Tourisme en Occitanie : après le déconfinement, les locations saisonnières rouvertes, mais pas trop

Elles étaient interdites depuis le confinement, mais depuis quelques jours les locations saisonnières touristiques sont à nouveau autorisées dans les départements d'Occitanie, sous conditions sanitaires strictes et dans des périmètres géographiques limités pour les locataires.

Chambre d'hôte. Illustration
Chambre d'hôte. Illustration © BELPRESS/MAXPPP
Interdites depuis le confinement pour éviter les déplacements massifs de population dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, les locations saisonnières à vocation touristique entrouvrent à nouveau précautionneusement leurs portes en Occitanie, entre restrictions imposées par les préfectures et mise en place de mesures sanitaires strictes.
   

Les hébergements collectifs toujours interdits dans l'Hérault


Depuis lundi, il est donc à nouveau possible de réserver un hébergement touristique dans notre région. Mais dans l'Hérault, par exemple, en sont exclus les auberges collectives, les villages vacances et les maisons familiales, selon un nouvel arrêté en vigueur depuis le 12 mai. 


Des vacanciers venus obligatoirement d'un périmètre proche


Pour les chambres d'hôtels, d'hôtes, gîtes et meublés à vocation touristique, les clients doivent avoir leur résidence principale dans le même département, ou ne pas dépasser la limite des 100 kilomètres autorisés. Et ce sera comme ça tant que le texte n'aura pas été abrogé et remplacé par un autre arrêté.

Dans la métropole de Montpellier, 7 hôtels ont ainsi rouvert leurs portes. Et il est à nouveau possible de réserver chez certains adhérents de la plateforme de location de l'office de tourisme de Montpellier. Mais pour cette semaine, faute de client ou de mise en place à temps du protocole sanitaire, tous demeurent fermés.
   

En Lozère, les hôtels réservés aux professionnels


Même chose en Lozère, à peu de choses près : les gîtes et meublés de tourisme sont réservés aux clients issus d'un rayon de 100 kilomètres. Les hôtels, eux, ne peuvent accueillir que des professionnels, pas des touristes. Et les contrôles sont réguliers. 


Limitation jusqu'à la fin de l'état d'urgence sanitaire


Les choses devraient rester en l'état jusqu'à la fin de l'état d'urgence sanitaire, fixée au 10 juillet, sauf contre ordre du gouvernement. De quoi tout de même laisser espérer un retour des touristes pour le pont de l'Ascension et le week-end prolongé de Pentecôte.
 
Georges Laffont, vice-président de la Fédération Nationale des Gîtes de France, président des Gîtes de France de l'Ariège et propriétaire à Montségur, veut y croire :
 

Compte tenu de la limite des 100 kilomètres, notre potentiel de clientèle est essentiellement toulousain. Mais on a cette demande de proximité d'une clientèle urbaine désireuse de s'aérer. Le château et le musée de Montségur rouvrent ce vendredi 15 mai, donc il y a de quoi s'occuper sur ce type de courts séjours.


Les activités restent toutefois limitées, compte tenu du maintien de la fermeture des grands sites et musées et du fait de l'annulation du trail des 3 Citadelles, manifestation sportive qui attire d'habitude beaucoup de monde au printemps, tout comme la montée à l'estive des troupeaux, qui a déjà eu lieu.
  

Pas de surcoût de désinfection pour les locataires ?


En tout cas, du côté des loueurs, tout est prêt pour accueillir les touristes. Aux Gîtes de France, le protocole sanitaire a été validé ce jeudi matin par les autorités et distribué aux 42.000 adhérents français. En Occitanie, qui regroupe 8.000 des 70.000 hébergements de la Fédération, consigne ferme a été donnée aux propriétaires pour que le surcoût du nettoyage et de la désinfection des logements (de 30 à 50 € par séjour pour un meublé de 4 personnes) ne soit pas répercuté sur les tarifs de location :
 

On ne va pas pénaliser des Français déjà fortement affectés financièrement par le confinement et qui font tout de même l'effort de partir en vacances.


Coussins, rideaux, livres : le maximum d'objets sera retiré. Les départs se feront à 9 heures au lieu de 10 heures et les arrivées à 18 heures au lieu de 16 heures. Objectif : réduire et simplifier le temps de désinfection/nettoyage pour que la vacance entre 2 locataires ne dépasse pas 24 heures. Et les petits déjeuners seront servis sans contact.


Des protocoles sanitaires stricts pour les locataires et les loueurs


Dans les Hautes-Pyrénées, la propriétaire d'un appartement à Cauterets a reçu peu ou prou les mêmes instructions de sa centrale de réservation :
 

Ce sera un peu moins rentable, mais pour nous c'est jouable, même avec la mise en place du vide sanitaire. Car la personne chargée du nettoyage nous a dit qu'elle n'interviendrait pas dans le logement avant 24 heures après le départ des derniers occupants, par sécurité. Nous allons aussi rajouter le passage d'une entreprise de désinfection entre chaque locataire.


La plateforme Airbnb a, elle aussi, émis des recommandations sanitaires auprès des propriétaires pour rassurer les loueurs.

Malgré ces précautions, et face à l'incertitude liée à l'évolution de la pandémie de COVID-19, elle a déjà dû faire face à des annulations pour le mois de juin, alors que les réservations avaient été faites depuis longtemps :
 

Il y a une incertitude sur le comportement des vacanciers aussi pour juillet/août.


Certaines plateformes, telles N'Py qui regroupe 8 stations d'altitude des Pyrénées, préconisent d'ailleurs de laisser aux clients la possibilité d'être remboursés et de pouvoir annuler sans frais jusqu'à 5 jours de la date prévue pour le séjour, en cas d'impératif lié à la crise du COVID-19.


Le tourisme vert dans le rouge cette année ?


L'horizon s'est toutefois éclairci ce jeudi 15 mai avec les déclarations d'Edouard Philippe. Le Premier Ministre a affirmé que les Français pourraient sans doute partir en vacances cet été, laissant planer l'espoir d'une levée de la restriction des 100 kilomètres. Un espoir que tempère Georges Laffont :
 

On pourra élargir, mais restera toujours la limite des départements rouges et verts et des hébergements collectifs : seront-ils toujours restreints à 10 personnes ? Et dire qu'en février, on était à + 20% de réservations par rapport à l'an passé ! On s'attendait à faire une très belle saison et aujourd'hui, on est à moins 40% !


Absence de clientèle étrangère


L'Ariégeois, vice-président de la Fédération Nationale des Gîtes de France, table sur des réservations qui devraient au final être en baisse de 40 à 60% pour 2020. D'autant que la clientèle étrangère, à l'instar des Belges d'ordinaire très présents et encore fortement touchés par le coronavirus, sera absente cette année.
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