TEMOIGNAGES : multiplication de violences dans plusieurs quartiers de Castres dans le Tarn

Depuis mars, les violences urbaines se multiplient dans certains quartiers de Castres, dans le Tarn, dont celui de Laden Petit Train. Même si les habitants ne se sentent pas en insécurité, les syndicats de police réclament plus d’effectifs.

Cette photo a été prise en 2019, dans le quartier Aillot à Castres.
Cette photo a été prise en 2019, dans le quartier Aillot à Castres. © FTV

Les violences sont plus nombreuses dans certains quartiers de Castres, dans le Tarn. Dans la nuit du 26 avril dernier, dans le quartier de Laden Petit Train, situé au sud-ouest de la ville, des policiers et des pompiers avaient été pris à partie par une quinzaine d’individus.

André vient d’emménager, près de l’endroit de l’incident. « Il y a des violences, c’est sûr. Il y a des voitures et des containers brûlés pas très loin de chez moi », décrit-il.

Ce qu’il manque, c’est peut-être un médiateur. Ces jeunes ont besoin d’être écoutés.

André, nouveau résident du quartier.

Une habitante du quartier regrette la bonne ambiance qu’il y avait entre voisins, il y a des dizaines d’années, quand elle est arrivée. « On se retrouvait à plusieurs le soir, assis sur un banc et on discutait jusqu'à plus d’une heure du matin », se souvient-elle.
Elle raconte que l’ambiance du quartier de Laden Petit Train s’est dégradé au fil du temps, même si elle s’y est toujours sentie en sécurité.

Je me sens en sécurité ici car je ne me mêle pas des affaires des autres, je reste chez moi, je ne vois pas grand chose. Mais je ne sors pas le soir, jamais.

Un manque d’effectifs de police selon un syndicat

Le syndicat Alliance Police Nationale « constate l’augmentation de la fréquence de ces violences urbaines ». « Elles sont commises par plus d’individus et sont de plus en plus graves. Aujourd’hui, ce sont des lancés projectiles, des tirs de mortiers, même du combat physique : mes collègues prennent des coups de pied sur des interventions pourtant anodines. C’est inquiétant comme phénomène », rapporte David Leyraud, secrétaire adjoint en Occitanie d’Alliance Police Nationale.

Le syndicat pointe du doigt le manque d’une vingtaine de policiers pour renforcer les équipes sur le terrain et les services d’enquêtes et créer une brigade anti-criminalité (BAC). « L’unité de la BAC a du matériel adapté avec une formation adaptée. Ils travaillent en civil, ce qui peut aider à interpeller les individus », explique Patrick Batigne, secrétaire d’Alliance Police Nationale dans le Tarn.

Alliance Police Nationale réclame également des réponses pénales plus sévères concernant les actes d’incivilité. « Un individu a refusé un contrôle alors que les policiers dispersaient un groupe de jeunes qui ne respectaient pas le couvre-feu. Malgré ces violences, il n’a écopé que de peine avec sursis et d’une obligation à effectuer un stage de citoyenneté. Je ne crois pas que des délinquants du Tarn et de Castres vont être dissuadés à s’opposer aux forces de l’ordre », affirme David Leyraud.

Une augmentation générale des violences dans le département

« Depuis plusieurs mois, dans le département du Tarn, les violences sont plus nombreuses », constate David Leyraud. En janvier 2021, à Albi, les policiers avaient été visés par des tirs de mortier.

À Castres, malgré le manque d’effectifs, ces quartiers restent sous surveillance policière pour éviter tout autre débordement.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
police société sécurité violence faits divers jeunesse famille confinement santé covid-19 témoignage