Pour le président du conseil départemental du Tarn, la route à 90 km/h dans l'impasse

En juin 2019, le conseil départemental du Tarn avait voté le retour de 600 kilomètres de route à 90 kilomètre-heures / © PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
En juin 2019, le conseil départemental du Tarn avait voté le retour de 600 kilomètres de route à 90 kilomètre-heures / © PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Le conseil départemental du Tarn a voté en juin 2019, le retour à 90 km/h de 600 kilomètres de routes. Ce choix s’avère inapplicable en raison des conditions imposées par le gouvernement . « Un marché de dupe » pour le président de la collectivité tarnaise.

Par Sylvain Duchampt

Le président du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond a été l'un des premiers a dénoncer la réforme des 80 kilomètre-heure du gouvernement. "Une double peine pour notre territoire. Nous perdons de l'attractivité et du temps" estimait le successeur de Thierry Carcenac.

Le retour annoncé en juin dernier par la collectivité tarnaise de 600 kilomètres de routes à 90 km-h sonnait comme une victoire pour l'élu socialiste. Mais depuis, celui-ci déchante : " C'est un véritablement marché de dupe. Pour repasser à 90 km/h, il nous faut respecter plusieurs conditions. Trouver 10 kilomètres sans arrêt de bus, sans sorties d'habitations, sans intersections." Dans le Tarn, la mission se révèle impossible.
 

Les mauvais chiffres de la sécurité routière

Présentée par le Premier ministre, Edouard Philippe, comme un moyen de renforcer la sécurité routière, la réforme des 80 km/h n'est pour le président tarnais qu'une "mesure d'affichage" : 

C'est une mesure qui nous as été imposée par des personnes habitant derrière le périphérique, à l'intérieur de Paris, loin des réalité de nos territoires. Mais tout cela n'est qu'aberration. On nous présente les 80 kilomètres/ heure comme l'alpha et l'omega pour réduire le nombre de morts sur les routes. Mais dans le Tarn, les chiffres sont particulièrement mauvais cette année.

De nouveaux financements

Début décembre, le département comptait 31 décès dans des accidents et une forte augmentation des accidents corporels avec plus de 200 cas. L'élu local n'écarte pas la destruction des radars aux cours des derniers mois afin d'expliquer ces très mauvais chiffres. "Un élément d'explication." reconnait-il

Christophe Ramond en appelle à d'autres mesures, "il faut plus de prévention et plus de répression. Il faut par exemple changer le permis de conduire. Apprendre aux jeunes les bons gestes au volant dans certaines situations : sur du verglas, lorsque un animal surgit", mais aussi à de nouveaux financements de l'Etat pour "repenser la route du XXIe siècle et développer, par exemple, le vélo". 

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