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Tarn : le fils d'un républicain espagnol veut faire annuler la légion d'honneur de Franco

Un tarnais fils de républicain espagnol tente d'obtenir l'annulation de la légion d'honneur décernée par la France à Franco en 1928. Il a saisi la justice. Cet homme résidant à Mazamet, aujourd'hui âgé de 77 ans, avait du fuir l'Espagne en raison de persécutions contre sa famille.
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Un fils de Républicain espagnol, dont la famille a été victime du franquisme, demande à la justice administrative le retrait de Légion d'honneur octroyée au général Franco et s'est pourvu en appel après le rejet de sa requête, a indiqué vendredi son avocate.

Un débat pour protéger la Légion d'honneur


"Le tribunal administratif de Paris a rejeté le 16 février 2018 une demande en ce sens présentée par Jean Ocana, fils d'un Républicain espagnol exilé en France et déporté à Mauthausen" (Autriche), indique dans un communiqué son avocate Me Sophia Toloudi. 
L'avocate précise que selon la juridiction administrative "cette haute distinction française ne pouvait être retirée à une personnalité étrangère à titre posthume".
"C'est un débat pour protéger la Légion d'honneur", a souligné l'avocate estimant que le fait que le général Franco figure toujours au tableau de la Légion d'honneur constituait "une perte de sens et de valeur" pour les personnes qui se voient attribuer la même distinction.

De Franco à Weinstein


"En tant que Français, je trouve indigne que son nom y figure encore", affirme Jean Ocana, âgé de 77 ans et qui a dû fuir l'Espagne enfant après des persécutions contre sa famille.
"Je suis né en 40 à Albacete (sud-est de l'Espagne) et je n'ai vu mon père qu'en 1947 à son retour de Mauthausen", a indiqué le retraité domicilié à Mazamet dans le Tarn.

Jean Ocana a écrit à deux reprises à la Grande chancellerie de la Légion d'honneur qui lui a refusé en 2016 et 2017 de saisir le président de la République. Car seul le président peut statuer sur cette demande de retrait de la distinction.
Dans son argumentaire, le responsable de l'institution napoléonienne affirme qu'une telle procédure ne peut être engagée contre une personnalité étrangère décédée, un argument retenu par le Tribunal administratif.
Un argument que réfute le retraité. "Si on peut envisager de retirer la Légion d'honneur à Harvey Weinstein, on peut envisager de la retirer à un dictateur", lance-t-il.


Le général Francisco Franco a été nommé Officier de la Légion d'honneur en 1928 et promu en 1930 au grade de Commandeur, à la demande du maréchal Philippe Pétain.
Me Toloudi a indiqué que la nouvelle requête qu'elle va présenter devant la cour administrative d'appel de Paris devrait être examinée d'ici un an.
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