VRAI ou FAUX. Régionales 2021 en Occitanie : trois informations qui ont animé le débat du premier tour

Le débat du premier tour des élections régionales a rassemblé 8 candidats têtes de liste sur les 9 en lice. Parmi les sujets débattus : la future autoroute Castres-Toulouse et les licenciements dans l'aéronautique. France 3 a vérifié et recontextualisé les affirmations des candidats.

Régionales 2021 en Occitanie : 8 candidats sur 9 ont participé au grand débat du premier tour - Jean-Paul Garraud (RN), Jean-Luc Davezac (Occitanie écologiste et citoyenne), Carole Delga (PS), Vincent Terrail-Novès (DVD/LREM), Antoine Maurice (EELV), Aurélien Pradié (LR-UDI-LC), Myriam Martin (LFI), Malena Adrada (LO) - 9 juin 2021.
Régionales 2021 en Occitanie : 8 candidats sur 9 ont participé au grand débat du premier tour - Jean-Paul Garraud (RN), Jean-Luc Davezac (Occitanie écologiste et citoyenne), Carole Delga (PS), Vincent Terrail-Novès (DVD/LREM), Antoine Maurice (EELV), Aurélien Pradié (LR-UDI-LC), Myriam Martin (LFI), Malena Adrada (LO) - 9 juin 2021. © FTV F.Costet.

Le grand débat du premier tour des élections régionales a été diffusé sur France 3 Occitanie mercredi 9 juin, en direct de Mirepoix, en Ariège. Pendant une heure et demie, chacun d'entre eux a pu défendre son programme. Des sujets délicats ont été abordés. France 3 a réécouté le discours de chaque candidat et a voulu vérifier certaines informations qu'ils apportaient aux téléspectateurs.

Autoroute Castres-Toulouse : "Elle va se faire"

La présidente sortante de la Région, Carole Delga (PS), a répondu aux questions de nos journalistes concernant le projet de la future autoroute A69 qui permettrait de relier Castres à Toulouse.

L’État a lancé l’appel à projets. Donc les entreprises ont déposé leur offre. […] Dans quelques semaines, le gouvernement va décider de l’entreprise qui va réaliser ces travaux. La Région Occitanie s’est engagée à verser 60 millions d’euros. Cette autoroute, elle va se faire. Donc, les candidats qui indiquent qu’elle ne se fera pas c’est mensonger.

Carole Delga, présidente sortante (PS). Liste ''L'Occitanie en commun"

Comme l'a précisé la candidate tête de liste du Parti Socialiste, la Région Occitanie n'est pas compétente pour les décisions concernant la construction d'infrastructures de transports. Elle est seulement chargée de leur gestion notamment en matière ferroviaire ou aérien. Le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse est porté par l'État. 

"La Région Occitanie accompagne le projet en raison notamment de son intérêt pour le désenclavement du sud du Tarn", précise le service de communication de la Région. 

Selon le cabinet du ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, le projet se compose de deux parties.

Le cabinet précise qu'une mise en concession, avec mise en concurrence est en cours. Une subvention a été calculée et est estimée à 228 millions d'euros, selon la Région Occitanie. Elle sera financée à 50% par l'État et 50% par les collectivités locales.
La Région s'engage à participer à hauteur de 59,5 millions d'euros, comme l'a précisé la candidate et présidente sortante. Le département du Tarn financera 31 millions d'euros et le département de Haute-Garonne 3,5 millions d'euros. 

"Le lauréat devrait être désigné dans les prochains mois pour une signature du contrat d’ici début 2022, permettant une mise en service de l'autoroute aujourd'hui envisagée en 2025", déclare le cabinet du ministre des Transports. 

Carole Delga a également exprimé sa volonté de créer une taxe sur les concessions autoroutières, "qui font des bénéficies énormes en utilisant le domaine public". Seul l'État a autorité sur la création de taxes sur ces sociétés privées.
Présidente de région, Carole Delga n'a et n'aurait donc aucun pouvoir en la matière. Peut-être a-t-elle voulu dire qu'elle soutenait cette proposition portée au plan national ?

"Derichebourg a licencié. Maintenant, ils veulent reprendre les licenciés avec un contrat très en dessous"

Pour illustrer les programmes politiques et la personnalité des candidats têtes de liste, France 3 a demandé à chacun d'entre eux de réaliser une vidéo en "selfie" (ndlr : vidéo prise en autoportrait avec un smartphone) sur le thème de leur choix, avec pour seule contrainte : ne pas dépasser 50 secondes. Malena Adrada, tête de liste Lutte Ouvrière, a choisi de dénoncer les licenciements opérés par le sous-traitant d'Airbus : Derichebourg.

Tout le monde ne jure que par l’aéronautique. Mais il y a quelques mois, j’ai discuté avec un ami qui travaille chez le sous-traitant d’Airbus : Derichebourg. Il m’a raconté que l’entreprise a licencié, baissé les salaires pour ceux qui restaient. Maintenant, ils veulent reprendre les licenciés avec un contrat très en dessous. Ça, ça me révolte! Ça illustre bien ce qu’est la société capitaliste et ça justifie entièrement l’engagement communiste et révolutionnaire.

Malena Adrada (LO). Liste "Faire entendre le camp des travailleurs"

Recontextualisons. En 2020, l'importante société sous-traitante d'Airbus, est en difficulté face à la crise sanitaire. Pour sauver l'emploi, un accord de performance collective est proposé aux 1.600 salariés de l'entreprise. Il prévoit la suppression d'acquis sociaux, notamment des indemnités de transport et de repas, et l'abandon du 13e mois pour les salariés qui gagnent plus de 2,5 fois le SMIC. Plus de 160 employés refusent de signer cet accord. Ils ont donc été licenciés.

La candidate tête de liste LO accuse l'entreprise de réembaucher des salariés licenciés avec un statut inférieur et un salaire plus bas. Selon un article paru le 8 juin dans la revue Révolution Permanante, plusieurs licenciés auraient réintégré la société mais en intérim. 

Nous avons cherché à verifier ces informations ce jeudi 10 juin. Selon une source proche du syndicat UNSA de Derichebourg, aucune personne licenciée n'a été réembauchée : "Le syndicat UNSA n'a pas eu connaissance de cela. Un prochain point sera fait à la fin du mois de juin et permettra peut-être d'identifier des personnes concernées". De son côté, la société Derichebourg Aeronautics, contactée par France 3, n'a pour l'instant pas répondu à nos sollicitations.

"LREM ne finance pas ma campagne"

Au cours du débat, Vincent Terrail-Novès a été interrogé sur le financement de sa campagne électorale. Le candidat, soutenu par La République en marche, a d'abord nié en bloc avoir reçu de l'argent de la part du mouvement macroniste. 

Je ne suis membre d’aucun parti. Je n’ai aucune carte. Je suis soutenu par la majorité présidentielle. LREM ne finance pas ma campagne.

Vincent Terrail-Novès (DVD/LREM). Liste "Nouvel élan pour l'Occitanie"

C'est seulement après plusieurs questions réitérées des journalistes que Vincent Terrail-Novès avoue à demi-mots qu'il reçoit de l'argent de "la majorité présidentielle".

Ma campagne est financée comme tous les autres candidats par des apports personnels, par des apports de candidats en partie et effectivement par une partie infime de financement… »

Vincent Terrail-Novès (DVD/LREM) Liste "Nouvel élan pour l'Occitanie"

L'actuel maire de Balma n'a jamais prononcé le nom du mouvement LREM mais a plutôt parlé de la "majorité présidentielle". Le candidat a-t-il voulu cacher ce financement ? Et si oui, pourquoi ?

Pourtant, la majorité des campagnes électorales sont en partie financées par les partis politiques, en toute légalité et transparence. Vincent Terrail-Novès veut-il éloigner son image de celle de La République en marche pour ne pas être directement associé au parti ? Une chose est certaine le candidat n'est pas membre du parti d'Emmanuel Macron. Mais il touchera tout de même une aide pour sa campagne électorale.

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