Prix du carburant. Dans le Tarn, une commune aide les habitants à payer leur plein

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Écrit par Cassuto Karen

Face à la flambée des prix du carburant, à Saint-Sulpice-La-Pointe dans le Tarn, la mairie a décidé d'apporter une aide financière à ses administrés, à hauteur de 50 euros par mois.

Depuis que les prix du carburant flambent, les foyers souffrent d'une grande perte de pouvoir d'achat. Pour répondre à cette problématique, plusieurs communes de France aident leurs habitants à payer leur plein d'essence ou de gazole. C'est le cas de la ville de Saint-Sulpice-La-Pointe, dans le Tarn. 

À partir d'avril 2022, les Saint-Sulpiciens qui utilisent leur véhicule pour se rendre au travail (85% des actifs de cette commune) pourront bénéficier d'une aide carburant de 50 euros par mois. 45% d'entre eux travaillent en dehors du Tarn.

Qui est éligible à cette aide ?

Pour bénéficier de cette somme, il faut répondre à plusieurs critères (sous réserve de validation du conseil d'administration du CCAS de la ville) :

  • Résider à Saint-Sulpice-La-Pointe depuis six mois minimum 
  • Travailler en dehors de Saint-Sulpice-La-Pointe
  • Travailler dans une ville, un endroit inaccessible en transports en commun ou bien avoir des horaires atypiques
  • Etre salarié depuis au moins trois mois (CDI, CDD, intérimaire, stagiaire etc.)
  • Avoir une distance domicile-travail de minimum 15 kilomètres et maximum 40 kilomètres (aller simple)  

Les prestations familiales ne sont pas prises en compte dans ce calcul et les personnes éligibles devront présenter des justificatifs. 

Cela représente 200 personnes éligibles, soit environ 40% des actifs de la commune. Ils pourront recevoir ce forfait carburant pendant trois mois, renouvelable une fois "si nécessaire, le temps pour l'Etat de déployer des réponses à cette inflation sans précédent et à mettre en place le plan de résilience national" détaille un communiqué de presse de la mairie.

Comment c'est financé ?

Le montant de cette aide exceptionnelle fait partie du budget alloué à l'action sociale de la ville. Elle représente 30% de ce budget. En contrepartie, "certains projets et travaux jugés reportables ou non prioritaires sont décalés" précise le maire de Saint-Sulpice-La-Pointe. Il peut s'agir par exemple de travaux de voiries ou d'entretien de gymnases. "Vu la crise en terme d'inflation et vu la guerre, ça ne va pas ralentir. Il y a donc urgence à aider les gens" argumente Raphaël Bernardin, le maire (LREM) de la commune.

Pour lui, tous ses homologues pourraient également mettre en place cette mesure. Il considère qu'il s'agit là du rôle d'une commune, quelle que soit sa taille et dénonce l'inaction du département du Tarn.

Ce dispositif mis en œuvre dans d'autres collectivités a prouvé toute son utilité. Ne constatant aucune proposition de la part du département du Tarn, pourtant chef de file de la solidarité envers les concitoyens, et face à une nouvelle explosion des tarifs du carburant, j’ai proposé d'activer cette aide selon des conditions d’éligibilité.

Raphaël Bernardin, maire de Saint-Sulpice-La-Pointe

"Ce dispositif exceptionnel restera placé sous l’autorité du CCAS, organe coordinateur de l'action sociale localement, qui a la charge d’instruire les dossiers spécifiques pour toutes celles et ceux dont l’usage de la voiture est une nécessité dans le cadre de leur emploi" rapporte Laurence Blanc, adjointe aux solidarités à la mairie de Saint-Sulpice-La-Pointe.

Au maire de Saint-Sulpice-La-Pointe de conclure : "on ne pourra pas se regarder dans le miroir si on agit pas nous, avant que l'Etat et l'Europe agissent de manière plus systémique. On est le petit voilier qui peut prendre des décisions rapidement, on n'a pas de grosses assemblées où il faut réunir plein de monde. Surtout qu'aujourd'hui, les communes qui sont équipées de CCAS (centre communal d’action sociale, ndlr) peuvent prendre des mesures très rapidement."