A Paris, le ramassage des poubelles au ralenti avec la grève des éboueurs et dans les centres de déchets

La réforme des retraites prévoit de supprimer la reconnaissance de la pénibilité des éboueurs, dont l'espérance de vie est réduite de sept ans par rapport à la moyenne nationale. Alors que la grève se poursuit, les conséquences étaient visibles dans les rues ce lundi.
Des poubelles pleines à ras bord à Paris, le 17 janvier 2019 (illustration).
Des poubelles pleines à ras bord à Paris, le 17 janvier 2019 (illustration). © IP3 PRESS/MAXPPP
Poubelles remplies à ras bord, odeurs de détritus, cartons entassés sur les trottoirs… La grève dans la filière du traitement des déchets continue en région parisienne, avec des conséquences sur le ramassage des poubelles dans le IXe, le VIe, le Ve, le XIIIe, le XIVe, le XVIe, ou encore le XVIIe arrondissement. "On garde une partie de nos déchets au sous-sol parce que ça déborde déjà dehors, explique par exemple Léon Castro, employé dans un restaurant du IXe arrondissement. Il ne faut pas que la grève continue plus longtemps, sinon ça va être compliqué."

Laurent Zhang, restaurateur lui aussi, déplore également "les odeurs", alors que Philippe, un autre professionnel, doit faire face aux "rats et souris", attirés par les déchets alimentaires.

Les salariés en grève depuis dix jours et six des sept fours à l'arrêt

En Île-de-France, les éboueurs et agents publics chargés du ramassage et du traitement des ordures ménagères sont en grève depuis dix jours et six des sept fours qui permettent habituellement de brûler les déchets sont à l'arrêt, selon le Syctom (Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères), qui gère ceux de six millions de Franciliens. Seul celui de Saint-Ouen fonctionne au ralenti, traitant environ 500 tonnes chaque jour, toujours selon l'organisme. Le préfet de police de Paris avait réquisitionné vendredi des personnels dans les unités d'incinération, qui emploient entre 300 et 350 personnes au total, pour "permettre le retour à un fonctionnement minimal", mais le Syctom reconnaît que la situation devient critique.

Une espérance de vie réduite de sept ans par rapport à la moyenne nationale

La CGT Energie avait voté jeudi dernier l'arrêt des trois unités d'incinérations de Saint-Ouen, Issy-Les-Moulineaux et Ivry-sur-Seine, qui traitent 6 000 tonnes de déchets par jour. Lundi, "66 %" des employés du site d'Ivry, étaient en grève et des assemblées générales du personnel devaient se tenir partout dans l'après-midi pour voter son éventuelle reconduction, d’après Julien Lambert, de la fédération CGT Mines et Energie. D’après lui, la grève a non seulement provoqué "l'accumulation des déchets" dans la capitale et les communes environnantes mais également entraîné "l'arrêt de la production d'énergie verte pour la compagnie parisienne de chauffage qui permet de chauffer 300 000 logements quotidiennement". La production quotidienne de "250 mégawatts d'électricité pour EDF a également cessé depuis le 5 décembre". Les éboueurs ont une espérance de vie réduite de sept ans par rapport à la moyenne nationale. Le projet de réforme des retraites du gouvernement prévoit pourtant de supprimer la reconnaissance de la pénibilité de leur métier, qui leur permet actuellement de prendre leur retraite anticipée, selon Natacha Pommet, secrétaire générale de la fédération CGT des services publics.
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