Une grande chaîne de solidarité autour de Booster, un chien né sans pattes

Booster est né sans pattes, il y a deux mois dans un élevage toulousain. Abandonné, ce Rotweiller a été recueilli dans un refuge à Céret (66) fondé en 2018 par Marina Pastou. Elle lance aujourd'hui un appel à la générosité pour que Booster puisse gambader avec des prothèses.

Booster, ce Rottweiller né sans pattes début décembre 2020.
Booster, ce Rottweiller né sans pattes début décembre 2020. © Arnaud Richard/FTV

" Dès que j'ai vu sa photo, j'ai craqué. Il est si mignon. Et de le voir abandonné, j'en ai même pleuré," confie Marina. Aussi, elle n'a pas hésité d'aller au secours de  Booster, un petit Rottweiler de deux mois. Car une malformation congénitale ne lui permet pas de marcher. Ses pattes ne se sont pas formées entièrement. Seuls des moignons l'aident à se déplacer mais en rampant difficilement. 

Le 27 janvier dernier, Marina Pastou part le chercher dans la région toulousaine et le ramène dans son refuge à Céret. Un "Arche de Noé" qu'elle a fondé en 2018. Elle y héberge chevaux, anes, chiens, chats, lapins et autres rongeurs... des animaux souvent en souffrance ou en danger. Alors, Booster, malgré son handicap, devait rejoindre sa "famille" lui qui était délaissé.

L’éleveuse  n’avait pas les moyens de s’occuper de ce chiot sans pattes. Aussi, elle me l’a cédé en me signant un certificat d’abandon.

Marina Patou responsable de "Un refuge pour Céret"

" Il était beaucoup trop tard pour l'euthanasier. Booster ne demande qu'à vivre. La preuve. À présent, il mange, joue et fait tout pour pouvoir se déplacer" poursuit Marina.

Booster dans les bras de Marina responsable du refuge à Céret Pyrénées-Orientales
Booster dans les bras de Marina responsable du refuge à Céret Pyrénées-Orientales © Arnaud Richard

Un challenge 

Mais pas sans difficulté pour elle qui s'est trouvée un nouveau challenge. Doter son protégé de chiot de prothèses afin qu'il puisse marcher voire courir. Car cela est possible. " J'ai trouvé sur internet l'histoire de ce Rottweiller adulte dans le Colorado aux USA qui, amputé des quatre pattes, avait reçu des prothèses lui permettant de vivre presque normalement. Si l'on pouvait réaliser un tel exploit pour Booster, cela serait une première en France voire en Europe. Mais cela peut coûter très cher. Autour des 10 000 euros."


C'est pour quoi Marina a lancé un appel aux dons sur son réseau social. Et très vite une chaîne de solidarité est née avec une mise à disposition de compétences.

Franck Joumier est prothésiste à Pollestres à 5 km de Perpignan. Il est spécialiste dans l'appareillage des amputés." Dès que j'ai vu la video de ce jeune chiot avec ses pattes raccourcies, j'ai pensé que je pouvais faire quelque chose pour lui. Je crée des prothèses pour les humains alors pourquoi pas pour les animaux."

Booster étrenne des chaussons depuis le week-end dernier
Booster étrenne des chaussons depuis le week-end dernier © Marina Patou

Franck, le prothésiste

Et dans un premier temps, il lui a confectionné quatre petites bottines en mousse adaptées selon la longueur des bouts de pattes existants. De quoi lui permettre de se lever et de se maintenir debout même si cela ne dure pas. "L'objectif à présent c'est de lui fabriquer des coques rigides à chacune de ses pattes pour qu'il puisse déambuler."

C'est une première pour Franck Joumier avec ses 30 années d'expérience professionnelle "Ce défi incroyable et formidable pour moi va me permettre d'innover."

Dès juillet, je vais pouvoir placer à ce chiot sa première prothèse. Comme pour une personne amputée, il faut fabriquer un manchon adapté grâce au moulage de chaque moignon

Franck Joumier prothésiste société HC Orthopédie Pollestres 66

Et de poursuivre : "Puis une coque en poly-propylène et une suspension au niveau de la cuisse qui sera articulée. Et au final on met sous la coque un tube à la bonne longueur avec au bout un patin en demi-cercle. Le seul problème, c'est que nous devrons changer les prothèses tous les trois ou quatre mois jusqu'à l'âge de 18 mois lorsque Booster aura terminé sa croissance. Et qu'il pèsera quelques 50 Kg. Mais on va pouvoir affiner à chaque fois le système, ce qui nous fera gagner du temps."

Sophie et son imprimante 3D

D'autant plus que la chaîne de solidarité ne s'arrête pas en pays catalan. Sophie Melle vit à Albi. Elle a rejoint l'équipe le week-end dernier. Passionnée par la fabrication d'objets grâce à son ordinateur, elle va réaliser les tubes et les patins des prothèses à partir de son imprimante 3D.

Pour l'heure Booster se porte très bien. Marina est enfin rassurée.
 

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