Pyrénées-Orientales : faux départ pour la cerise de Céret, la récolte 2020 s’annonce compliquée

Cerises de Céret / © RAYMOND ROIG / AFP
Cerises de Céret / © RAYMOND ROIG / AFP

Qu’il est dur le temps des cerises. Les premières burlats, variété star du Vallespir, ont été endommagées par la pluie de ses derniers jours. Et la météo à venir ne s’annonce pas plus clémente. C’est donc avec inquiétude que les producteurs catalans parcourent leurs vergers.
 

Par Elsa Panadès

"On a ouvert ce matin"

Etienne Arnaudiès, responsable de la coopérative "Céret primeurs La Melba" ne cache pas son soulagement de voir un peu d’activité sur le quai de déchargement. "On pensait démarrer vendredi dernier mais avec la pluie ça n’était pas possible, on ne cueille pas de cerises mouillées". En quelques jours ce sont plus de 200mm d’eau qui sont tombés en Vallespir. Résultat les premiers fruits ont éclaté.
Les premières cerises burlat sont arrivées à la coopérative de Céret. / © Etienne Arnaudiès
Les premières cerises burlat sont arrivées à la coopérative de Céret. / © Etienne Arnaudiès


Une économie qui vacille


"C’est une catastrophe" s’exclame Michel Galy. C’est l’un des deux producteurs à s’être présenté ce jour avec quelques cagettes de cerises burlats. "On en garde une pour vingt qu’on jette". A presque 81 ans, Michel est l’un des plus anciens adhérents de la coopérative, fier d’être chaque année un des premiers à ramasser : "Ce sont souvent mes cerises qui sont offertes au Président !". Mais cette année est décidément particulière.

Si ça continue comme ça on pourrait perdre jusqu’à 70% de la récolte.

Un coup dur pour Michel, dont la vente de cerises représente un complément vital à sa maigre retraite. Ce début de saison raté est un manque à gagner pour chacun des 80 producteurs de "La Melba".
 

La cerise va être rare cette année

"D’habitude, on fait environ 150 tonnes de cerises" poursuit Etienne Arnaudiès. "Et c’est avec la burlat qu’on fait les plus gros volumes". Mais cette année, il sera impossible pour la coopérative cérétane d’atteindre les 50 tonnes de l’an dernier.

De Saint-Jean-Pla-de-Corts à Amélie-les-Bains, les agriculteurs témoignent de leur inquiétude. Producteur indépendant, Jean-Claude Saqué possède 6 hectares de cerisiers et emploie traditionnellement à cette période une quinzaine de saisonniers. Il n’en a contacté aucun pour l’instant. "On ne peut pas promettre de travail aux gens si on ne récolte pas."
 


On fait au jour le jour.

 Et c’est avec le tracteur embourbé au milieu de ses vergers que Jean-Claude espère des jours meilleurs et surtout une météo plus clémente."Il ne faut pas voir tout en noir quand même.".
 

C’est un début difficile mais ça va s’améliorer

La pluie annoncée ce weekend pourrait encore retarder un peu plus le lancement de la saison mais du côté de La Melba on se veut optimiste en misant également sur les variétés plus tardives.

 En milieu de semaine prochaine, on va rentrer de belles cerises. 

 
Premières cerises mises en vente à la coopérative de Céret. Le prix est à la hauteur de la rareté : 18€ le kilo. / © Etienne Arnaudiès
Premières cerises mises en vente à la coopérative de Céret. Le prix est à la hauteur de la rareté : 18€ le kilo. / © Etienne Arnaudiès


C’est la vente au détail qui sera privilégiée au moins jusqu’en milieu de semaine prochaine avec un premier tarif affiché à 18€ le kilo. Les expéditions, qui représentent 90% du chiffre d’affaire, devraient quant à elle démarrer en fin de semaine prochaine. Cette année, la grande distribution s’est engagée à acheter français. Un rayon de soleil qui vient éclaircir l’horizon des agriculteurs.
 

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