Castres-Mazamet : la grève des éboueurs se poursuit, les poubelles s'amoncellent en centre ville

Dans les rues de Castres, les poubelles s'accumulent dans la rue du centre ville. La grève des éboueurs a été reconduite jusqu'au 9 mai. Le conflit entre les agents et les élus de la communauté de Castres-Mazamet s'enlise.

Dans les rues de Castres, les poubelles s'amoncellent suite à la grève des éboueurs de la ville.
Dans les rues de Castres, les poubelles s'amoncellent suite à la grève des éboueurs de la ville. © P.Garric

Tas d'immondices jetées au sol. Enchevêtrement de poubelles en pleine rue, matelas souillé en attente de ramassage, après deux semaines de bras de fer entre les éboueurs de Castres-Mazamet et la communauté d'agglomération, les détritus s'accumulent dans les deux villes.

Détritus qui débordent sur la voie publique à Castres faute de ramassage lié à la grève des éboueurs.
Détritus qui débordent sur la voie publique à Castres faute de ramassage lié à la grève des éboueurs.

Depuis le 19 avril, 99% des agents du service de collecte des ordures ménagères sont en grève. Hier mercredi sur le site de la Poudrerie à Castres, ils ont voté en assemblée générale la poursuite du mouvement jusqu'au 9 mai. En hyper centre ville, la grève commence à se voir.

Il faut enjamber les sacs poubelles

Un conflit social qui s'enlise et des habitants qui s'agacent.

Vers les allées, il faut enjamber les sacs poubelles, c'est sale. Moi je suis valide ça va, mais pour les handicapés ou les mamans avec des poussettes, il faut passer par la route. En terme de sécurité c'est pas terrible !

explique Isabelle qui travaille dans une pharmacie du centre ville.

Une question sanitaire

Dans un autre quartier de la ville, un boulanger s'inquiète. " Pour le moment on stocke toutes nos ordures dans une cour intérieure derrière le magasin. Mais ça commence sacrément à déborder. Avec les restes des pâtes ça sent très mauvais et au niveau sanitaire, c'est pas top. ", s'inquiète Nicolas Legrand apprenti à la boulangerie Didier et en charge des déchêts. Tout comme les autres habitants, il subit cette grève qui dure.

Face à l'urgence, la ville a installé de grandes bennes dans toute la communauté de l'agglomération et dans les quartiers excentrés pour éviter que les ordures jonchent le sol comme le montre cette publication Facebook du maire de Mazamet, Olivier Fabre.

Pour le moment, certaines zones restent donc relativement propres mais en centre ville, impossible de les installer, la situation est plus compliquée.

La revalorisation des salaires au coeur des tensions

Au coeur du conflit, la négociation sur les salaires des agents. Lundi le président de la communauté d'agglomération de Castres-Mazamet Pascal Bugis et les élus ont proposé une sortie de crise dans un courrier. Amélioration des tournées avec la médecine du travail, réorganisation des collectes, plusieurs propositions pour améliorer leurs conditions de travail ont été mises sur la table.

Conséquence de la grève des éboueurs à Castres.
Conséquence de la grève des éboueurs à Castres.

Les primes ont aussi été évoquées. " Le montant du complément indemnitaire semestriel sera porté à 200 euros, soit 400 euros par an ", précise le courrier.  Le président de l'agglomération termine " en espèrant que ces propositions participent au déblocage rapide de la situation ".

Des négociations à l'arrêt

" Dans son courrier, le président de l'agglomération nous explique que ces propositions ne seront valables que " si " nous reprenons le travail dans les 24h. Il nous a mis un ultimatum, sans nous laisser le temps de réflechir. Surtout le compte n'y est pas ! On nous a proposé 16 euros brut d'augmentation par mois, on demande le double. Cela bloque pour 16 euros à peine. C'est peu. Nous avons décidé de reconduire la grève", explique Pascal Garric, représentant FO du personnel au sein du service de collecte des ordures ménagères de Castres-Mazamet.

Pour l'instant, des employés municipaux interviennent en renfort pour nettoyer et éviter que les ordures n'envahissent trop l'espace public. Mais les Castrais et les Mazamétains vont devoir prendre leur mal en patience. Les négociations sont désormais au point mort.

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