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19 migrants afghans mineurs en grève de la faim au centre d'accueil et d'orientation de Réalville (82)

Les grèvistes de la faim lundi matin au CAO de Réalville / © Stéphane Compan/France 3 Midi-Pyrénées
Les grèvistes de la faim lundi matin au CAO de Réalville / © Stéphane Compan/France 3 Midi-Pyrénées

19 mineurs afghans, arrivés de la" jungle" de Calais début novembre, ont entamé depuis jeudi soir une grève de la faim au centre d'accueil et d'orientation de Réalville (Tarn-et-Garonne). Ils ne comprennent pas pourquoi la Grande Bretagne refuse de les accueillir.

Par VA.

Ils étaient 29 jeunes Afghans, âgés de 14 à 17 ans, arrivés de la "jungle" de Calais, au moment de son démantèlement, dans le Tarn-et-Garonne dans la nuit du 2 au 3 novembre dernier.

Tous étaient décidés à gagner l'angleterre. 10 d'entre-eux ont réussi à y parvenir, il y a une dizaine de jours, après l'acceptation de leurs dossiers par le "Home Office" britannique. Mais les 19 autres ne comprennent pas pourquoi les services de l'immigration anglais ont refusé, sans motiver leur décision, de les accueillir.

Du coup, les 19 mineurs afghans observent depuis jeudi soir une grève de la faim au Centre d'accueil et d'orientation (CAO) de Réalville où ils sont hébergés.

Leur projet de vie, c'est d'aller en Angleterre. Ils ont pris énormément de risque pour cela. Et ils comprennent d'autant moins le refus des autorités britanniques de les laisser venir que 10 de leurs compagnons ont pu rejoindre l'Angleterre


, explique une bénévole du CAO.

L'ITW de Marie-Claude Lafitole, coordinatrice de l'Union départementale des associations familiales (82) :
Grève de la faim des réfugiés afghans mineurs à Réalville
L'ITW de Marie-Claude Lafitole, coordinatrice de l'Union départementale des associations familiales (82)

"Nous avons dû informer jeudi les 19 jeunes de la décision prise par les autorités britanniques : leur dossier n'avait pas été retenu. Nous avons essayé de gérer au mieux leurs réactions de dépit", confirme pour sa part le sous-préfet et secrétaire-général de la préfecture du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Delvert. "Ils ont l'impression que tout s'écroule, que la porte du Royaume-Uni se referme. Ils ont très mal pris la décision britannique. Ils sont désespérés par une décision qu'ils n'acceptent pas."

Selon Jean-Michel Delvert, deux jeunes ont été transportés aux urgences vendredi soir, à la suite de cette grève de la faim, pour des examens puis sont revenus au centre samedi matin. Et dimanche soir, il y a eu une "altercation entre deux jeunes", avec un blessé qui a été transporté aux urgences pour des examens.

"On renforce l'accompagnement, on leur dit que la porte n'est pas fermée car 10 d'entre eux sont déjà partis au Royaume-Uni, on continue à travailler sur leur dossier, notamment sur leurs liens familiaux au Royaume-Uni", un point capital pour que le dossier soit accepté, selon le responsable de la préfecture.


Le CAO de Réalville fait partie d'un programme de petites structures crées depuis octobre 2015 dans toute la France par le ministère de l'Intérieur pour accueillir temporairement les migrants qui se trouvaient en situation de grande précarité dans la" jungle" de Calais. Ces CAO permettent à ces personnes de bénéficier d'un logement en dur et d’un accompagnement adapté (social, sanitaire et administratif). Les CAO sont gérés par des associations conventionnées par l'Etat. Ce sont des petites structures dans lesquelles les migrants sont orientés temporairement, le temps pour eux d'effectuer les démarches de demande d'asile. 

Au total, sur les 1.900 mineurs pris en charge après le démantèlement de la "jungle" de Calais, seuls 500 ont pu gagner la Grande-Bretagne mi-décembre.

Et des inquiétudes sont apparues ces derniers jours, après des articles dans la presse britannique notamment s'alarmant d'une possible fermeture des portes du Royaume-Uni. Le défenseur des Droits Jacques Toubon s'était "inquiété" le 13 décembre de "l'éventuel échec" de la négociation avec Londres, qui "laisserait sans solution un grand nombre de mineurs évacués de Calais et du campement parisien de Stalingrad".

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