Tarn : le projet de barrage en zone humide à Sivens continue de mobiliser ses opposants

© Myriam Brisse / France 3 Midi-Pyrénées
© Myriam Brisse / France 3 Midi-Pyrénées

Une cinquantaine d'opposants au barrage dans une zone humide à Sivens dans le Tarn ont manifesté bruyamment devant le siège du Conseil général à Albi, avec le soutien de José Bové qui dénonce un "cadeau à l'agro-industrie" et aux producteurs de maïs.

Par VH avec AFP

Une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés dans un concert de casseroles et d'objets métalliques divers destiné à dénoncer le silence opposé selon eux par le Conseil général du Tarn à leurs objections sur le bien-fondé du barrage de Sivens.

Le barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée, dont le maître d'ouvrage est le département, doit être construit sur la zone humide du Testet qui abrite 94 espèces animales protégées, au pied de la forêt de Sivens, non loin de Gaillac, dans le nord-ouest du Tarn.

Le "Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet" dénonce le coût élevé de l'ouvrage, 8 M EUR d'investissements publics selon eux, et l'oppose au petit nombre de ses bénéficiaires : l'ouvrage, disent-ils, est "destiné à 70% à l'irrigation intensive d'une vingtaine d'irrigants".

Un dossier qui crispe


Début novembre, un arrêté préfectoral avait déclaré le projet d'intérêt général. En décembre, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté un recours du collectif contre cette décision. "Nous voulons protester contre le silence du conseil général et des pouvoirs publics", a dit Ben Lefetey, un porte-parole du collectif. Le département "a peur d'affronter nos arguments à travers un débat public".

L'eurodéputé écologiste José Bové a fait savoir dans un communiqué qu'il soutenait la manifestation.  "Ce barrage est un cadeau inacceptable" des pouvoirs publics "à l'agro-industrie".

Le soutien au lobby des maïsiculteurs ne peut être considéré comme une raison d'intérêt public supérieur justifiant de porter atteinte à une zone humide.


Le conseil général lui prône l'apaisement. "Je ne veux pas que les gens se disputent et qu'on en arrive aux mains", a déclaré son président PS Thierry Carcenac. "On n'est pas là pour saccager la faune et la flore" mais "il y a une décision de justice et on l'applique".

Depuis plusieurs semaines, la situation sur le site est tendue. D'autres opposants réunis dans un collectif "citoyen" de "résistance" tentent d'empêcher géomètres et naturalistes de faire leur travail et les gendarmes interviennent régulièrement. Les naturalistes avaient pour mission de délocaliser des espèces protégées pour leur sauver la vie avant les travaux de déboisement et de terrassement. La concession et la réalisation de l'ouvrage ont été confiées à la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne et les travaux sont prévus pour durer deux ans.

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