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Gay Games : et maintenant Hong Kong 2022 après Paris 2018

Les Gay Games à Hong Kong sont d'abord ceux d'une "divercity". / © X Collombier / France 3
Les Gay Games à Hong Kong sont d'abord ceux d'une "divercity". / © X Collombier / France 3

La délégation de Hong Kong est à Paris pour tirer les enseignements des 10 èmes Gay Games. La sécurité, le travail des bénévoles sont salués par les prochains organisateurs en 2022. Communication et cérémonie d'ouverture ont fait pchitt.

Par Xavier Collombier

"Divercity" Ils sont partout ces t-shirts sur les Gay Games à Paris. Promotion de la ville lumière ? Non. Hong Kong, 4 ans avant les premiers jeux de la diversité sur le continent asiatique, a déjà engagé la bataille de l'image et de la communication. La délégation chinoise est venue en force dans la capitale française. Une trentaine de personnes, deux cameramen, une communication assurée -gratuitement pro bono- par l'une des premières agences mondiales Ogilvy & Mather Worldwide.
Coucher de soleil pour les Gay Games à Paris, Hong kong prend le relais dans 4 ans. / © Philip FONG / AFP
Coucher de soleil pour les Gay Games à Paris, Hong kong prend le relais dans 4 ans. / © Philip FONG / AFP

Sur les réseaux sociaux, à commencer par le premier Facebook, Hong Kong compte déjà 52 000 fans 4 ans avant l'allumage de la flamme. Paris sur sa page en compte 26 000 à la clôture des Gay Games. Une présence remarquable et remarquée. L'association internationale des Gay Games (Federation of Gay Games) aurait demandé, selon des sources proches, de calmer les Chinois. "La délégation d'Asie est venue avec toute la force de son enthousiasme à #Paris2018 pour les 10 èmes Gay Games" pouvait on lire dans le post de la délégation de Hong Kong au moment de la cérémonie d'ouverture au stade Jean Bouin accompagnant la vidéo. 

Ce qui m'a impressionné le plus, à Paris, c'est la sécurité. Participer à un événement comme celui là ce n'est pas évident après ce qui s'est passé à Paris

nous confie Betty Grisoni, la responsable marketing, au sein de la délégation hongkongaise, dans un accent mélangé de sa Corse natale avec l'anglais de la presqu'île chinoise.
La gestion de la foule avec des forces de l'ordre toujours présentes, prévenantes et efficaces aura rassuré tous les participants encore traumatisés non seulement par les attentats de novembre 2015 à Paris mais aussi par ceux du Pulse à Orlando, où 49 victimes ont été prises pour cible car LGBT+.
Communication à géométrie variable


À Paris, aux dires de beaucoup, notamment des délégations, le marketing, la communication et souvent l'organisation même pour de nombreuses délégations n'ont pas été à la hauteur de l'enjeu. La cérémonie d'ouverture a pâti des discours à rallonge. Même le smoking et la marinière Gaultier auraient fait flop. "Nous avons attendu plusieurs heures en plein cagnard sur l'esplanade de Jean Bouin sans manger - beaucoup de buvettes n'ont jamais ouvert- difficle même de pouvoir s'hydrater en pleine canicule avant un spectacle de belle facture mais long : 3h40", pouvait on entendre dans les estaminets proche de l'Hotel de ville, le village des Gay Games, au lendemain de la cérémonie d'ouverture. "L'ambiance est bonne bien sûr, nous savons pourquoi nous sommes ici et nous soutenons le mouvement. Nous sommes également heureux de cet événement en France, à Paris. Nous sommes simplement désolés de l'image donnée," continuaient des joueurs de sports collectifs.



Revivez l'intégralité et exclusivité de la cérémonie d'ouverture des Gay Games sur YouTube

 
Côté sport, tous, chinois en tête, saluent le travail de la municipalité et la mise à disposition par la ville de ses structures sportives. Mais de nombreuses associations se sont plaintes du manque d'appui.
Au final, les compétitions sportives se sont bien passées. C'est le cas du golf, au prestigieux Racing club de France à la Boulie dans les Yvelines, une réussite totale saluée par toutes les délégations.
Christine Lebon l'organisatrice des épreuves de golf des Gay Games à la Boulie avec son association Golf Friendly / © Isabelle De KocK / Golf Friendly
Christine Lebon l'organisatrice des épreuves de golf des Gay Games à la Boulie avec son association Golf Friendly / © Isabelle De KocK / Golf Friendly

Hong Kong veut en finir avec la diversité à géométrie variable

La délégation du territoire chinois "indépendant" est à Paris pour apprendre. Hong Kong a été préféré, par la "Federation of Gay Games", à Washington DC, la Capitale fédérale des Etats-Unis et Guadalajara, la capitale historique du Mexique. Ce qui a fait la différence ? Sans aucun doute, l'ouverture à l'Asie avec une candidature soutenue par un continent tout entier. 
La délégation de Hong Kong 2022 est venue en force aux Gay Games Paris 2018. / © X Collombier / France 3
La délégation de Hong Kong 2022 est venue en force aux Gay Games Paris 2018. / © X Collombier / France 3

À Hong kong en 2022, les Gay Games seront d'abord ceux de toutes les diversités au sein de la communauté LGBT+ en Asie : 

L'Asie depuis 10, 20 ans se réveille. Nous vivons aujourd'hui des libérations qui ont eu lieu ailleurs il y a 10 ou 20 ans. Avoir des jeux comme les Gay Games présente la communauté LGBT+ de manière positive, dans le sport comme dans la vie .

nous explique avec enthousiasme Betty Grisoni,  "Les Gay Games nous représentent dans autre chose que la politique ou la fête. La communauté LGBT+ est diverse, nous sommes des hommes, des femmes, des trans, des non-binaires, des gens qui aiment la vie comme tout le monde". 
Hong Kong n'entend pas cacher le mot Gay, choisi à San Francisco en 1982 par le créateur des jeux de la diversité Tom Wadell. La diversité au sein même des LGBT+ devrait être valorisée beaucoup plus qu'à Paris. Toutes les couleurs de ce qu'est vraiment le mouvement Gay aujourd'hui en Asie -comme partout dans le monde- auront vraiment leur place. Un retour aux fondamentaux et à l'esprit même du début du mouvement de libération homosexuelle, En 1969 à Stonewall. Ces "queers" qui avaient mis le feu aux poudres en refusant les ratonnades de la police New-Yorkaise dans les quelques bars qui les toléraient au sein du Guetto New-Yorkais. Celles là n'avaient rien d'hommes blancs politiquement correct. Elles étaient folles, noires et scandaleuses. Libres.
 
Un esprit similaire aura au final soufflé place de l'Hôtel de ville à la clôture des 10èmes Gay Games à Paris. L'esprit libertaire parisien a eu raison de tous les couacs. Jean-Philippe Franqueville a offert un spectacle qui aurait fait hurler Mistinguette d'un "ça c'est Paris, ça c'est Paris" en descendant l'escalier du Casino de Paris. Enjoué(e), transgressiv(e), folle et queer, l''espace d'un moment Paris était une fête, une ville d'égalité et de partage avec un supplément de paillettes et de rimmel qui font voir " la vie, en rose, la vie en rose". 




 

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