Pyrénées-Orientales : l'ouverture du parc animalier EcoZonia à Cases-de-Pêne, loin de faire l'unanimité

Le parc zoologique EcoZonia doit prochainement ouvrir ses portes dans les Pyrénées-Orientales. Il connaît toutefois des débuts difficiles : alors que quatre de ces loups se sont échappés en janvier dernier, ce sont désormais les écologistes qui s'opposent au projet au nom du bien-être animal. 

"Les animaux sauvages ne sont pas des marchandises" peut-on lire sur la pancarte de ces militants écologistes.
"Les animaux sauvages ne sont pas des marchandises" peut-on lire sur la pancarte de ces militants écologistes. © France Télévisions.

"Explorez le monde des prédateurs" : voici la phrase d'accroche d'EcoZonia sur son site Internet. Construit sur la commune de Cases-de-Pêne dans les Pyrénées-Orientales, ce nouveau parc animalier espère pouvoir ouvrir ses portes mi-avril 2021, si les mesures gouvernementales le permettent.

Le site de 26 hectares doit accueillir à terme une cinquantaine d'animaux de 16 espèces différentes, de la panthère de l'Amour au faucon pèlerin en passant par l'ours brun. Sa particularité : en plus des visites en journée, le zoo propose à ses clients de passer une nuit insolite dans un "ecolodge" pour observer les animaux dans leur environnement.

Les écologistes opposés au projet

Mais l'idée de ce nouveau parc ne plaît pas à tout le monde, et sûrement pas aux écologistes. Samedi 20 février, une quinzaine de militants d'EELV s'est réunie à la sortie du village de Cases-de-Pène, sur la D117, à quelques kilomètres à peine de la future entrée d'EcoZonia. 

L'objectif ? Dénoncer "l'exploitation des animaux sauvages sous couvert de sauvegarde". Armés de pancartes aux messages évocateurs ("Animal, on est mal", "Les animaux sauvages ne sont pas des marchandises"), ils se positionnent non seulement contre l'exhibition des bêtes, mais aussi en faveur du bien-être animal. 

Les grands carnivores, spécificité de ce zoo, sont parmi les espèces les moins adaptées à la vie en captivité. Les espaces de vie exigus induisent chez eux une profonde détresse.

Les militants d'EELV - Pays Catalan dans un communiqué.

De son côté, le directeur du site Cyril Vaccaro assure que ses pensionnaires disposent de la place nécessaire. Il souligne également que le relief du parc peut permettre aux animaux de se cacher facilement de leurs congénères et des visiteurs. Leur habitat n'est d'ailleurs pas visible dans son intégralité par les clients des loges. 

Un loup toujours dans la nature

EELV a également toujours du mal à digérer les événements du mois dernier. Fin janvier, EcoZonia a annoncé sur sa page Facebook que quatre des six loups fraîchement arrivés la veille s'étaient échappés de leur enclos. 

Des comportements excessifs chez plusieurs loups ont été constatés, aboutissant à une dégradation de l’enclos grillagé permettant la fuite de 4 individus malgré l’intervention du soigneur qui a été mordu à l’avant-bras et évacué.

Le parc animalier EcoZonia dans un communiqué.

Parmi les fugitifs, deux loups ont été abattus "car ils présentaient un danger grave", un autre a été retrouvé mort quelques jours plus tard et le dernier est toujours dans la nature.  

"Aujourd’hui, le bilan est la mort de 3 loups gris tout juste arrivés d’un zoo d’Estonie, aussitôt échappés et froidement abattus ! Que ce serait-il passé avec les tigres ou les panthères qu’EcoZonia se propose d’exhiber ?", s'agacent les écologistes.

"La perte de ces individus attriste profondément toute l'équipe d'EcoZonia qui envisageait un tout autre avenir pour ces derniers", répond de son côté le parc. Cyril Vaccaro confirme qu'un audit est en cours pour identifier les défaillances qui ont conduit à la fuite de ces animaux. 

Le reportage à Cases-de-Pêne de Philippe Georget et Frédéric Savineau pour France 3 Pays catalan.

 

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