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Régionales 2015 : le Front national irrésistible mais jusqu'où ?

Le politologue Emmanuel Négrier et Stéphane Ratinaud préparent la soirée électorale du premier tour des élections régionales le 6 décembre 2015. / © France 3 LR
Le politologue Emmanuel Négrier et Stéphane Ratinaud préparent la soirée électorale du premier tour des élections régionales le 6 décembre 2015. / © France 3 LR

Le Front national est incontestablement le grand gagnant en Languedoc-Roussillon mais le parti de Louis Aliot peut-il pour autant devenir un parti de gouvernement ? Question posée par Emmanuel Négrier politologue chercheur CNRS à Montpellier

Par Emmanuel Négrier

Le FN apparaît comme le grand gagnant d’un double mouvement, à droite et à gauche.
À gauche, le rapport de force entre les liste Delga (plus de 25%), Onesta (autour de 10%) et Saurel (autour de 5%) est plus favorable à la première qu’imaginé par les sondages. L’alliance entre les Verts et les différentes composantes du Front de gauche et de la gauche radicale n’a pas porté ses fruits. Au lieu de capitaliser sur l’union, en se renforçant, cette alliage a fait rétrécir le capital, qui était encore de 21,4% en 2010.
À droite, bien sûr, le mouvement est celui d’une inversion majeure : le FN était le pôle protestataire d’une droite dominée par la tendance de Les Républicains et leurs alliés.

L’inversion est spectaculaire : c’est désormais le FN qui occupe, avec plus de 30% des voix, le pôle dominant à droite. Sans doute est-ce moins vrai en Midi-Pyrénées qu’en Languedoc-Roussillon, mais par endroit, cette hégémonie dépasse même le cercle de la droite pour être, chose rarissime jusque là, majoritaire à lui tout seul. Cela se passe dans des bastions (Beaucaire à près de 60% ; Saint-Laurent de la Salanque à 54%, mais aussi Saint-Gilles (53%) ou Pont-Saint Esprit avec 49%. Le FN illustre ainsi un triple mouvement :

  • un renforcement dans ses bastions (petite Camargue, biterrois, périurbain perpignanais ; mais aussi en Midi Pyrénées, à un moindre niveau, dans le Tarn désindustrialisé (Graulhet : 36,2% ; Mazamet : 32,8 % ; Montech : 38,7% ; Castelsarrasin : 39,8%). La partie midi-pyrénéenne reste moins globalement ouverte au FN, à situation territoriale égale : Decazeville : « seulement » 21,2%.

  • Une extension territoriale, dans les terres désertées par la droite classique, où la Lozère est le meilleur exemple ; mais qui peut s’illustrer aussi par des communes ou des territoires où la droite est structurellement faible, comme l’Aude.

  • Une agrégation de suffrages correspondant à des intérêts totalement contradictoires entre eux, qui convient très bien à un parti lui-même composite. Les intérêts des électeurs ruraux du FN n’ont que peu à voir avec ceux des zones périurbaines, de Béziers ou de la petite Camargue. Mais ils convergent vers un parti dans l’opposition, qui n’a à assumer ni bilan ni véritable projet politique à l’échelle régionale.
L'analyse du politologue Emmanuel Négrier sur le score du Front National
F. Jobard

 

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