Trèbes, un an après : “je sais que les mois à venir vont être des moments heureux, j’en suis convaincu”

Eric Ménassi, maire de Trèbes, nous raconte comment la ville s'est reconstruite après les terribles attentats - mars 2019 / © France 3 LR - F. Guibal
Eric Ménassi, maire de Trèbes, nous raconte comment la ville s'est reconstruite après les terribles attentats - mars 2019 / © France 3 LR - F. Guibal

Eric Ménassi est le maire de la commune de Trèbes, il a été le témoin de ce terrible attentat du Super U, puisque sa femme est la directrice du supermarché mais aussi un acteur majeur en tant que maire. Aujourd’hui, un an après, il décide de nous livrer son témoignage.
 

Par JM avec A.Grellier

Le matin du 23 mars, Eric Menassi, le maire de Trèbes, travaille dans son bureau. Sa femme, elle, est au Super U. C'est la directrice du magasin.

C’est le souvenir d’un coup de fil, celui de mon épouse aux alentours de 10h30 avec une voix terrifiée qui m’annonçait vient vite il y a un terroriste dans le magasin.
J’arrive là-bas, des gendarmes sont déjà sur les lieux, je vois des clients sortir du magasin, je cherche et j’attends avec impatience la sortie de mon épouse. J’essaye de rentrer dans le magasin et les gendarmes présents sur site m’en dissuadent. Ca va durer près de 5 ou 6 minutes.
J’ai eu très peur et le fait de la voir sortir saine et sauve du magasin, j’ai été très rassurée.


Le maire de Trèbes va ensuite assister au tragique dénouement en spectateur. Le terroriste a tué un client et un employé dans le magasin ainsi qu'un gendarme, le Lieutenant-Colonel Beltrame. Dans la soirée, l'institut médico-légal de Montpellier confirme l'identité des deux victimes civiles du supermarché : Hervé Sosna et Christian Medvès sont tous deux originaires de Trèbes. C’est au maire de Trèbes, Eric Menassi, d’annoncer la tragique nouvelle aux familles :

C’est moi qui dois officialiser le décès des victimes auprès des familles, et là vous êtes en veille d’une tristesse indéfinissable.


Pour le maire de Trèbes, la reconstruction de la population a été difficile mais elle s'est faite : 

Il y a eu dans le comportement de la population trébéenne une immense dignité, c’est ce que j’ai ressenti, nous aurions pu collectivement nous laisser aller à de la haine, à de la colère qui aurait été légitime.

Aujourd’hui je me sens très fier d’être le maire de Trèbes, d’avoir pu traverser ces moments aussi douloureux auprès de mes concitoyens. Et je sais que les mois, les années qui viennent vont être des moments heureux, j’en suis convaincu.



Le reportage de Alexandre Grellier et Frédéric Guibal 
 

 

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