Perpignan : un poste de police municipal au lieu d'un foyer pour mineurs isolés

La sécurité au coeur du conseil municipal de rentrée, ce jeudi à Perpignan. Louis Aliot est revenu sur le bras de fer qui l’oppose au Département sur l’ancien hôtel La Cigale. Le nouveau maire de Perpignan, comme l'ancien, veut y installer un poste de police municipale.

Le sujet de la sécurité s'est invité au conseil municipal de rentrée de la ville de Perpignan, jeudi 24 septembre.
Le sujet de la sécurité s'est invité au conseil municipal de rentrée de la ville de Perpignan, jeudi 24 septembre. © FTV
La Cigale, ancien hôtel-restaurant situé dans le quartier Saint-Jacques, est au cœur d'une bagarre politique et judiciaire entre le Département des Pyrénées-Orientales et la Ville de Perpignan depuis plus d'un an. La nouvelle majorité, comme l'ancienne, souhaite en faire un local pour la police municipale. 

Le conseil départemental avait acheté cet ancien hôtel-restaurant à l'été 2019 pour le transformer en centre d'accueil pour mineurs placés ou isolés, contre l'avis de la municipalité. 
 
Lorsque Jean-Marc Pujol était aux commandes, l'édile LR avait ouvertement critiqué ce projet porté par la majorité socialiste du département. À l’époque, deux autres candidats aux municipales, Romain Grau (LREM) et Louis Aliot (RN) avaient, eux aussi, affiché leur opposition à ce projet d'accueil pour mineurs non accompagnés, soulignant notamment l'hostilité des riverains. 

Ouverture mi-octobre

Selon le nouveau maire de Perpignan, l'ouverture est désormais prévue à la mi-octobre. Objectif : faire revenir la police dans le quartier après la disparition du commissariat de la place Cassanyes.                

Perpignan a des problèmes et ce quartier plus que d'autres : beaucoup de chômage, de trafic, de laxisme pendant très longtemps, une rénovation urbaine qui n'est toujours pas là, beaucoup de familles qui nous demandent un minimum de présence policière.

Louis Aliot, maire (RN) de Perpignan  

Si l'opposition de droite approuve ce projet, elle regrette le timing qui va instaurer une mauvaise ambiance de travail avec les élus du Département des P.O.

On va concrétiser ce projet à un moment donné où la procédure d'appel n'est pas terminée. C'est un rapport de force qu'instaure le maire actuel, que peut-être n'aurait pas instauré l'ancien maire.

Chantal Bruzi, conseillère municipale (LR) de Perpignan

L'ancien maire Jean-Marc Pujol avait en effet fait appel d'un jugement de décembre 2019 après avoir vu la préemption du bâtiment suspendue puis annulée par la justice. La procédure n'est pas terminée, d'autant que la date du procès en appel n'avait pas encore été fixée.
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Perpignan : la sécurité au coeur de la politique municipale ©FTV

Le département attaque encore en justice

Pour le Département qui compte attaquer cette délibération, l'annonce de Louis Aliot ne passe pas.

Un maire ne peut pas décider d'installer un de ses services dans un lieu qui ne lui appartient pas ! La Cigale appartient au Département et pas à la mairie.

Hermeline Malherbe, présidente (PS) des Pyrénées-Orientales

Selon la présidente du Département, l'ancienne municipalité avait '"indûment procédé à la préemption du bâtiment pour empêcher le projet du Département. Celui-ci a contesté cette décision devant le tribunal administratif qui lui a donné raison à deux reprises en annulant la préemption. En annonçant aujourd’hui l’installation d’un poste de police municipale dans les locaux de « La Cigale », le nouveau maire de Perpignan bafoue les décisions de justice." 

S’agissant de la question de l’installation d’un poste de police dans le quartier Saint-Jacques, le Département demande que la solution préconisée par les forces de l’ordre dans les locaux de l’ancien commissariat Bétriu, place Cassanyes, soit examinée.

En attendant, les jeunes sont hébergés dans divers hôtels de Perpignan, à priori sans  provoquer de problèmes de voisinage, selon nos confrères de l'Indépendant.
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