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Quand reverrons-nous des toros à Barcelone?

© JJ
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Le vote du parlement catalan interdisant les corridas dans cette région (2010) a été annulé par la Cour Constitutionnelle Espagnole en octobre dernier. Depuis lors, les aficionados s'interrogent. Reverrons-nous bientôt des toros à Barcelone ?  Entre infos et rumeur, voici un point sur la situation.

Par Joël Jacobi

En juillet 2010, le parlement catalan a voté : les corridas étaient interdites sur tout le territoire de la province. La décision prenait effet à la fin de la saison 2011. Pendant que les anti-taurins célébraient leur victoire et alors la ville de Barcelone se donnait pour maire Alda Colau, une femme engagée dans la lutte contre la maltraitance animale, les militants pro corridas engageaient la lutte sur le terrain politique et constitutionnel.

6 ans plus tard, ils ont gagné la bataille. La décision du parlement catalan est annulée !

Chamaco a contribué à la fortune des Balañá dans les années 50 et 60 Dans ses attendus, le Tribunal Constitutionnel de Madrid a estimé que le parlement catalan avait certes toute compétences pour réglementer le spectacle taurin, mais pas pour l'interdire. La constitution espagnole garantit aux minorités culturelles la liberté d'expression et l'exercice de leurs traditions dans la mesure où ces pratiques ne sont pas « contraires à la dignité humaine ».

Autrement dit : les associations anti-taurines auront beau protester, plus rien dans la loi ne s'oppose désormais à l'organisation de corridas en Catalogne.


Mais plusieurs questions demeurent. Y a-t-il encore assez de public pour venir aux arènes après cinq saisons sans toros? Se trouvera-t-il un organisateur assez audacieux pour investir dans un secteur manifestement peu rentable ces temps-ci. Et d'abord, y a-t-il encore des arènes en état de fonctionnement?

Selon la Federación de Entidades Taurinas de Cataluña, il ne reste que trois arènes en Catalogne espagnole où l'on pourrait donner des corridas : Tarragone, Olot et Barcelone. L'arène d'Olot est l'objet d'un litige entre propriétaires. Celle de Tarragone a été restaurée et l'infirmerie détruite : il faudrait envisager d'autres travaux avant de pouvoir y accueillir de nouveaux des corridas.
Reste la Monumental de Barcelone.
Depuis la « dernière » corrida, célébrée le 25 septembre 2011, la rumeur lui a prêté mille transformations.
Elle allait être détruite pour laisser place à des immeubles de bureaux. Ou d'habitations. Elle serait transformée en galerie commerciale comme sa sœur barcelonaise, las Arenas. Un fond qatari la rachèterait pour en faire « la plus grande mosquée d'Europe, avec un minaret de 300 mètres ».
Mais elle est toujours là, à l'angle de Corts Catalans et de Marina. Ses coupoles bleues et blanches sont comme les gardiennes d'un monument fantôme, elles témoignent qu'à leur pied Chamaco fit délirer les foules et José Tomás réinventa plusieurs fois la tauromachie. Et la station de métro s'appelle encore et toujours Monumental.

25 septembre 2011. Monumental de Barcelone, dernière corrida d'une époque. Aux côtés de José Tomás, Pedro Balaña. Fils du fondateur Pedro Balaña. Et père de l'actuel patron du groupe, Pedro Balañá. Vous suivez? / © AFP
25 septembre 2011. Monumental de Barcelone, dernière corrida d'une époque. Aux côtés de José Tomás, Pedro Balaña. Fils du fondateur Pedro Balaña. Et père de l'actuel patron du groupe, Pedro Balañá. Vous suivez? / © AFP


Ces arènes sont la propriété d'une entreprise familiale nommée Grupo Balañá. Ce groupe est un acteur majeur de la vie culturelle de Barcelone où il possède  neuf complexes de cinéma et quatre théâtres. Pedro Balaña, petit-fils du fondateur de la dynastie, n'est pas connu pour son afición a los toros. Ce qui ne l'a pas empêché de réclamer (et d'obtenir) une inedmnisation pour cause d'empêchement d'activité : 330 000 euros. Les affaires sont les affaires.

Quand les taurins, clubs d'aficionados, éleveurs, toreros se réunirent en novembre dernier pour un banquet célébrant la "victoire constitutionnelle" dans un restaurant du Port Olympique, on remarqua parmi les 200 commensaux l'absence de tout représentant du groupe Balañá. Il faut dire qu'au même moment, Pedro Balaña Forts recevait les membres de l'Académie de Cinéma de Catalogne et notamment Joel Joan et Isona Passola, militants anti-taurins déclarés…

Le 28 décembre dernier, qui est aux Espagnols ce que le 1er avril est aux Français, on crut à un canular. Anatur (Acción Natural Ibérica), un micro-parti écologiste rendait publique la demande de location des arènes pour y donner une corrida. La date n'avait pas été choisie au hasard : 5 juin, Journée Mondiale de l'Environnement. La lettre en bonne et dûe forme adressée aux Balañá est, pour l'instant, restée sans réponse. 
Les taurins veulent croire cependant que le patriarche actuel de la famille, Pedro, 90 ans cette année, aimerait bien revoir encore José Tomás dans les arènes de Don Pedro, son papa.

Cette semaine, la famille Matilla, des taurins à qui les Balaña avaient confié la gestion de la Monumental les dernières années, ont laissé filtrer une nouvelle qui fait l'effet d'une énième bombe dans le mundillo. Ils sont disposés à organiser une douzaine de corridas en 2017 (c'est à dire 5 ou 6 de moins que lors des saisons 2008, 2009, 2010 et 2011). Mais il faut que les Balaña donnent leur accord. Que les conditions financières de la location ne soient pas défavorables.

Et surtout que certain torero qui fit les derniers beaux jours de la Monumental accepte lui aussi de revenir une nouvelle fois aux affaires…

JT Barcelona
25 septembre 2011. La dernière corrida d'un cycle : José Tomás à Barcelona



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