Pyrénées-Orientales : polémique autour de l'embauche de chauffeurs étrangers dans les transports scolaires

Le groupe Vectalia vient de perdre le marché des transports scolaires en Conflent, dans les Pyrénées-Orientales. La Région lui reproche d'avoir embauché des conducteurs étrangers ne parlant pas français, ce qui pourrait nuire à la sécurité des enfants. 


 
Pénurie de chauffeurs de bus dans les villages catalans du Conflent, les compagnies emploient des chauffeurs étrangers dont certains ne parlent pas français.
Pénurie de chauffeurs de bus dans les villages catalans du Conflent, les compagnies emploient des chauffeurs étrangers dont certains ne parlent pas français. © A.Sabatier/FTV
Chaque jour, une véritable noria de bus transporte des centaines d'élèves du Conflent vers leurs établissements scolaires, dans les Pyrénées-Orientales.
 
Si ce marché public est très disputé, il demeure difficile de trouver des chauffeurs. La pénurie est telle que certains employeurs comme Kéolis ont dû en faire venir de toute urgence de l'autre bout de la France : c'est le cas de Mladen Montano, conducteur fraîchement débarqué d'Alsace.

Il a eu à peine juste 24 heures pour repérer le trajet sur les routes catalanes, comme en atteste ce reportage : 

 

Parler français, une condition siné qua non

Mais en cette semaine de rentrée, des jeunes passagers ont également été un peu surpris d'entendre le chauffeur de bus parler uniquement en Espagnol ! 

La langue étant un critère de sécurité indispensable pour la Région Occitanie, elle a rompu le 2 septembre le contrat passé avec l' employeur de ces chaffeurs étrangers : à savoir la société Vectalia qui avait remporté le marché dans le Conflent, cet été.
 

On ne remet pas en cause leur capacité de conduite, mais bien la maîtrise de la langue dans la relation avec les usagers du bus qui sont des enfants.

Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région chargé des transports



De son coté, Vectalia affirme que s'étant retrouvée avec une quarantaine de chauffeurs en moins alors le cahier des charges prévoyait de les fournir, il a bien fallu s'adapter. L'entreprise affirme avoir lancé une campagne de recrutement et que le retour à la normale n'était q'un questions de semaines.
 
"On aurait certainement pu avoir l’ensemble des conducteurs maîtrisant la langue française pour la rentrée des vacances d’automne," regrette Elie Franc, directeur général de Vectalia.

En attendant, la Région s'est tournée vers l'ancien prestataire : c'est Kéolis qui a repris le marché et assure désormais les rotations des bus scolaires dans ces petits villages de montagne. 
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