Dans les Pyrénées-Orientales, la fermeture de la RN116 aura des conséquences "catastrophiques"

Après un important mouvement de terrain, le lundi 3 février 2020, la RN116 est fermée à la circulation. Le fait que la principale route d’accès aux stations de ski de Cerdagne soit impraticable aura forcément des conséquences. Les élus, habitants et commerçants expriment leur colère.

Des centaines d'élus et d'habitants étaient réunis pour manifester leur colère suite à la fermeture de la RN116 dans les Pyrénées-Orientales. / 7 février 2020.
Des centaines d'élus et d'habitants étaient réunis pour manifester leur colère suite à la fermeture de la RN116 dans les Pyrénées-Orientales. / 7 février 2020. © D. Berhault / FTV
La fermeture de la RN116 n’est pas sans conséquence. La route est fermée dans les deux sens depuis le 3 février 2020, alors qu'elle est la principale route d'accès aux stations de ski de Cerdagne. La raison : un glissement de terrain à Fontpédrouse.
 
Les élus et les habitants se sont réunis ce vendredi 7 février 2020 pour manifester leur colère. Le rendez-vous était donné à Villefranche-de-Conflent et devant la citadelle de Mont-Louis, où au moins 500 personnes étaient présentes pour faire entendre leur colère. Parmi les manifestants se trouvaient des élus, des habitants, des éleveurs et des professionnels venus des stations de ski des hauts cantons.
 
A Mont-Louis, des centaines de personnes se sont réunies pour manifester leur colère suite à la fermeture de la RN116. / 7 février 2020
A Mont-Louis, des centaines de personnes se sont réunies pour manifester leur colère suite à la fermeture de la RN116. / 7 février 2020 © D. Berhault / FTV


Un temps de trajet rallongé


Pour relier Perpignan à Font-Romeu, voici l’itinéraire. Il faut passer par D117, ce qui rallonge le trajet d’une heure. Cette situation devrait durer au moins 3 semaines.

Jérôme Meunier est le directeur de la station de ski des Angles. Pour lui, il s’agit d’une "catastrophe économique".

Pour nous, c’est une image négative ! Forcément, les clients ont réservé et vont venir en vivant une vraie galère et ils s’en souviendront. Il faut maintenant trouver des solutions pour l’avenir. Il en va clairement de l’avenir de la Cerdagne et du Capcir.

 

Une situation "catastrophique"

Audrey et Michael sont propriétaires d’un gîte à Dorres, près de Font-Romeu. Pour eux, cette situation est catastrophique. En un week-end, ils annoncent perdre 2.000 euros.

Nous avons repris l’établissement il y a sept mois pour faire revivre un petit village de Cerdagne. Nous n’avons aucune trésorerie. Depuis la fermeture de la RN116, la plupart de nos clients annulent leurs séjours. Rien que pour ce week-end, nous avons eu 10 annulations sur nos 21 chambres.

"Généralement, les clients réservent pour une nuit et ne veulent pas faire une heure de trajet supplémentaire sur des routes sinueuses et dangereuses."
 
L'établissement d'Audrey et Michael est situé à Dorres, près de Font-Romeu.
L'établissement d'Audrey et Michael est situé à Dorres, près de Font-Romeu. © DR

Le couple tente de trouver des solutions en proposant des promotions à leurs clients, en vain. "Ils finissent par annuler", confie Audrey. S’impose alors une dernière solution : écrire au président de la République. En vain, une fois de plus. "Emmanuel Macron nous a renvoyé vers le préfet, qui n’est toujours pas revenu vers nous."

200.000 clients attendus

200.000 personnes sont attendues en Cerdagne pendant les vacances de février. Pour les élus catalans, les commerçants, éleveurs et habitants, la fermeture de la RN116 est "catastrophique". Ils dénoncent "les rafistolages incessants de la RN116 depuis des années, manifestement insuffisants."

Georges Armengol est le maire de Saillagouse. Il est exaspéré par la situation.

Depuis des décennies, on ne cesse de mettre des rustines et de pousser la montagne, mais à aucun moment il n’y a eu d’investissement structurant qui permettraient de fiabiliser définitivement cette route.

Les éleveurs sont inquiets également. Tony Baurès est éleveur à Bourg-Madame. A chaque fois qu’il doit livrer ses commandes, il doit emprunter un autre itinéraire, plus long et plus coûteux.

Est-ce que l’Etat va prendre en charge ce surcoût ?


"Aujourd’hui, il faut que tout le monde se mette autour d’une table pour parler de l’avenir, pour trouver des solutions pour nous permettre d’avoir des voies qui nous rendraient plus facilement accessibles. Sans cette route, nous sommes condamnés." ajoute Jérôme Meunier, le directeur de la station de ski des Angles.
 
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