cette affaire, le maire UMP de Saint-Cyprien de 1989 à 2008, Jacques Bouille est décédé, en prison, en 2009. Il était l'un des principaux protagonistes du dossier.

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