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Tiens, revoilà la loutre à Montauban !

Photo d'illustration / © Max PPP
Photo d'illustration / © Max PPP

Elle avait disparu des bords du Tescou et du Tarn depuis une quarantaine d'années. La loutre a récemment été repérée à Montauban le long de ces deux cours d'eau par l'Agence française pour la biodiversité. Une bonne nouvelle pour la qualité de l'environnement.

Par Vincent Albinet

Les scientifiques les appellent des épreintes, un nom savant pour désigner de vulgaires crottes.

La loutre a l'habitude d'en déposer pour marquer son territoire.

La loutre, animal territorial

Mais depuis les années 80, la loutre n'en avait plus produit sur les bords du Tarn et du Tescou. 

Or, voilà qu'un réseau naturaliste du Tarn-et-Garone, ainsi que l'Agence française pour la biodiversité, ont repéré des excréments de ce mustélidé à Montauban, sur de petites zones le long de ces deux fleuves.

La première fois, c'était une toute petite crotte, en 2017, sous le Pont Vieux. Les scientifiques ont considéré cette découverte comme un indice. Puis, en janvier 2019, de nouvelles épreintes ont été observées sur la digue de Sapiacou, ainsi que le long du Tescou. De belles épreintes bien fraîches, permettant de conclure à une implantation perenne de l'animal. Enfin, une loutre a même été prise en photo en février 2019 à Montauban par un membre de la Société des sciences naturelles du Tarn-et-Garonne.

"Attention, prévient toutefois Gilles Gaudard-Schmitter, de l'Agence française pour la biodiversité, on a vu une loutre, pas un troupeau de loutres !"

La loutre, sentinelle de la qualité de l'écosystème

Ce retour du mustélidé à Montauban constitue toutefois "une bonne nouvelle à l'échelle du Tarn-et-Garonne". Car la loutre, autrefois chassée et braconnée pour sa fourrure, est une sentinelle de la qualité environnementale du milieu.

En Tarn-et-Garonne, sa disparition avait été actée dans les années 80. Outre la chasse et le piégeage,  la pollution de l'eau, la disparition du potentiel d'alimentation de l'animal et la perte de son habitat avaient également eu raison de sa présence. En Occitanie, elle avait trouvé refuge en Lozère ou dans l'Aveyron.

En très forte régression, comme sur la presque totalité de son aire de répartition, la loutre a fini par être protégée en France à partir de 1981.

Mais malgré cette protection, ses populations ont continué à diminuer ou, au mieux, peiné à se stabiliser. 

En France, on comptait 50 000 individus au début du XXe siècle et à peine 1 500 en 1980. Depuis son inscription, en 1981, dans la liste des espèces protégées, la population de la loutre est remontée à 2 000 ou 3 000 individus en 2010.

A l'exception de l'homme, la loutre n'a pas de prédateur. Cet animal discret vit la nuit sur un territoire linéaire de plusieurs dizaines de kilomètres où elle se nourrit de poissons et de batraciens. Elle retrouve donc à Montauban un espace qu'elle occupait il y a quarante ans. Signe d'une bonne qualité de l'écosystème.

Voir le reportage de Stéphane Compan et de Jean-Luc Pigneux :

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