Covid à Perpignan : le centre hospitalier redoute une quatrième vague en Roussillon

Alors que le taux d'incidence covid flambe à Nice en dépassant largement les 500, les Pyrénées-Orientales connaissent une accalmie avec un taux de 87. Mais l'afflux des vacanciers dans le Roussillon fait craindre un regain de l'épidémie. A l'hôpital de Perpignan, on parle d'une future 4e vague.

Le centre de vaccination anti-covid, hôpital de Perpignan - 2021.
Le centre de vaccination anti-covid, hôpital de Perpignan - 2021. © Alain Sabatier/FTV

"Nous sommes à la fin de notre troisième vague" s'exclame Hugues Haumaître, le chef du Service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT) de l'hôpital de Perpignan. 

Sur les 45 lits réservés Covid, seuls 20 sont occupés. On est dans le creux. Les deux tiers des 146 malades covid sont en phase de guérison dans les centres de soins de suite et de réadaptation...

Hugues Aumaître chef de service du SMIT au centre hospitaler de Perpignan.

"Nous soignons ici les patients en crise, sous assistance respiratoire et donnons seulement des corticoïdes pour les formes les plus graves. D'autres établissements de santé des Pyrénées-Orientales utilisent encore de la chloroquine ou de l'ivermectine. Tous les malades que nous devons mettre en réanimation sont rapatriés ici au centre hospitalier. Leur nombre est cependant à la baisse. Nous en avons 20 en ce moment même si encore la charge reste soutenue. 80% des patients sont âgés de plus de 75 ans. Et nous avons des guérisons émouvantes comme une dame de 84 ans qui vient de sortir de la phase aigue. Elle se remet petit à petit. Les plus jeunes ont pour la plupart une comorbidité car le moindre petit diabète peut provoquer une forme grave.".

Déjà 3 vagues dans les Pyrénées-Orientales

Le département catalan est atypique. Alors que sur le territoire national on parle toujours de la deuxième vague, le Roussillon a connu déjà trois vagues.
"La première en mars 2020, la seconde début novembre avec un pic du taux d'incidence à 250. La troisième a commencé dans la seconde début janvier alors que nous étions descendus très bas avec un taux inférieur à 100. Le pic a été atteint le 26 janvier avec un taux de 296. Le pire que nous ayons eu. Par exemple, l'Hérault est toujours dans la seconde. Il se maintient autour des 150 aujourd'hui même si son pic a flirté avec les 500 au début novembre." remarque le chef du SMIT perpignanais.

La quatrième vague arrive ?

Dans les Pyrénées-Orientales, 4% de la population a déjà été vaccinée, un taux supérieur aux autres départements d'Occitanie. Mais cela risque d'être bien insuffisant pour parer un rebond de l'épidémie, selon le responsable du SMIT. "Nous sommes en période de vacances scolaires actuellement. Il y a un grand brassage de population avec tous les vacanciers en montagne mais aussi sur le littoral. On a vu le rebond après les fêtes de fin d'année ici. Donc on redoute très sérieusement une quatrième vague. Elle semble inéluctable. C'est pour cela qu'il faut toujours et toujours respecter les gestes barrières.".

Seuls les Pyrénées-Orientales ont reçu le vaccin Moderna 

Les Pyrénées-Orientales est le seul département du Languedoc et du Roussillon à avoir été livré en vaccin Moderna, le 7 février 2021. En effet, le vaccin Moderna est livré prioritairement aux départements les plus touchés par l’épidémie. Les 2 semaines précédentes, les Pyrénées-Orientales ont connu leur pic d'hospitalisations. Entre 280 et 296, du 26 au 31 janvier : un record depuis le début de l'épidemie. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société confinement vaccins