Pierre Fabre : un puissant patron disparaît

Pierre Fabre, dans les tribunes du stade de Castres. / © Rémy Gabalda/AFP
Pierre Fabre, dans les tribunes du stade de Castres. / © Rémy Gabalda/AFP

54ème fortune française, 1ère de la région Midi-Pyrénées, Pierre Fabre a débuté sa carrière comme pharmacien, à Castres, sa ville natale. Il a créé le troisième laboratoire pharmaceutique français, et étendu son empire à ses autres centres d'intérêt : le sport et les médias.

Par Marie Martin

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L'empire Pierre Fabre


Un patron du Sud-Ouest


Pour Pierre Fabre, tout tournait autour de son Sud-Ouest natal...
Son groupe a beau être implanté hors des frontières françaises, son coeur n'en restait pas moins dans le Tarn. Il confiait récemment : "La fibre régionale est pour moi plus forte que tout".
Né le 16 avril 1926 à Castres (Tarn), Pierre Fabre est un jeune pharmacien lorsqu'il fonde son premier laboratoire, en 1961. Il s'agit pour lui de commercialiser un médicament qu'il a lui-même mis au point, le Cyclo 3, le premier veinotonique d'origine naturelle. Il a étudié pour cela les vertus d'une plante abondante dans sa région, le Ruscus aculeatus (petit houx).
C'est le début d'une aventure industrielle, qu'il a pilotée de bout en bout, seul maître à bord ou presque, même après son "retrait" partiel.
Dès 1963, il se renforce en faisant l'acquisition des laboratoires Inava. Puis il s'ouvre rapidement sur la cosmétique en rachetant les laboratoires Klorane. Ce sera ensuite au tour de marques de prestige, comme Ducray, Galenic, Furterer...


Un rayonnement international


Pierre Fabre s'est développé à l'étranger, par des rachats de laboratoires mais également par l'implantation de filiales en Europe (Italie, Allemagne et Espagne). Une grande partie des salariés du groupe travaille d'ailleurs à l'étranger (6 000 sur les 10 000 que compte le groupe).
Pierre Fabre possédait depuis les années 70 une source thermale, à Avène-les-Bains, devenue une station réputée pour la dermatologie.

Un homme de médias


En 1998, il s'est diversifié dans les médias en créant, à titre personnel, une holding, Sud Communications. Il détenait jusqu'à aujourd'hui des participations dans le groupe Midi Libre, La dépêche du Midi, Tarn Infos, l'Eveil de la Haute-Loire... En 2001, il a racheté l'agence de photo parisienne Sipa, qu'il revend dix ans plus tard. C'est Pierre-Yves Revol, PDG délégué des laboratoires, qui dirige cette holding.

Un discret mécène


Les joueurs du Castres Olympique, champion de France cette année, ne connaissent sans doute pas tous Pierre Fabre. Il était pourtant l'homme qui a permis cette victoire, lui qui avait racheté le club de sa ville natale, en 1989. On l'apercevait parfois dans les tribunes - c'est même quelques-unes de ses très rares apparitions - mais il ne s'en mêlait guère, ou alors de très loin, et certainement pas devant les caméras.

Une difficile succession


Comme tous les grands patrons à poigne, Pierre Fabre, qui n'avait pas d'enfants, a eu du mal à organiser sa succession. Même s'il en a réglé les détails en 2008, il était toujours le "vrai" patron, recrutant ses collaborateurs, avant de les jauger voire de les écarter. Jusqu'à aujourd'hui, il présidait encore le groupe et sa fondation. Après avoir recruté son neveu, Jacques Fabre, il avait finalement, en octobre 2012, débauché un cadre de chez Michelin, Didier Miraton.
Son fidèle lieutenant, Pierre-Yves Revol, qui présida le CO et la holding Sud Communication, est considéré par tous comme le fils spirituel de Pierre Fabre.













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