"À demain... peut-être" : des jeunes de Banyuls-sur-Mer créent un clip pour soutenir une famille menacée d'expulsion

La vidéo a été postée il y a quatre jours sur Internet et cumule déjà plusieurs milliers de vues. Ces jeunes banyulencs y dénoncent la situation de copains et de leur famille, menacée d'expulsion du territoire français. 

Roméo, Sarah, Gwénaël, Raphaël et d'autres figurent dans le clip vidéo.
Roméo, Sarah, Gwénaël, Raphaël et d'autres figurent dans le clip vidéo. © FTV / C. LLIAMBRICH

Un travelling sur la côte Vermeille, quelques notes au piano... Puis, au bout d’une quinzaine de secondes, les premiers mots scandés qui racontent l’histoire de leurs copains. Ce clip, diffusé le 14 juin sur les réseaux sociaux et intitulé "À demain... peut-être", est la voie choisie par de jeunes collégiens et lycéens de Banyuls-sur-Mer pour témoigner de leur soutien à une famille originaire de Mongolie et menacée d’expulsion imminente.

Certains fréquentent la fratrie au club de judo ou à l’école. Pour d’autres, ce sont des visages croisés "tous les matins à l’arrêt de bus". Dans les deux cas, ces jeunes ont décidé de se mobiliser pour protester contre une situation qu’ils estiment injuste, alors que la famille est arrivée en France depuis bientôt 10 ans et que les enfants y sont scolarisés.

Je me suis dit que ce garçon que je vois tous les jours sur le chemin de l’école, bientôt, je ne le verrai plus. Je me suis mis à sa place. Si du jour au lendemain, on m’expulsait vers un pays où je n’ai jamais mis les pieds, qu’est-ce que je ferais ?

Roméo, jeune habitant de Banyuls

 

Plutôt qu’une manifestation, les adolescents ont opté pour cette vidéo qui a, en l’espace de quatre jours, cumulé près de 7.000 vues sur les différentes plateformes. "On a préféré la musique parce que la musique touche tout le monde, explique Gwénaël. C’est un peu comme un rap, donc ça peut toucher les jeunes, les ados, les adultes." Un jeune réalisateur est venu prêter main forte à l’élaboration, effectuée en quelques jours. Parmi les exigences posées par les jeunes : ne pas faire apparaître les visages de la famille concernée. "On a voulu garder leur anonymat, par respect pour eux mais aussi parce qu’ils sont discrets dans la vie de tous les jours", expose Sarah, une amie.

"Je pense que le clip peut faire démarrer l’action et après, relayer avec des pétitions, des rencontres avec le maire et le préfet", espère de son côté Raphaël. Une page a ainsi été créée sur le site change.org afin de demander à ce qu'ils puissent "vivre en règle sur le sol français" et permettre "à ces enfants de continuer leur chemin avec nous". Elle cumule à ce jour près de 700 signatures.

 

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