Pyrénées-Orientales : la découverte de charniers de gibiers repose la question des "déchets de chasse"

Que faire des déchets de chasse ? Comprenez des carcasses d'animaux tués lors des battues et notamment des nombreux sangliers. La Fédération de chasse des Pyrénées-Orientales est pilote en la matière. Des expérimentations de fosses d'enfouissement sont menées mais les charniers existent encore.
Terrats (Pyrénées-Orientales) - un charnier de sangliers découvert en bordure de forêt - 24 novembre 2020.
Terrats (Pyrénées-Orientales) - un charnier de sangliers découvert en bordure de forêt - 24 novembre 2020. © F3 LR
La gestion de plus de 400 tonnes par an de déchets de chasse, notamment des carcasses d'animaux, est un problème peu connu, un tabou pourtant bien réel dans les Pyrénées-Orientales. C'est aussi un risque sanitaire si ces restes de gibiers sont abandonnés dans la nature.

D'autant que subsitent encore des pratiques d'un autre âge, des charniers d'animaux sauvages à ciel ouvert... C'est ce qu'a découvert une promeneuse catalane à Terrats, près de Thuir, le week-end dernier. Des images fortes, inhabituelles et qui choquent !

La législation sur ce sujet reste très floue.

Le choc d'une famille lors d'une promenade en forêt

En bordure d'un chemin forestier, au pied d'un chêne, voilà ce qu'a découvert dimanche, une habitante de Terrats... accompagnée de ses filles. Des carcasses d'animaux fraichement chassés et des ossements qui jonchent le sol.

Mes filles pleuraient après avoir vu cette scène... il y avait un chevreuil avec ses 2 petits, 2 sangliers et une dizaine de crânes... une horreur !

Une promeneuse de Terrats.

Terrats (Pyrénées-Orientales) - un charnier de sangliers et des crânes découverts en bordure de forêt - 24 novembre 2020.
Terrats (Pyrénées-Orientales) - un charnier de sangliers et des crânes découverts en bordure de forêt - 24 novembre 2020. © F3 LR
Une scène choquante également pour le président de la Fédération de chasse des Pyrénées-Orientales à qui nous avons présenté ces images.

C'est tout simplement inadmissible.

Jean-Pierre Sanson, président de la Fédération de chasse 66.

Mais la réalité, c'est une législation floue face à un problème colossal... La gestion de plus de 15.000 carcasses de sangliers ou chevreuils chaque année.
"L'enfouissement de petites carcasses dans la nature est toléré. Mais aujourd'hui, les tonnages sont tels qu'il faut trouver d'autres solutions" précise Jean-Pierre Sanson.

Un site expérimental d'enfouissement en Vallespir

6 sites expérimentaux d'enfouissement végétalisés sont en test en pays catalan.
Dans celui de Reynes, entre Céret et Amélie-les-Bains, en 3 ans, 750 carcasses de sangliers ont été enfouies sous de la terre et des déchets végétaux. En 24 mois, les vers et lombrics ont fait leur oeuvre.

Il n'y a plus de peau et plus d'os, c'est la nature qui travaille. C'est un système écologique sans odeur ni nuisance et qui évite notamment l'incinérateur.

Jérôme Blanic, technicien Fédération de Chasse 66.

Reynes (Pyrénées-Orientales) - un site expérimental d'enfouissement des carcasses de gibiers en Vallespir, il en existe 6 dans le département - 2019
Reynes (Pyrénées-Orientales) - un site expérimental d'enfouissement des carcasses de gibiers en Vallespir, il en existe 6 dans le département - 2019 © F3 LR - Fédération chasse 66.
Dans les Pyrénées-Orientales, 6 fosses de ce type existent. Elles sont contrôlées tant au niveau géologique qu'environnemental par les services de l'Etat. Si le modèle est validé, il pourrait être imposé par la loi partout en France début 2021.En attendant, les fédérations de chasse comptent bien rappeler à l'ordre les chasseurs qui laisseraient encore dans la nature des charniers à ciel ouvert.
 
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