Barrage de Sivens : “un ouvrage sera fait” affirme Ségolène Royal

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Il y aura bien une retenue d'eau dans le secteur de Sivens mais pas telle qu'elle est prévue actuellement. Ségolène Royal a souhaité que des solutions soient trouvées "avant la fin de l'année". La ministre de l'Environnement a également appelé à l'évacuation du site.

Par Véronique Haudebourg

Élus, défenseurs de l'environnement, représentants des agriculteurs...les acteurs concernés par le barrage de Sivens étaient réunis ce mardi soir à Paris à l'invitation de Ségolène Royal, qui prône une solution de compromis et a exclu "le tout ou rien" comme solution à ce projet controversé.

"Un ouvrage sera fait", a affirmé Ségolène Royal en encourageant les différentes parties à poursuivre le dialogue. Elle a également souligné la volonté de chacun de participer à la construction d'une solution et à l'élaboration d'un projet de territoire.

La ministre de l'Environnement a annoncé à l'issue de la réunion l'appui technique du ministère dans ce dossier.  Trois experts vont être envoyés avant la fin de la semaine prochaine sur le site de Sivens : un hydrologue, un agronome et un spécialiste de la biodiversité. Tous trois s'appuieront sur le rapport des experts déjà réalisé pour proposer des solutions alternatives avant la fin de l'année. Deux sont envisagées :

  • Un réajustement du projet actuel en revoyant les volumes à la baisse
  • La construction d'un ouvrage alternatif plus en aval comprenant un système de bassines.
Un choix sera fait rapidement pour que les travaux puissent reprendre début 2015.

Concernant l'occupation du site du Testet, l'évacuation immédiate a été demandée. L'exaspération des riverains et le cas d'une septuagénaire obligée de quitter sa maison squattée a été évoquée. La ministre a exigé qu'elle puisse rentrer chez elle au plus vite. Les associations d'opposants "n'ont pas dit non" quand elle leur a demandé d'appeler les occupants à quitter les lieux rapidement. 

"L'idée, c'est de ne pas traîner, il faut qu'on puisse être au clair d'ici à la fin de l'année sur les solutions" alternatives, a dit la ministre au terme de la réunion. "Il faut encore que les choses mûrissent pour une solution pérenne", a-t-elle ajouté

Les différentes positions exprimées ce mardi

La réunion a débuté vers 18h30 / © AFP
La réunion a débuté vers 18h30 / © AFP
Cette réunion, qui a débuté peu après 18h30 au ministère de l'Écologie, s'est déroulé neuf jours après la mort du militant écologiste Rémi Fraisse tué lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, un tournant dramatique dans la poursuite d'un projet contesté localement depuis plusieurs années.

Etaient présents une vingtaine de participants, dont les élus locaux Martin Malvy, président PS de la Région Midi-Pyrénées et président de l'Agence de l'eau Adour-Garonne, et Thierry Carcenac, président PS du conseil général, maître d'ouvrage du barrage. Représentants des agriculteurs et des associations de défense de l'environnement étaient là également ainsi que les deux ingénieurs auteurs d'un rapport critique sur le barrage, qui a été au centre des échanges.

Ségolène Royal a souligné les efforts de chacun pour renouer le dialogue malgré des divergences qui subsistent. Et la volonté commune de trouver des solutions pérennes et durables concernant les ressources en eau du territoire.

  • Thierry Carcenac, président du conseil général du Tarn "a pris acte de l'impossibilité de poursuivre le chantier" a déclaré Ségolène Royal. Il a demandé à ce que l'Etat prenne ses responsabilités et s'est dit prêt à étudier les recommandations des experts.
  • Les représentants des chambres d'agriculture ont réclamé le maintien du barrage mais sont prêts à en revoir le volume et à s'associer à un projet de territoire
  • Les associations de défense de l'environnement demandent l'arrêt du projet mais sont prêts à étudier des solutions alternatives.
  • Les riverains demandent l'évacuation du site


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