Tarn-et-Garonne 1930, des inondations historiques

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Crue du Tarn en 1930, un triste événement gravé dans la mémoire collective

Tarn-et-Garonne, fleuve et rivières

La semaine dernière, notre région dénombrait de nombreux épisodes de crues, certains à l’issue dramatique. Dans le département du Tarn-et-Garonne, entre autres, de nombreuses routes départementales inondées, à Verdun-sur-Garonne, à Saint-Aignan… des ponts coupés. Ce n’est pas la première fois que l’eau fait parler d'elle pour ses débordements dans ce département, ici les inondations on connaît. Une d’elles, celle provoquée par la crue du Tarn en 1930 est restée gravée dans la mémoire collective. C’est la thématique de notre magazine occitan Viure al País, présentée par Marius Blénet, et qui sera diffusé dimanche 23 janvier 2022 sur France 3 Occitanie.  

Le Tarn-et-Garonne est un pays d’eau, ce département à cheval entre Gascogne et Languedoc, est alimenté par le grand fleuve Garonne et deux grosses rivières : le Tarn et l’Aveyron. Toute cette eau est une chance pour le pays, surtout pour son agriculture. Mais avec l’eau, avec la convergence de ces trois vallées, vient parfois l’inondation. La rivière est un élément de la vie courante qui surprend quand elle sort de sa zone habituelle. Ici des inondations, il y en a eu beaucoup, mais est surtout restée en mémoire l’inondation de 1930, une crue du Tarn, une catastrophe pour le pays. L’équipe de Viure al País est allée en reportage à Moissac et à Montauban pour y constater que la marque de l’inondation de 1930 est toujours profonde dans la mémoire collective et dans les bâtiments.  

L’inondation de 1930 à Moissac et à Montauban

Le Tarn, est une rivière longue de 380 km, alimentée par l'Aveyron : « C'est une rivière qui ressemble à  un fleuve : large, puissant  et parfois dangereux ».  Ici, il y a eu beaucoup d'inondations. La plus terrible s'est déroulée en 1930, elle a été un évènement tragique et rarissime. Classée comme cinq-centennale, qui arrive tous les 500 ans. Une crue dramatique : plus de deux cent morts, des villages rasés, des quartiers entièrement détruits dans les villes. 

Tout l’hiver 1930, il a plu, il a plu. La terre ne pouvait plus boire. Et par-dessus tout ça, les neiges de la Montagne Noire, des Monts de Lacaune, tout ça a fondu. Et par-dessus tout ça, ce que l’on appelle aujourd’hui un épisode cévenol : il a plu, il a plu deux jours entiers. Et tout ça mélangé a fait une catastrophe majeure.

Chantal Fraisse, historienne à Moissac

FTV - Viure al País

En mars 1930, la rivière Tarn va noyer villes et villages : Villebrumier, Reyniès, Albefueille-Lagarde, Valence d¹Agen, Montauban. Mais c'est à Moissac, que le drame sera le plus fort, avec 600 maisons effondrées et 120 morts.

A Moissac, des rues et bâtiments qui rappellent l'inondation de 1930

A Moissac, cette rivière qui fait la richesse de la ville, a aussi tout détruit dans la nuit du 3 au 4 mars 1930.

A minuit, les digues ont rompu en trois endroits et aussi le pont du chemin de fer a craqué. Et tout cela a fait un flot très fort qui est allé taper au pied des coteaux et qui est revenu noyer la ville. Les quartiers bas et d'autres, aussi sont bâtis très souvent de torchis et de briques qui ne sont pas cuites.

Chantal Fraisse, historienne à Moissac

FTV - Viure al País

Chantal Fraisse nous explique qu’à Moissac avec cette grosse vague d’eau les fondations se sont dissoutes comme du sucre. Plus de 90 ans après, Moissac conserve des marques de l'inondation de 1930. Des rues et des bâtiments la rappellent tous les jours aux habitants. Chantal nous fait ainsi parcourir la ville pour y découvrir une architecture marquée par ces événements, par exemple, le Hall de Paris, comme on l'appelle, un modèle de la reconstruction de Moissac :« La ville de Paris a donné de l'argent pour bâtir cette halle ».

Ou encore à l'est de Moissac, très proche du Tarn : « un quartier entièrement démoli, qu’on appelle la cité du Maroc en hommage aux dons faits par la colonie ». On y découvre l’architecture des années 30, une reconstruction dans le style art-déco, des formes simples, géométriques, symétrie, grandes ouvertures.

A Montauban, l'eau est montée à plus de 11 mètres

En remontant la rivière on arrive à Montauban. Ici l'eau est montée à plus de 11 mètres.

A l’eau du Tarn s'est ajoutée celle du Tescou, un de ses affluents, plus de 1000 maisons sont tombées dans les quartiers de Villebourbon, Sapiac et Gasseras. Ici notre guide est Emmanuel Isopet, président de la section locale de l’Institut d’Etudes Occitanes : 

Oui effectivement, tout le quartier de Villebourbon, de la gare, où vivaient surtout des maraîchers fut complétement recouvert par l'inondation de 1930. C'est un souvenir qui demeure encore bien vivant dans la mémoire des anciens Montalbanais.

Emmanuel Isopet

FTV - Viure al País

Et l'occitan dans tout ça ?

En 1930, à Montauban, le mot employé pour désigner une inondation, c’était  « Aigat », à cette époque on parlait occitan plus que français.

Pour témoigner de ces inondations à Moissac et alentours, nous avons aussi retrouvé des archives. Yves Belbeze et sa sœur Inès étaient enfants en 1930 et vivaient à Lizac, village voisin de Moissac, lui aussi inondé. Ils nous racontent, en oc, bien sûr :

Dans notre émission en plus d'Emmanuel Isopet, il y aura aussi, pour nous parler de la langue,  Jean-Claude Fourtanet, un professeur retraité.  

Aussi dans ce Viure al País il sera aussi question de la place de la lenga nostra. Dans de ce département à cheval entre Gascogne et Languedoc, cohabitent divers dialectes. C’est un territoire où l’on connaît très bien les évolutions de la langue d’oc : des auteurs occitans y vivent depuis le Moyen-Age et ses troubadours. A l’heure actuelle, nous verrons que d’une rive à l’autre de la Garonne, la différentiation linguistique entre gascon et languedocien est toujours présente.

Et en attendant votre émission en occitan de dimanche, voici quelques lignes en occitan sur les inondations de 1930 dans le Tarn-et-Garonne, rédigées par Marius Blénet :

L’aigat de 1930 : tragèdia dins lo bacin de Tarn En 1930, un aigat exepcional tuguèt de centenats de personas e derrabèt de milierats d’ostals. « L’aigat », son nom se pòrta au singular e sens complement. Tot lo mond sap de que s’agís. D’inondacions n’i aguèt e n’i aurà encara. Aquela dau Tarn, los 2 e 3 de març de 1930, foguèt unica. Es classificada uèi coma cinc-centenària, un eveniment qu’arriba pas qu’un còp en 500 ans. Lo bilanç dins lo sol departament de Tarn e Garona, lo mai tocat, foguèt de 204 mòrts e de milierats de sens-abrics. Evidentament l’aigat es encara present dins la memòria collectiva e son impact fisic se vei totjorn dins las vilas tocadas.

Marius Blénet

FTV

Et pour en savoir plus sur le mot inondation, et ses déclinaisons occitanes, nous vous proposons de voir aussi un épisode de notre petite série Mot d’Oc.
Mot d'oc : 
 
Inondations – Aigats – Inondacions

D’autres mots, d'autres épisodes sont disponibles sur notre blog dans la rubrique : « Mot d’Oc »


Pour voir cette émission c'est dimanche 23 janvier 2022 à 10h 45 et mercredi 26 janvier à 10h 00, sur France 3 Occitanie.

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