Jean-François Copé lance la campagne UMP des municipales en Roussillon

Jean-François Copé tenait meeting au parc des expositions de Perpignan, ce mercredi soir. Le président de l'UMP est venu soutenir le maire sortant de Perpignan, Jean-Marc Pujol. Il a lancé la campagne des municipales dans les Pyrénées-Orientales, pour le parti de droite.

Perpignan - Jean-François Copé en meeting - 16 octobre 2013.
Perpignan - Jean-François Copé en meeting - 16 octobre 2013. © F3 LR O.Meyer

Le président de l'UMP, en visite dans les Pyrénées-Orientales, a lancé la campagne des municipales pour les candidats de son parti.

L'UMP peut "repousser très loin le Front National", à Perpignan où le maire sortant Jean-Marc Pujol (UMP) va affronter Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, a déclaré Jean-François Copé mercredi soir, en misant sur la "fermeté" et pas sur "l'eau tiède".

"Mon objectif est de dire aux Perpignanais, vous avez une chance historique de continuer dans la droite ligne de ce qu'à fait Jean-Marc Pujol depuis des années: de dire stop à François Hollande et de repousser très loin le Front National" a déclaré le président de l'UMP à la presse, avant une réunion publique.

"Ne faisons pas de Perpignan la ville qui se trouverait perdue, avec un maire Front National qui la mettrait en déshérence, à l'image de Toulon (ville FN de 1995 à 2001 ndlr) ", a déclaré le président de l'UMP, avant de prendre la parole lors d'un meeting de 1.500 personnes au palais des expositions de Perpignan.



En visite dans un Roussillon où le FN est fortement implanté, M. Copé en a appelé à "l'esprit de responsabilité" des électeurs et a résumé l'axe de sa campagne en déclarant: "Pas d'alliance, mais pas d'eau tiède !".


Face au parti d'extrême-droite, M. Copé entend montrer que l'UMP peut aussi incarner "la fermeté", et il a stigmatisé une "Société de l'impunité". Il a aussi mis en cause le manque "d'autorité" du gouvernement socialiste.
"Il faut être très ferme sur la question de l'immigration" a-t-il déclaré, en rappelant qu'il avait "proposé la suppression de l'aide médicale d'Etat (AME)", réservée aux migrants en situation irrégulière.

Plus tôt dans la journée, il avait fait allusion à l'expulsion d'une collégienne rom kosovare, Leonarda Dibrani, et aux critiques qu'elle a suscitées au PS contre le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, en déclarant dans un communiqué:  "La
mascarade n'a que trop duré", il est "urgent que le président de la République assume ses responsabilités et tranche".

Revenant sur la défaite de Nicolas Sarkozy face à François Hollande en 2012, M. Copé a lancé: "Les Français voulaient voir autre chose, ils ont vu une situation catastrophique en termes économique, social et d'autorité".
"François Hollande, avec tout le respect que je dois au Président de la République, marque une indécision dans les moments difficiles, qui pose question aux Français", a-t-il insisté.


Politique d'immigration : "Hollande ne peut plus rester silencieux"

Jean-François Copé a affirmé, mercredi, que François Hollande ne pouvait "pas rester silencieux" après le "nouveau couac" autour de la politique d'immigration de son gouvernement.
Faisant allusion à l'expulsion d'une collégienne kosovare, Leonarda Dibrani, et des critiques qu'elle a suscitées au PS contre le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le président de l'UMP estime, dans un communiqué, que "la mascarade n'a que trop duré" et qu'il est "urgent que le président de la République assume ses responsabilités et tranche".

"Le respect de la loi concernant l'entrée et le séjour des étrangers sur le territoire français donne une fois encore lieu à des dissensions au sein du gouvernement et de la majorité de gauche", affirme-t-il.
Il rappelle "que la loi de la République doit être appliquée en toutes circonstances, avec humanité bien sûr, mais aussi avec fermeté".



"Il y avait une obligation pour cette jeune fille et sa famille de quitter le territoire français. Cette décision devait être appliquée. L'enquête diligentée par le Premier ministre dira si toutes les procédures ont bien été respectées", fait-il valoir.

Le président du principal parti de l'opposition "dénonce ce nouveau couac au sein du gouvernement et appelle les Français à ne pas être dupes de ce jeu de rôles bien rodé".
"Alors que pour l'occasion, Manuel Valls surjoue la fermeté, une partie du gouvernement et du PS font état de leur indignation. Les Français ont bien compris que la fermeté affichée de Manuel Valls n'est qu'un écran de fumée destiné à faire oublier ici son échec face à l'insécurité, là son incapacité à maîtriser l'immigration", estime M. Copé.
Il ajoute que, "derrière les discours guerriers de Manuel Valls, il y a les décisions de Christiane Taubira avec sa réforme pénale ou même les propres actes de Manuel Valls qui veut multiplier par deux les naturalisations pour atteindre 100.000 par an".

Le président Hollande "ne peut pas continuer de laisser dire par des membres de son gouvernement que son ministre de l'Intérieur est sorti du pacte républicain, il ne peut pas laisser ses amis refuser l'application de la loi de la République (...) Les Français doivent savoir quelle est la politique d'immigration qui est conduite dans notre pays", affirme-t-il.

Copé veut constituer "un groupe de travail" à l'UMP sur le FN"

Jean-François Copé a déclaré, mercredi, qu'il voulait constituer "un groupe de travail" à l'UMP pour réfléchir aux raisons de la montée du Front national et permettre à son parti de définir "une ligne".

Il faut "une vraie réunion de travail sur le Front national. J'y suis favorable, sur la base du volontariat", a affirmé le président de l'UMP lors du BP hebdomadaire du parti, selon des participants. "Nous travaillerons et définirons les lignes que nous soumettrons au BP (bureau politique)", c'est-à-dire au gouvernement de l'UMP, a-t-il ajouté.



M. Copé veut que cette ligne soit définie avant les élections européennes, où le parti de Marine Le Pen arriverait en première position, selon un sondage.
En attendant, il a minimisé la victoire du  candidat frontiste à l'élection cantonale partielle, dimanche, à Brignoles (Var). "C'est une élection en trompe-l'oeil. On a présenté depuis Paris cette cantonale partielle de Brignoles comme un événement mondial, je rappelle qu'il s'agissait d'un match retour entre le PC et le FN. A l'occasion de cette élection la gauche s'est s'effondrée, ce qui vient conforter tout ce que nous voyons sur toutes les élections partielles", a-t-il affirmé.

Mais "il faut arrêter de se leurrer. Il ne faut pas faire l'autruche", a affirmé à l'AFP Laurent Wauquiez, vice-président de l'UMP, se montrant satisfait de la décision de créer ce groupe de réflexion qu'il affirme réclamer "depuis six mois".
Mettant en garde, lors du BP dans la matinée, contre "la montée de la pression FN partout", le député-maire du Puy-en-Velay (Haute-Loire), avait dit: "il faut se poser et voir quelles réponses on peut apporter. Il faut voir avec des élus du sud, de zones rurales, de milieux urbains, de quartiers en difficulté quels sont les ressorts du FN et pourquoi des Français sont attirés par le vote FN: le tout gratuit? Les normes? L' immigration? L'insécurité?", s'était interrogé le député-maire du Puy-en-Velay (Haute-Loire). "La pression du FN monte partout", avait-il mis en garde.

Marie-Louise Fort (députée de l'Yonne) pense également qu'il faut "réfléchir au phénomène et le décortiquer". "J'ai dit au BP que les gens n'avaient plus de complexes à voter pour le Front national. Il ne faut pas les traiter par le mépris. Le mécontentement est énorme. Il faut montrer que Marine Le Pen est une bulle de communication, avec un look café du commerce".

Christian Estrosi, député-maire de Nice, a proposé de "regarder d'abord la situation des communes sortantes. Les maires UMP sortants n'auront pas le FN très élevé car ils ont plutôt bien administré, ils n'ont pas augmenté la fiscalité locale, ils ont mis en place une police municipale, pris des arrêtés, etc... Le FN sera fort là où il y a des maires de gauche sortants", a-t-il estimé.
"Il faut s'occuper de nos propositions, plus que du Front national", a pour sa part affirmé Bruno Le Maire. "Sur l'économie, on est très à l'aise mais il faut clarifier nos idées sur l'Europe".
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