REPLAY. Municipales à Albi : revoir le débat du second tour entre les trois candidats

REPLAY- Le 28 juin, la maire sortante Stéphanie Guiraud-Chaumeil sera opposée à la gauche réunie en une seule liste derrière Nathalie Ferrand-Lefranc et à Frédéric Cabrolier du Rassemblement National. Le débat entre ces trois candidats est à voir sur France 3 Occitanie.
© France TV

Le 15 mars 2020, avant le confinement pour cause de Coronavirus, ils étaient 5 en course pour les élections municipales à Albi dans le Tarn : Stephanie Guiraud-Chaumeil (SE) soutenue par le parti Les Républicains, Muriel Roques-Etienne LREM, Nathalie Ferrand-Lefranc candidate de la gauche unie, Pascal Pragnère EELV et Frédéric Cabrolier du Rassemblement National. Ils étaient, au soir du premier tour, tous en position de se maintenir pour le second tour.

Mais après le retrait de la candidate LREM et la fusion entre la gauche unie (le PS, le PCF, la France Insoumise et le PRG) et les écologistes d'EELV, ils ne sont plus que 3. Pour le second tour de scrutin le dimanche 28 juin, les habitants d'Albi auront le choix entre Stéphanie Guiraud-Chaumeil (SE), Nathalie Ferrand-Lefranc à la tête d'une liste de gauche et écologiste et Frédéric Cabrolier du RN

France 3 Occitanie a organisé le débat entre les trois candidats ce lundi 15 juin.

Trois thématiques ont notamment été abordées :

Les trois candidats se sont tout d’abord exprimés sur cette période inédite de crise sanitaire. Alors que la maire sortante, Stéphanie Guiraud-Chaumeil faisait son bilan, affirmant avoir « préparé l’avenir, à court, moyen et long terme », son adversaire à gauche, Nathalie Ferrand-Lefranc a expliqué que la crise du coronavirus était venue renforcer leur programme basé notamment sur la santé environnementale mais que le « gros impact avait été une démocratie confinée », qui a souligné encore davantage « les travers de Stéphanie Guiraud-Chaumeil ». La maire sortante a répliqué que « non, la démocratie n’a pas été confirmée », lapsus qui n’a pas échappé à ses contradicteurs. Le débat était lancé…

Frédéric Cabrolier, actuel conseiller municipal d’opposition a reproché à la maire sortante de n’avoir pris que des « mesurettes », en faveur des commerces de centre-ville et de ne pas avoir retenu des mesures-chocs proposées par le RN, comme la baisse de la taxe foncière pour ces commerces.

Il est vrai que la question de la redynamisation du centre-ville est majeure à Albi, ville moyenne bordée par plusieurs zones commerciales. Pour Nathalie Ferrand-Lefranc, la préfecture du Tarn s’est endormie, elle a perdu 400 emplois en 2019 : « Ce n’est certes pas de la compétence du maire mais il faut chercher des co-financements, auprès de la région, de l’Europe ».

Un tableau sombre que ne goûte pas la maire actuelle : « Faire de la sinistrose, c’est faire preuve d’irresponsabilité, c’est dangereux. On n’oppose pas commerces de proximité, commerces de centre- ville et grandes surfaces, ils ont tous leur utilité ».

Frédéric Cabrolier propose quant à lui d’organiser un moratoire sur l’ouverture des grandes surfaces en périphérie. « Le bilan des commerces du centre-ville est mauvais. Il y a aussi la problématique des loyers : la mairie a décidé de taxer les commerces vides qui ne trouvent pas acquéreurs mais ce n’est pas leur faute, madame Guiraud-Chaumeil, c’est la vôtre ».

Rendre Albi plus attractive passe-t-il par une politique environnementale plus affirmée ? Les Albigeois semblent l’attendre en tout cas et il est vrai que la crise sanitaire a repeint en vert certains programmes.

La maire sortante a promis que tout le travail engagé précédemment (jardins urbains, circuits courts, légumerie à la cuisine centrale) allait être renforcé mais l’autonomie alimentaire (à laquelle la ville tend depuis quelques années) n’est qu’un vœu pieu, selon Frédéric Cabrolier. Nathalie Ferrand-Lefranc a quant à elle attaqué de front : « Vous dites tout le contraire de ce que vous avez fait. Vous avez bétonné, fait des places minérales, des grandes surfaces. C’est difficile de vous faire confiance, madame. Je me présente aujourd’hui parce que rien a été fait pendant six ans ».

Enfin, sur le thème de la sécurité, la maire actuelle promet de renforcer les brigades de nuit, et de mettre en place un « conseil de nuit » et une brigade canine. Nathalie Ferrand-Lefranc rétorque qu’il faut une police de proximité, notamment dans les quartiers difficiles où l’on se sent isolé et abandonné, dit-elle. Le candidat du Rassemblement National propose quant à lui de transformer la vidéo-protection en vidéo-surveillance, en plaçant des agents chargés de visionner les caméras nuit et jour, et non plus seulement utiliser les bandes a posteriori, comme c’est le cas jusqu’à maintenant.

Enfin, s’adressant directement aux électeurs, les trois candidats ont conclu leurs échanges ainsi : Nathalie Ferrand-Lefranc a souligné « la chance unique d’un changement de politique, plus humaine » ; pour Stéphanie Guiraud-Chaumeil, « cette crise nous a enseigné le vivre ensemble. Albi peut être une ville verte, accueillante, sans opposer écologie et économie » ; Frédéric Cabrolier a pour sa part exhorté les électeurs « à surtout aller voter ».

Revoir le débat du second tour d'Albi diffusé le lundi 15 juin à 18h

 

Elue maire en 2014, la maire sortante, Stéphanie Guiraud-Chaumeil est arrivée en tête au premier tour des élections municipales à Albi (Tarn) avec 39.10 % des suffrages exprimés, score réalisé le 15 mars 2020. Candidate à un second mandat, elle est en ballotage favorable et il sera intéressant de voir comment vont se reporter les électeurs qui ont voté pour son ancienne adjointe Muriel Roques-Etienne. La candidate LREM s'est désistée pour faire barrage à ce qu'elle appelle "l'extrême gauche", comprenez Nathalie Ferrand-Lefranc.

L'abstention a été un marqueur fort du 1er tour de l'élection municipale, le 15 mars 2020. Après l'annonce de la fermeture des établissements scolaires, le samedi soir veille du vote, le gouvernement a en effet annoncé la fermeture quasi-immédiate des bars et des restaurants. La peur de la maladie et le confinement pour cause de Coronavirus ont refroidi la majorité des citoyens et le nombre de votants a atteint des seuils historiquement bas pour un scrutin municipal.

Un sursaut républicain induit par le déconfinement notamment, pourrait avoir des conséquences sur le scrutin. Difficile à ce stade de prédire lesquelles. La campagne électorale est différente de mars dernier : les réunions publiques, les meetings et le tractage sur les marchés ne sont pas autorisés pour cause de mesures sanitaires. 

En 2014, la préfecture du Tarn avait élu sa première femme maire ! Stéphanie Guiraud-Chaumeil avait gagné l'élection municipale avec 46,07 % des voix, loin devant son adversaire PS Jacques Valax, suivi de la liste Front de gauche/EELV. Le RN (ex Front National) avec déjà Frédéric Cabrolier comme tête de liste, était arrivé 4ème. Après la quadrangulaire de 2014, place donc à la triangulaire de 2020 à Albi dans le Tarn ! 

Les repères : Albi en chiffres 

On compte près de 50 000 habitants à Albi. La population qui avait tendance à diminuer il y a quelques années est en train de repartir à la hausse.

Le taux de chômage en 2016 (INSEE) était de 12,9% contre 10,2% en 2011.

Les principales entreprises sont liées au secteur du commerce des transports et des services.

France 3 Occitanie propose 26 débats avec les candidats du second tour des municipales

Les rédactions régionales de France 3 s'engagent pour le débat démocratique et ouvrent les débats des candidats au second tour dans plus de 200 communes de France. Du 15 au 25 juin à 18h, en Occitanie, 9 soirées et 26 débats sont proposés aux téléspectateurs avant le second tour du dimanche 28 juin. 

 

Tous les débats à voir sur France 3 Occitanie du 15 au 25 juin à partir de18h
15 juin 2020  : Albi (Tarn)
16 juin 2020  : Pamiers (Ariège) et Millau (Aveyron)
17 juin 2020 : Moissac (Tarn-et-Garonne)
18 juin 2020 : Tarbes (Hautes-Pyrénées) et Figeac (Lot)
19 juin 2020 : Rodez  (Aveyron)
22 juin 2020 : Montauban (Tarn-et-Garonne)
23 juin 2020 : Colomiers (Haute-Garonne)  et Condom (Gers)
24 juin 2020 : Lourdes (Hautes-Pyrénées) et Graulhet (Tarn) 
25 juin 2020 : Toulouse (Haute-Garonne) 
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