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Rapport sur la SNCF : 3 liaisons concernées en Languedoc-Roussillon

illustration / © maxppp
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Un rapport remis ce mardi au gouvernement sur l'avenir de trains de nuit et des Intercités met sur la sellette certaines parties de lignes passant en Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées. Notamment le Toulouse-Cerbère et le train de l'Aubrac entre Clermont-Ferrand et Béziers.

Par Fabrice Dubault


Le rapport Duron préconise de supprimer les Intercités, ou trains d'équilibre du territoire (TET) sur les tronçons de lignes, sur lesquelles il existe des dessertes TGV ou TER : en Languedoc-Roussillon, est concerné Toulouse-Cerbère.

La liaison Bordeaux-Nice (via Toulouse et Montpellier) deviendrait un Toulouse-Marseille avec la disparition des tronçons Bordeaux-Toulouse et Marseille-Nice, destinés au TER.

La liaison Paris-Clermont-Ferrand-Béziers-Côte Vermeille serait supprimée en l'état. La partie Paris - Clermont-Ferrand resterait une exploitation ferroviaire. Mais la liaison Clermont-Ferrand - Béziers serait assurée par autocar. Quant à Béziers - Cerbère, il s'agit d'une liaison déjà assurée par les TER Languedoc-Roussillon.

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Le rapport recommande de ne conserver que quatre lignes de trains Intercités de nuit, au départ de Paris, dont le Paris - Latour-de-Carol, soulignant que les autres liaisons sont coûteuses et peuvent être substituées par des offres alternatives et parfois plus rapides (train ou avion le jour, ou autocar la nuit).

Par ailleurs, le rapport préconise "un renforcement de l'offre ferroviaire (...) associé à une meilleure utilisation du matériel roulant", sur "les lignes dont le résultat économique est aujourd'hui en-deçà de leur potentiel réel", entre autres Bordeaux-Marseille, Paris-Clermont-Ferrand, Paris-Amiens, Nantes-Lyon, Paris-Limoges, Paris-Caen.

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Les trains Intercités vieillissants et déficitaires doivent urgemment s'adapter, selon le rapport Duron

Mettre fin aux doublons avec les trains régionaux (TER) moyennant cinq fermetures de ligne, remplacer les vieux Corail, expérimenter l'ouverture à la concurrence: le réseau des trains Intercités, dont le déficit avoisinera les 400 millions d'euros
cette année, doit être revu en profondeur, selon un rapport rendu public mardi.

Il faut revisiter complètement l'offre, dynamiser le réseau et offrir des solutions adaptées à la demande", a expliqué à l'AFP le député (PS) Philippe Duron, président de la commission d'élus et experts qui planche sur le sujet depuis novembre, à la demande du Premier ministre, Manuel Valls.


Cinq lignes Intercités doivent être fermées, propose la commission: Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint-Quentin-Cambrai. Mais les liaisons ferroviaires ne seraient pas interrompues puisque des TGV ou des TER circulent sur les mêmes axes.

De même, l'autocar peut prendre le relais du train pour effectuer certaines liaisons rapides entre grandes villes, sur les lignes Toulouse-Hendaye et Clermont-Ferrand-Béziers.
Là aussi, le TER continuerait à relier les petites gares.

Philippe Duron explique ainsi que les Intercités, ou trains d'équilibre du territoire (TET) ont vocation à "relier de grandes villes, avec une vitesse, des temps de parcours acceptables". Or, certains de leurs trajets "ne relèvent pas des TET" et font souvent doublon avec des TER.
La commission recommande un "accord entre l'Etat et les régions", puisque celles-ci financent les TER, et recommande d'éventuellement leur transférer les lignes pendulaires, entre l'Ile-de-France et les régions limitrophes.

Le périmètre des trains de nuit serait réduit à quatre lignes, entre Paris et Briançon, Rodez, Toulouse et Latour-de-Carol, la commission soulignant qu'elles sont coûteuses et peuvent être substituées par des liaisons, plus rapides par train ou avion, ou de nuit par autocar.

La commission rejette le scénario fermeture de la SNCF

Le scénario alarmiste d'une réduction drastique de l'offre, qui avait été proposé par la SNCF, a en revanche été écarté par la commission, qui juge que "l'adaptation de l'offre aux besoins de mobilité ne saurait ne se concevoir que de manière négative", mais qu'"une vision positive de développement de l'offre ferroviaire, répondant aux besoins de mobilité, peut produire des effets vertueux".

Elle préconise ainsi de renforcer l'offre et mieux utiliser le matériel sur "les lignes dont le résultat économique est aujourd'hui en-deçà de leur potentiel réel", entre autres, Paris-Clermont-Ferrand, Nantes-Lyon, Paris-Limoges, Paris-Caen ou encore Toulouse-Montpellier-Marseille.

Un processus inéluctable

"Sur des lignes comme Paris-Cherbourg ou Paris-Amiens, la SNCF pourrait gagner de l'argent", estime Philippe Duron.
Il précise que la priorité est de "renouveler le matériel, c'est une urgence, il y a un problème de sécurité et d'attractivité commerciale".
Le salut des Intercités pourrait également passer par l'ouverture à la concurrence, prévue par l'Europe pour 2019. La commission préconise de l'expérimenter, dans le cadre de délégations de service public, d'abord sur les lignes de nuit puis sur certaines lignes de jour.
Philippe Duron évoque un processus "inéluctable", auquel "il faut (se) préparer", et qui peut permettre la survie de certaines lignes, sur lesquelles "la SNCF n'a pas envie de se battre", car elle a "des frais fixes très importants".

Quand vous voyez qu'un train Intercités, pour faire Bordeaux-Lyon, met plus de six heures, là où une compagnie aérienne low-cost met une heure, ça n'a pas de pertinence", souligne le député. Sur ce même trajet, le voyage, en train, "coûte 137 euros, et est subventionné, en plus, à hauteur de 281 euros. Face à cela, le même trajet avec une compagnie aérienne low-cost coûte 96 euros".


Par ailleurs, selon Philippe Duron, "la SNCF doit améliorer ses méthodes de production".
Il cite notamment l'exemple des ateliers de maintenance des TET qui "contrairement aux ateliers du TGV, sont souvent vétustes". "On doit pouvoir (les) faire travailler hors des horaires de pointe, (...) quand les rames ne sont pas utilisées".
La commission déplore également l'absence d'une "autorité organisatrice forte, qui puisse parler avec autorité à la SNCF et aux régions", et réaffirme le rôle de l'Etat.

Elle estime que ses propositions permettent "de redresser la trajectoire économique des TET à moyen terme", avec une stabilisation du déficit "à hauteur de 350 millions d'euros entre 2017 et 2019", puis "à environ 270 millions d'euros à partir de 2023".

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