Trottinettes électriques : au lieu de sanctionner, faudrait-il au contraire promouvoir l’usage des appareils à Paris ?

Trottinettes mal garées, non-respect du code de la route, accidents… Les polémiques se multiplient depuis un an en région parisienne (illustration). / © PHILIPPE LOPEZ / AFP
Trottinettes mal garées, non-respect du code de la route, accidents… Les polémiques se multiplient depuis un an en région parisienne (illustration). / © PHILIPPE LOPEZ / AFP

Pour éviter les accidents et les incivilités, faut-il obligatoirement passer par des sanctions et des amendes ? Certaines communes françaises ont décidé au contraire d’encadrer l’usage des trottinettes en subventionnant l’achat des engins. Un dispositif inexistant à Paris.

Par France 3 Paris IDF

Quand on parle de trottinettes électriques en région parisienne, difficile de passer à côté des quelques accidents, parfois mortels, et des nombreuses incivilités perçues par les riverains. Encore ce weekend, l’utilisateur d’un engin – au guidon de son appareil à proximité sur l'A86 de Vélizy-Villacoublay – mourrait, percuté par un motard.
Et alors que le ministère des Transports reçoit ce lundi des victimes d'accidents de trottinettes électriques, évoquant une « anarchie urbaine », la réponse proposée aux polémiques reste souvent centrée sur la mise en place de règles, de sanctions et d’amendes. Si un cadre légal doit bientôt être fixé via l'adoption de la future loi d'orientation des mobilités (LOM), plusieurs communes franciliennes ont par exemple déjà décidé purement et simplement d’interdire le mode de transport.

Une aide à l’achat de la trottinette, contre la signature d’une charte de bonnes pratiques

Loin de l’Île-de-France, d’autres dispositifs bien différents sont testés. A Marcq-en-Barœul, dans le Nord, la Ville a bien au contraire décidé de promouvoir l’usage des trottinettes électriques, via une subvention à l’achat. Le coup de pouce s’élève à 25 % du prix de l’engin, ce qui peut représenter près de 100 euros pour un appareil vendu par exemple à 400 euros.
L’idée du maire de cette commune située près de Lille, Bernard Gérard (LR), reste la même qu’ailleurs : encadrer l’utilisation des engins, face à un cadre juridique encore floue. « Qu’est-ce qui est un frein aujourd’hui à l’usage des transports en commun ? C’est peut-être le manque de solution pour rejoindre ces transports, explique l'édile. Donc ces vélos électriques, ces trottinettes électriques sont une source formidable de désengorgement de la circulation dans une ville. »

Des aides adaptées au marché parisien ?

Pour obtenir la subvention, mise en place depuis le 1er mai, l’acheteur doit s’engager à respecter une série de « bonnes pratiques ». Mettre un casque, un gilet jaune ou orange, ne pas rouler sur les trottoirs, s’arrêter au feu rouge… Une charte doit à chaque fois être impérativement signée.

A Paris, où l’on comptait il y a encore peu plus d’une dizaine d’opérateurs et d’applications, le marché du free floating est certes bien plus agité et le sujet est autrement plus sensible politiquement. Mais si les élus menacent régulièrement de multiplier les opérations de mise en fourrière, et que le stationnement sur le trottoir et la chaussée est désormais officiellement verbalisé, aucun dispositif similaire à l’exemple de Marcq-en-Barœul n’existe.
La Ville a ceci dit déjà tenté l’autorégulation, via notamment une « charte de bonne conduite » auprès des opérateurs. A noter par ailleurs que des subventions existent, mais pour les vélos électriques : l’aide peut même atteindre 400 euros selon les engins.
Trottinettes électriques : plus de réglementation demandée par les victimes d’accidents
Un reportage de Louise KHLETI et Denis TANCHEREAU. Intervenants : Jean-René Albertin, Président de l'association APACAUVI // Arnaud Kielbaza, Vice-président de l'association APACAUVI // Thierry Vallat, Avocat au barreau de Paris.

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