Les élus de la métropole de Perpignan votent la destitution d'Alain Ferrand de son poste de vice-président

Le maire du Barcarès, dans les Pyrénées-Orientales, était déjà déchu de ses délégations à la métropole de Perpignan mais la communauté urbaine a voté le retrait de son mandat de premier vice-président. L'élu catalan, cerné par les affaires, est donc écarté de la gouvernance de l'agglomération.

Mis en examen pour extorsion de fonds en bande organisée, le maire LR du Barcarès s'est vu retirer lundi soir, son mandat de vice-président de la communauté urbaine de Perpignan. Ainsi en ont décidé, par vote à bulletin secret, les autres élus à une très nette majorité.

Résultats : 51 voix contre son maintien en poste et 25 pour. Il y a eu 11 votes blancs et abstention pour 76 suffrages exprimés.

Un débat et un plaidoyer sur la présomption d'innocence

Alain Ferrand a plaidé sa cause, lundi soir, devant le Conseil d'agglomération de Perpignan, revenant sur l'enquête en cours contre lui et insistant sur la présomption d'innocence. Mais il n'a pas réussi à convaincre une majorité d'élus.

Le maire du Barcarès est retourné 17 jours en prison, en janvier 2022, pour non-respect de son contrôle judiciaire. Il était alors interdit de séjour dans les Pyrénées-Orientales, en dehors des mardis et jeudis pour régler les affaires de la ville. Mais l’édile a été vu à plusieurs reprises dans sa commune en dehors des périodes autorisées.

C'est le couac de trop pour Robert Vila, président LR de la communauté urbaine. Après lui avoir retiré toutes ses délégations, il avait donc mis à l'ordre du jour la destitution d'Alain Ferrand de son poste de premier vice-président.

"J'avais demandé à Alain Ferrand de démissionner de cette fonction, de lui-même. Cela lui aurait permis de répondre sereinement aux accusations de la justice et ça aurait été la solution la plus sage pour tout le monde. Malheureusement, il n'a pas souhaité faire ce choix".

Robert Vila, président LR de Perpignan Méditerranée Métropole.

Si certains élus parlent de règlements de comptes politiques et de vengeance, ceux qui ont soutenu publiquement Alain Ferrand l'ont fait essentiellement au titre de la présomption d'innocence.

"Sur ce sujet, il y a ceux qui défendent le droit et ceux qui considèrent que compte tenu de la situation monsieur Ferrand ne pouvait plus représenter la Métropole. C'est donc une décision politique".

Jean-Marc Pujol, ancien maire de Perpignan.

En tant que maire du Barcarès, Alain Ferrand reste toutefois conseiller communautaire. Il n'a pas souhaité répondre aux questions de nos journalistes.