Les salariés des stations de ski de Font-Romeu et Pyrénées 2000 manifestent pour leurs conditions de travail

Une quarantaine de salariés d'Altiservice, la société de gestion de la station de Font Romeu - Pyrénées 2000 ont manifesté pour demander une amélioration de leurs conditions de travail. 27/01/2020 / © Vianney Blanco
Une quarantaine de salariés d'Altiservice, la société de gestion de la station de Font Romeu - Pyrénées 2000 ont manifesté pour demander une amélioration de leurs conditions de travail. 27/01/2020 / © Vianney Blanco

Les salariés d'Altiservice, la société qui gère les stations de ski de Font-Romeu et de Pyrénées 2000, sont en grève ce lundi 27 janvier. Les syndicats dénoncent des conditions de travail qui se dégradent. Une quarantaine de manifestants a marché entre les deux stations pour alerter élus et usagers.

Par Carine Alazet

Ils sont pisteurs-secouristes, perchistes des remontées mécaniques ou caissières. Une quarantaine de salariés d'Altiservice a manifesté ce lundi matin 27 janvier.

Les employés, permanents et saisonniers, de la société gestionnaire des stations de ski de Font-Romeu - Pyrénées 2000 veulent alerter les habitants, les clients et les élus sur leurs conditions de travail, de plus en plus tendues, par manque de personnel selon eux.

Pour Maud Goret, déléguée syndicale CGT d’Altiservice, à l'origine de la mobilisation, la plupart des "revendications sont de l’ordre de l’organisation et la sécurité au travail".

Au niveau du service des pistes par exemple, on est en sous-effectif. Il y a parfois une seule personne pour ouvrir toutes les pistses de Pyrénées 2000. On s'interroge sur l'organisation pour les vacances de février s'il y a plusieurs interventions de secours en même temps. 

Pour la déléguée syndicale, "ce sous-effectif génère un véritable mal-être au sein des équipes".

Maud Goret donne l'exemple du service billeterie où "5 postes d’hôte/hôtesse de vente ont été supprimés pour être remplacés par des automates".

Le 6 décembre 2019, à Font-Romeu, premier jour des vacances espagnoles, des points de ventes étaient fermés, les autres en sous-effectifs, les logiciels de caisses buggaient et les automates, pour certains, n’étaient même pas en service. Résultat: des files d’attente de plus d’une heure. Le lendemain rebelote: même si les automates sont en service, ils génèrent de longues files d’attente.

"Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que notre clientèle catalane, qui représente 50% de notre chiffre d’affaire, a l’habitude de payer en espèces. Les automates ne sont pas adaptés à cette clientèle".

Quatre réunions ont eu lieu avec la direction d'Altiservice Font-Romeu - Pyrénées 2000, mais rien n'a changé selon les syndicats.

Hervé Mencacci, directeur de la station de Font-Romeu et Pyrénées 2000, conteste le sous-effectif et les dégradations des conditions de travail. "Nous sommes très attentifs à la sécurité des personnels et des clients. On a régulièrement des réunions avec les représentants du personnel".

Cette année, on a 4 personnes de moins sur 200 employés, c'est quasi identique aux années précédentes. On se soucie bien-sûr du bien-être de nos salariés et on a pris un cabinet externe pour nous accompagner sur cette démarche d’échanges, faire apparaître les problèmes et trouver comment les résoudre.

Syndicats, employés et direction reconnaissent que les conditions exceptionnelles d'enneigement ces derniers jours ont provoqué un "surcroît de travail surmonté grâce à la solidarité dont les équipes ont fait preuve".

Nous aimons notre montagne, notre station, nos villages et on veut que ça dure. On est tous super content d'avoir autant de neige. Malgré la surcharge de travail et la fatigue, tous les employés ont donné le meilleur d'eux-mêmes. - Maud Goret, déléguée CGT.

 
 

Une réunion de concertation salariés-direction est prévue vendredi 31 janvier 2020 pour essayer de résoudre les problèmes.
 

Des salariés des stations de ski craignent aussi de perdre leur convention collective

Selon les syndicats, la convention collective nationale remontées mécaniques et services des pistes est menacée par les réformes du gouvernement qui souhaite ne garder que 80 conventions collectives contre 200 actuellement.

Selon Maud Goret, "la suppression de notre convention collective pourrait nous faire perdre entre autre chose, notre précieux article 16 sur la reconduction des contrats saisonniers, celui qui nous garantit d’être réembauché chaque saison sauf procédure de non-reconduction, équivalente à un licenciement".

Sur 180 à 200 salariés au plus fort de la saison, Altiservice n'emploie que 35 personnes en contrats à durée indéterminée (CDI).

 

Sur le même sujet

Les + Lus