Cet article date de plus de 6 ans

Qui soutient qui en Ile-de-France pour la présidence de l'UMP ?

Jusqu'au samedi 29 novembre, les adhérents de l'UMP vont désigner le président de leur parti au cours d'un vote électronique. Les militants d' Ile-de-France représentent un peu moins d'un quart des votants. Le Maire, Sarkozy ou Mariton ? Vers qui vont les suffrages des élus franciliens ?
A vos codes, militants !

Les adhérents de l'UMP désignent jusqu'au 29 novembre 20 h leur président parmi trois candidats : Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton. Les militants franciliens représentent un peu moins d'un quart des votants. La fédération de Paris, celle des Hauts-de-Seine et des Yvelines comptent parmi les cinq plus grosses fédérations de l'UMP. Un corps électoral non négligeable. Même si le temps où les militants votaient comme leur chef de section le préconisait est révolu, les choix des différents cadres UMP de la région donnent néanmoins un élément d'indication. Etat des rapports de force de la région.

Sarkozy : le choix de l'appareil

En Ile-de-France, l'ancien président de la République a pu compter d'abord sur le soutien des troupes de "la Droite Forte", qui réclamaient son retour avant même qu'il l'annonce. Un fois celui-ci officialisé, aucune voix n'a manqué pour saluer la réapparition du chef. Du co-président de la Droite-Forte, conseiller régional,Geoffroy Didier, à la maire du XVII ème Brigitte Kuster en passant par le sénateur de Paris Pierre Charon.

A ces personnes se sont ajoutés des sarkozystes de longue haleine comme Roger Karoutchi ou de plus courte histoire comme Nathalie Kosciusko-Morizet. Ils sont venus renforcer au QG de campagne les petites mains de la droite forte. Frédéric Péchenard, conseiller de Paris est devenu le directeur de campagne. Hugues Anselin, qui était un des organisateurs de la campagne municipale de NKM à Paris, a été chargé de l'agenda des meetings. Et pour animer l'équipe des jeunes, on retrouve Stéphane Tiki, un proche de Rachida Dati.  

Nicolas Sarkozy a tenu son premier meeting de campagne en Ile-de-France à Vélizy, le 6 octobre.

(reportage de l'époque à revoir ci-dessous)

Meetong de Nicolas Sarkozy à Vélizy

L'occasion d'officialiser le ralliement de Valérie Pécresse, la patronne de l'UMP en Ile-de-France. Soutien de François Fillon, elle avait été jusque là plutôt prudente vis à vis du retour de l'ancien président de la République

Elle est également présidente de la fédération UMP des Yvelines. C'est un autre président de fédération, celle de Paris, la plus importante de France en nombre de militants, qui la rejoint peu après. Sur l'antenne de France3 Ile-de-France, Philippe Goujon se proclame "sarko-filloniste". Et toujours sur notre antenne, c'est le président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian qui apporte son soutien à son vieil ami de 40 ans malgré les désaccords récents.

Devedjian votera pour Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy peut également compter sur l'appui du président de la fédération de l'Essonne, Georges Tron.
En revanche, le fillonniste Philippe Dallier qui dirige l'UMP en Seine-Saint-Denis n'a pas exprimé de choix public, s'astreignant "à rester neutre en tant que président de fédération".

Les partisans de Xavier Bertrand dans la région ont également rallié Nicolas Sarkozy, le temps de cette élection. C'est le cas du député des Yvelines, David Douillet ou d'Alexandre Brugère, adjoint au maire d'Asnières. 

Bref, une large majorité de l'appareil UMP en Ile-de-France vote Nicolas Sarkozy. "C'est pour avoir la paix pour des investitures futures", persiflent les soutiens de Bruno Le Maire, ciblant par exemple Valérie Pécresse qui souhaite conduire la liste UMP aux régionales en Ile-de-France. "On n'a rien demandé", répondent en choeur les cadres franciliens du parti. 

Nicolas Sarkozy a tenu quatre meetings dans la région : Vélizy, Paris, Aulnay et Boulogne, sur ses anciennes terres électorales. Le candidat garde son image d'élu francilien pour ses partisans. "C'est l'image d'une fidélité en politique", explique Camille Bedin, élue d'opposition de Nanterre, et représentant la nouvelle génération alto-séquanaise. 

Il devrait réaliser un bon score en Ile-de-France, selon ses soutiens même les plus mesurés. "On a constaté beaucoup de nouvelles adhésions dans la région l'année dernière. C'est clairement pour voter pour lui", explique l'un d'entre eux. 


Le Maire : le choix des jeunes pousses

Dès son entrée en campagne en juin dernier, Bruno Le Maire a pu compter sur deux élus franciliens pour préparer le terrain dans la région: le député de Boulogne, Thierry Solère et la nouvelle maire du IX ème arrondissement Delphine Bürkli. 

Bruno Le Maire est conscient du poids électoral de la région. "Le vote des militants en Ile-de-France est très important. Et la difficulté est qu'il est géographiquement très éclaté", nous confiait-il en octobre. Du coup, il a ratissé la région. 23 déplacements en tout, soit un peu plus du quart de ses voyages. Un format de proximité. Une centaine de militants à qui il peut serrer la main individuellement flanqué de ses jeunes biomen au tee-shirts multicolores "Bruno c'est le renouveau". 

(Exemple type avce le meeting de Bruno Le Maire fin octobre à l'Hay-les-roses)

Bruno Le Maire en meeting à l'Hay-les-Roses


Un "renouveau" incarné par la liste des soutiens qu'il engrange en Ile-de-France. Franck Riester, député de Seine-et-Marne ou Sylvain Berrios du Val-de-Marne. Des élus encore jeunes en âge et en mandat. Et au cas où on aurait pas bien compris qu'il souhaite porter ce renouvellement, il obtient le renfort de Robin Réda, édile de Juvisy plus jeune maire de France aux dernières élections municipales. 

A son grand meeting parisien à la Mutualité, Bruno Le Maire apparaît encadré par Delphine Bürkli et Florence Berthout, maire du Vème arrondissement, les 2 héroïnes des municipales parisiennes. Pas des figures très connues. Mais puisque l'appareil le boude, il a beau jeu de montrer que le sang neuf est de son côté. 

Il est également rejoint par quelques fillonnistes de la région comme Jérome Chartier ou Jean-François Lamour qui lui déclare sa flamme sur notre antenne dans Samedi Politique. 

Lamour soutient Le Maire

La campagne de Bruno Le Maire a été marquée par le meeting de "Sens Commun", où devant une foule hostile, il a répété qu'il n'abrogerait pas la loi Taubira. Pour ses partisans, c'est le signe d'un homme courageux et de conviction. Voilà pour la forme. Sur le fond, s'il ne veut pas faire de cette position sociétale, le coeur de son programme, en Ile-de-France, considérée comme plus "gay friendly" que la moyenne hexagonale, ses soutiens
espèrent que celui puisse lui rapporter des suffrages au delà de la pose gaullienne de l'homme qui dit non à la "Manif pour Tous". 


De façon plus générale, les "lemairistes" franciliens estiment que le discours de renouveau peut bien passer auprès des jeunes actifs militants de la région.

Mariton: le choix des électrons libres et des opposants au mariage gay

Moqué tout au long de la campagne pour son manque d'impact, Hervé Mariton se sent pousser des petites ailes dans la dernière ligne droite. Il a publié une liste de soutien de parlementaires hier. Et les noms affichés ne sont pas ridicules. Spécialement en Ile-de-France. On y trouve Bernard Debré, Gilles Carrez, Philippe Houillon ou Alain Lamassoure. Pas tout à fait des jeunes premiers, pas des rigolos fantaisistes non plus. Bon il y a Jacques Myard aussi.


Des noms avec du poids politique  et une réputation de sérieux mais qui n'entraînent pas forcément derrière eux de nombreux militants. Pour les divisions et l'effet (relatif) de masse, le député de la Drôme peut compter sur les rangs du Parti Chrétien démocrate. A commencer par son président, Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines. Il y a également Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil. 

Hervé Mariton, lui veut abroger la loi Taubira. Il n'a pas besoin qu'on le pousse dans ses retranchements pour l'admettre. Ce serait même plutôt un étendard. Or, les opposants au mariage gay sont très bien implantés dans les Yvelines qui, on l'a vu, est une des plus grosses fédérations UMP de France. 

Difficile d'estimer le poids électoral au sein de l'UMP des "Manifs pour tous". Mais Franck Margain, le candidat du PCD au primaire pour désigner le candidat de droite à la mairie de Paris avait obtenu un peu plus de 10% des voix

Par manque de moyens, Hervé Mariton n'a pas fait beaucoup de déplacements en Ile-de-France. Ce n'est pas forcément là qu'il attend ses meilleurs scores. Mais il sait que s'il crée une petite surprise, le vote francilien aura accompagné celle-ci. 

Fin du suspens. Samedi vers 20h30. Mais on ne devrait pas normalement connaître l'origine des votes et leur répartition géographique. L'Ile-de-France gardera ses secrets... ou pas. 


























































Le Maire : le choix des électrons libres

En lançant sa campagne en juillet dernier, Bruno Le Maire pouvait compter sur le soutien de deux élus. Delphine Bürkli, maire du 9 ème arrondissement et Thierry Solère qui avait d'ailleurs quasiment annoncé la candidature de Le Maire sur notre antenne.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique