TEMOIGNAGE. Seul sur une île déserte pendant 35 jours pour sensibiliser à la pollution : un aventurier raconte

Publié le Mis à jour le
Écrit par Xavier Marchand .

Une immersion totale : sans eau, sans nourriture et sans aucun moyen moderne pour allumer un feu sur une île au large des côtes du Panama. Le Tarnais de 49 ans Alexandre Lassaux est resté 35 jours sur cette île aux apparences paradisiaques. L'objectif était de collecter des déchets. Voici son récit.

Seul face à l’océan sur une île déserte durant 35 jours en autonomie. Le titre est alléchant mais dans la réalité, Alexandre Lassaux a subi les aléas climatiques et les insectes sur l'île de Chapera dans l'archipel des Perles en plein Pacifique.

En Amérique centrale au large des côtes panaméennes, Alexandre Lassaux, albigeois de 49 ans est resté 35 jours en immersion complète pour collecter un maximum de déchets. 

"L'objectif est de sensibiliser à la pollution des villes qui chemine au travers des océans pour se retrouver à l’autre bout du monde, dans des lieux magnifiques, sauvages et préservés de toute civilisation".

Sans eau, sans nourriture et sans aucun moyen moderne d’allumer un feu, le Tarnais, passionné de vie sauvage et de technique de survie a été au bout de son aventure. Malgré une apparence paradisiaque avec des eaux turquoises et des plages de sable fin, l'île de Chapera a été un lieu très hostile pour l'aventurier. 

En transit à l'aéroport de Panama City avant son retour en France, Alexandre Lassaux nous raconte son aventure et ses 35 jours, seul, sur l'île déserte.

"Le plus difficile a été le manque de sommeil"

J’avais déjà fait ce genre d’aventure mais jamais seul et aussi longtemps. J’ai été confronté à des difficultés que je n’avais pas imaginées, notamment le manque de sommeil, cela a vraiment été très difficile. Les deux choses les plus difficiles ont été le manque de sommeil et les insectes.

En ce moment, c’est la saison des pluies donc j’ai pu récupérer de l’eau de pluie pour boire mais on s’imagine qu’après l’eau, c’est la faim qui rend la survie difficile mais pour moi, c’était le manque de sommeil. Dérangé en permanence par des insectes qui nous piquent et de la pluie à cause de mon mauvais couchage. 

C’était vraiment très difficile. Je n’avais jamais rencontré cette difficulté avant. Il m’aurait fallu un hamac et une moustiquaire pour être mieux protégé et avoir un peu plus de confort.

Alexandre Lassaux

J’étais exposé aux moustiques, aux chitras (mouches des sables ou puces des sables), des petits moucherons quasiment invisibles à l’œil nu. Elles se posent sur vous, elles sécrètent un liquide acide et cela vous fait un trou dans la peau jusqu’au sang. Ça provoque des démangeaisons incroyables, on se gratte jusqu'au sang et c’est très difficile à supporter. 

J’ai passé la première semaine pratiquement sans dormir.

Alexandre Lassaux

"La vie sans le feu, c’est l’enfer".

J’ai mis 5 jours pour réussir à faire le feu, je croyais maîtriser assez bien et en toute circonstance la technique pour faire un feu, mais lorsque l’on se retrouve dans des conditions extrêmes comme j’ai eu, cela a été très compliqué. La vie sans le feu, c’est l’enfer.

Dans cette aventure, dès le départ rien ne s’est passé comme prévu. L’île de Mogo Mogo où je devais aller était déjà occupée donc j’ai été sur l’île de Chapera plus au nord.

Alexandre Lassaux

C'est une île très hostile pour l’être humain, j’ai croisé des crocodiles marins et vu des requins Bouledogue.

5 jours pour faire le feu, manque de sommeil, fatigue physique, malade pendant trois jours (maux de tête et vomissements), tempête pendant 5 jours... Le début de l’aventure a été compliqué. J’ai mis beaucoup de temps pour m’adapter à l’environnement.

J’ai essayé de me servir de mes expériences précédentes mais rien ne correspondait à ce que j’étais en train de vivre. J’ai mis un peu de temps avant de réagir, avant de comprendre qu’il fallait que je change mon fusil d’épaule, que je m’adapte et que je fasse autrement. 

Je me suis aperçu qu’il fallait que je m’adapte à la marée, une fois que la marée était basse, j'ai pu atteindre des coquillages, d’autres animaux marins auxquels je n'avais pas accès à marée haute.

Alexandre Lassaux

Après avoir fait une analyse de la situation et m’être adapté à l’environnement, j’étais déjà à la moitié du séjour. En m’adaptant aux marées, j’ai trouvé beaucoup de coquillages, des huîtres par centaines. Sur la dernière semaine, je pense que j’ai repris un peu de poids.

Mon menu : larves blanches, termites, crabes, iguanes, oiseaux marins, huîtres et haricots marins qui ressemblent à une fève.

Alexandre Lassaux

L’objectif était de collecter des déchets mais je n’en n’ai pas collecté tant que ça, j’ai récolté entre 200 et 300 litres. Je me suis concentré sur les petits déchets car c’est ce qui touche les animaux marins. Cela m’a pris beaucoup de temps.

Côté météo, beaucoup d’alternance avec 2 à 3 jours de pluie et ensuite 2 à 3 de soleil avec des températures entre 25 et 30°C.

La première chose que je vais faire c’est de prendre ma famille dans mes bras. Émotionnellement ça été très compliqué donc il me tarde de prendre l’avion car j’ai hâte de les voir. Alexandre sera de retour en France, puis dans le Tarn, ce mercredi 23 novembre 2022.

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