Pyrénées-Orientales : colère à Amélie-les-Bains après l'annonce du départ de deux cliniques

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A Amélie-les-Bains dans les Pyrénées Orientales, après le départ du laboratoire d'analyses médicales, deux cliniques vont déménager près de Perpignan. Mise devant le fait accompli, la mairie ne décolère pas et dénonce un abandon des territoires de moyenne montagne. ©Chloé Fabre et Frédéric Savineau, France 3 Occitanie/Pays Catalan

A Amélie-les-Bains dans les Pyrénées-Orientales, après le départ du laboratoire d'analyses médicales, deux cliniques vont déménager près de Perpignan. Mise devant le fait accompli, la mairie ne décolère pas et dénonce un abandon des territoires de moyenne montagne.

Renommée pour ses eaux chaudes, Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales) est la troisième station thermale de France. Tout un écosystème a été bâti au service des patients. Mais cette grande époque semble toucher à sa fin. Deux cliniques du territoire vont en effet déménager à Pollestres, au sud de Perpignan : le Sunny Cottage, situé dans la commune, et Al Sola, située dans le village voisin de Montbolo.

Une centaine de lits de soins médicaux et de réadaptation vont disparaître du Haut-Vallespir. Cette délocalisation est motivée par la distance : 80% des patients arrivent des hôpitaux de Perpignan, comme l'explique Anne Barbier, la directrice et cogérante des deux cliniques :

Dans l'intérêt de nos patients, qui font quand même beaucoup de trajets pour se rendre sur Perpignan, on s'est rendu compte qu'il était difficilement possible maintenant de rester dans ces structures, au vu des pathologies qui sont de plus en plus lourdes.

Anne Barbier, directrice et cogérante des cliniques Sunny Cottage et Al Sola

Locaux obsolètes

Les locaux, qui datent des années 1930 montrent aussi leurs limites. Disposer d'un équipement moderne et fonctionnel est souhaité par les équipes, à l'instar de Caroline Vila, cadre de santé : "l'accès aux chambres en brancards est extrêmement difficile, car ils ne rentrent pas dans l'ascenseur. On ne peut transférer que les patients qui peuvent s'asseoir sur un fauteuil roulant". 

Territoire délaissé

Mais pour la maire d'Amélie-les-Bains-Palalda Marie Costa (SE), cette décision est un coup dur de plus pour le territoire. Le coup dur de trop :

On en a un peu marre. Tous les services publics refluent peu à peu : on pallie. On n'a plus de médecin : on pallie. On n'a plus d'urgentiste : on fait comme on peut. C'est toujours le système D. On ne peut pas laisser continuer cette fuite en avant, sinon on va devenir un mouroir !

Marie Costa , maire d'Amélie-les-Bains-Palalda

Départ programmé dans trois ans

Le départ des deux cliniques est pourtant bien avancé : le déménagement est prévu pour 2026.

Ecrit avec Chloé Fabre et Frédéric Savineau