Visa pour l'image 2021 à Perpignan : une édition du festival dédiée au photoreporter Danish Siddiqui tué en Afghanistan

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Écrit par Ophélie Le Piver
Le photographe indien Danish Siddiqui  a été abattu en juillet dernier alors qu’il couvrait un conflit en Afghanistan. Ses oeuvres sont exposées à Visa cette année.
Le photographe indien Danish Siddiqui a été abattu en juillet dernier alors qu’il couvrait un conflit en Afghanistan. Ses oeuvres sont exposées à Visa cette année. © NOAH SEELAM / AFP

Le festival Visa pour l'image de Perpignan débute ce samedi 28 août. Une édition endeuillée pour la mort du photographe indien Danish Siddiqui abattu en juillet dernier alors qu’il couvrait un conflit en Afghanistan. Ses oeuvres sont exposées cette année.

“Danish se réjouissait de venir à Perpignan, de découvrir son exposition, c’est une de nos trois affiches du festival”, raconte la gorge serré Jean-François Leroy, le directeur de Visa Pour l’Image. “Il était tellement heureux, tellement fier de tout ça...” Mais Danish Siddiqui ne verra pas son travail présenté à Perpignan. Le photoreporter indien a été tué d’une balle le 16 juillet dernier.

En 33 festivals, c’est la première fois qu’un photographe ne sera pas là pour l'exposition de ses oeuvres décidée avec lui parce qu’il a été tué dans l’exercice de son métier.

Jean-François Leroy.

Il couvrait alors la progression des talibans dans la province du Kandahâr en Afghanistan.

Son exposition sur le covid à New-Delhi sera présentée dès ce samedi à l’atelier d’urbanisme.

25 expositions et 6 soirées de projection

Aux côtés du travail de Danish Siddiqui, les visiteurs pourront découvrir 25 expositions dans des registres variés : de la rétrospective animalière aux témoignages des crises et conflits à travers le monde. “On a plus parlé de l’arrivée de Messi au PSG que du rapport du GIEC, on parle de l'Afghanistan mais on oublie le tremblement de terre en Haiti”, s’agace le directeur du festival. “L’actualité a été très riche, très variée et on essaie de montrer cette variété à travers nos soirées de projections et nos expositions”.

Haïti, la Syrie, le Yémen mais aussi la Birmanie ou l’Ethiopie et leurs problématiques sont au programme de cette 33e édition. 

6 soirées de projection auront également lieu au Campo Santo, notamment une rétrospective sur le conflit syrien et une autre sur la situation en Afghanistan, du 11 septembre 2001 au retrait des troupes américaines. “ L’avantage de ces soirées, c’est qu’on est capable de s’adapter jusqu’à 18 h chaque jour pour ajouter des images”, précise Jean-François Leroy. “Sur l’Afghanistan par exemple, on a bouclé notre sujet et tous les jours on rajoute des images. Ca va nous permettre de vous présenter une rétrospective complète jusqu’au jour de la projection”.

Également au programme, l’hommage aux 40 ans de carrière du photoreporter Eric Bouvet, lauréat du World Press en 90, et la projection en avant première du film du photographe animalier Vincent Munier, panthère des neiges.

Une 33e édition entravée par la crise sanitaire

De nombreux photographes étrangers ne pourront participer à cette 33e édition de Visa Pour l’Image. Américains et Anglais notamment ont dû renoncer à leur participation “soient parce qu’ils ne sont pas vaccinés, soit parce qu’ils ont des conditions de retour absolument infernales dans leur pays” précise Jean-François Leroy.

Du côté des visiteurs, le pass sanitaire est obligatoire pour accéder aux expositions et projections. Mais une version numérique du festival sera proposée dès le début de la semaine prochaine. Toutes les expositions seront accessibles en ligne ainsi qu’une dizaine de modules.

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