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Caussade : des élèves avaient filmé sous sa jupe, l'enseignante témoigne pour dénoncer la violence de l'agression

La rentrée au collège Pierre Darasse de Caussade lundi 7 janvier. / © Jean-Pierre Duntze/France 3 Occitanie
La rentrée au collège Pierre Darasse de Caussade lundi 7 janvier. / © Jean-Pierre Duntze/France 3 Occitanie

La vidéo avait été partagée sur les portables des collégiens de Caussade (Tarn-et-Garonne). Quatre d'entre eux avaient filmé sous la jupe de leur professeure avant d'être identifiés. L'enseignante, qui a repris le chemin de sa classe, témoigne pour dénoncer la violence de l'agression.

Par Vincent Albinet

Sur les conseils de son médecin, Hélène Chalmel, 47 ans, professeure d'anglais au collège Pierre Darasse , a effectué ce lundi 7 janvier une rentrée très particulière.

A Caussade, grosse bourgade rurale de 7000 habitants à 25 km au nord-est de Montauban, elle avait été, tout au long du premier trimestre, victime de quatre de ses élèves de quatrième qui filmaient sous sa jupe à son insu et partageaient les vidéos avec d'autres collégiens, jusqu'au club de football.

Une rentrée très particulière au collège

Après un congé maladie, l'enseignante, encore bouleversée, a tenu à témoigner pour dire "la violence et l'humiliation que représentent ces vidéos". Elle veut aussi qu'en découle une prise de conscience de la gravité des faits. Après sa plainte et celle du principal, les gendarmes avaient ouvert une enquête. Le conseil de discipline du collège avait exclu définitivement l'un des quatre élèves accusés, prononcé deux mesures d'exclusion de 8 jours pour deux autres et devait se réunir en fin de journée ce lundi 7 janvier pour entendre le quatrième protagoniste

Situer la portée de ce qui s'est passé

L'ensemble du corps enseignant de l'établissement, qui fait bloc derrière sa collègue agressée, ne comprenait toujours pas ce lundi de rentrée la légèreté des sanctions prononcées, sur proposition du chef d'établissement, à l'encontre de deux des quatre élèves impliqués lors du conseil de discipline du 20 décembre dernier. "La communauté éducative a besoin que l'on situe véritablement la portée de ce qui s'est passé", explique un enseignant. 

Les deux élèves exclus temporairement 8 jours, ont, en cette rentrée très particulière, été dirigés vers une autre classe.

Quant au principal, il a réuni les 800 élèves du collège, niveau par niveau, et heure après heure de rentrée, pour un rappel à la loi et aux règles. Parmi lesquelles...l'interdiction du téléphone portable dans tous les collèges de France depuis la rentrée de septembre 2018.

Le chef d'établissement devait par ailleurs réunir dans l'après-midi l'équipe éducative, dont une délégation a rendez-vous mercredi chez l'inspecteur d'académie.

Au programme, une explication de texte sur le rôle des uns et des autres, dans cette très emblématique affaire.

"Nous lui demanderons que l'institution effectue un travail de fond face à de telles agressions à caractère sexuel", annonce l'un des participants à la réunion.

"Nous avons tous les outils nécessaires pour que ce qui s'est passé ait une vraie répercussion autre que celle d'un conseil de discipline", analyse pour sa part Maximilien Reynes-Duplex, secrétaire du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'Education Nationale pour le département du Tarn-et-Garonne et l'académie de Toulouse.

Au catalogue de ses propositions figurent notamment la saisie de la mission laïcité du rectorat ou encore celle des violences faites aux femmes mise en place en préfecture du Tarn-et-Garonne.

Côté Justice, le procureur de la République doit décider de la suite à donner à l'enquête de gendarmerie.

Voir le reportage d'Amélie Poisson et de Jean-Pierre Duntze :
   

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