Quels entraîneurs de foot sont les candidats à la primaire de la droite pour 2017 ?

Laurent Blanc et Nicolas Sarkozy, au Parc des Princes, en 2013. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN
Laurent Blanc et Nicolas Sarkozy, au Parc des Princes, en 2013. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

On ne compte plus les candidats à la primaire LR pour 2017. Il y a de quoi faire une équipe de foot. Pourtant c'est le poste d'entraîneur qu'ils visent tous. Quel type de coach seront-ils éventuellement à l'Elysée ? Voilà l'album panini de la primaire. 

Par Daic Audouit

La vanne autoréalisatrice. Le PS en rêvait, la droite l'a fait. Ils sont onze candidats déclarés plus deux probables à la primaire pour 2017. "L'équipe de foot", tant moquée est au complet. Il y a même les remplaçants.  Mais c'est le poste d'entraîneur qu'ils visent tous. Le coaching de la France. Qui s'assiéra, peut-être, sur les bancs de l'Elysée ? Revue d'effectif avant le grand mercato de 2017

Nicolas Sarkozy est Laurent Blanc

© Afp
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La comparaison est évidente. Le surnom de Laurent Blanc était "le Président". Nicolas Sarkozy ne manque aucun match au Parc des Princes. Ils ont un palmarès bien rempli. Une Coupe du Monde valant bien une élection à l'Elysée. Bien sûr ce n'est pas le même physique ni le même caractère. Et si l'un abuse du chocolat, l'autre ne sort jamais sans sa sucette. 

Mais pour chacun, on a des doutes sur leur autorité auprès de  leurs troupes. Et les élus LR n'ont pas besoin de Periscope pour balancer. Ils ont les chaînes info et le "Canard Enchaîné". Pour un peu, ils vont refuser de monter dans le bus du Sarkotour 2017. Là, ça deviendrait du sérieux. On flirterait avec Raymond Domenech. 

François Fillon est Carlo Ancelotti

© AFP
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Un flegme de gentlemen des gazons. Pas le genre à balancer des bouteilles d'eaux minérales sur tout ce qui bouge. La mèche toujours bien peignée en conférence de presse. Don Carlo a rarement été l'entraîneur de clubs en faillite contrairement à l'ancien premier ministre, mais ils ont un cv également bien étoffé. Mais il manque la dernière marche pour accéder au top du top.  

Carlo Ancelotti a la réputation d'être bien aimé de ses joueurs et les chouchouter. Pas vraiment celle de Fillon. Promis pour cette campagne de la primaire, il regardera plus souvent le répertoire de son smartphone. Voire même il pourrait appuyer dessus. Au style britanique, François Fillon devra préférer l'élégance à l'italienne. Ancelotti pourrait l'y aider. Lui, il connait son avenir. Ce sera le Bayern de Munich. 

Alain Juppé est Guus Hiddink

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Comme Alain Juppé avec son parti, Guus Hiddink multiplie les allers-retours à Chelsea. En pompier de service pour la dernière en date. Toute ressemblance avec un candidat de 70 ans qui aurait profité d'une crise interne pour faire son retour au premier plan serait purement fortuite. La carrière du Hollandais volant (en miles) sélectionneur d'équipes nationales de tous les continents ressemble à un plan de vol de ministre des Affaires-Etrangères.

Des hauts (Corée 2002, Matignon 95) et des bas (Turquie 2010, Legislatives 2007),  qui font d'une vie des montagnes russes ou des collines quebecquoises. Guus Hiddinck traîne lui aussi sa petite réputation sulfureuse. Les rumeurs de dopage autour des équipes qu'il a entraîné. Son affaire d'emploi fictif à lui. Hiddinck sait qu'il est en interim à Londres. Juppé vise lui le CDD de 5 ans. Et ceux qui n'ont pas encore abandonné la lecture de cet article noteront que c'est le PSG qui a éliminé Chelsea en Ligue des Champions. Mais le foot ce n'est pas la vraie vie. 

Jean-François Copé est José Mourinho

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"Un chef doit savoir cheffer" dixit Jean-François Copé. Comparer le "Mou" avec le "Dur", l'exercice peut sembler osé. Mais à y regarder hyper cohérent. L'ancien président de l'UMP a sans doute beaucoup de défauts mais pas celui de se défiler. L'entraîneur portugais multiplie les provocations en conférence de presse. Il explique que c'est pour mettre toute la pression sur sa personne et en libérer les joueurs.

Une tactique que ne désavouerait pas JFC. L'un est aujourd'hui sans club, décontracté du banc. L'autre, ne voyant rien venir, a monté sa propre équipe et joue en CFA, attendant un miracle type Coupe de France. Que le Petit Poucet élimine les ténors de la Ligue 1. Mais le foot ce n' est pas la vraie vie (bis)

Bruno Le Maire est Arsène Wenger

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Bruno, si vous lisez ses lignes, vous n'allez pas être content. Vous comparer, vous l'homme du renouveau, à Arsène Wenger, 20 ans de maison à Arsenal. Mais vous admettrez qu'il y a un petit quelquechose physiquement. Silhouette mince, une apparence de  solidité. Et puis Wenger est réputé pour donner sa chance aux jeunes afin de ne pas faire de folies financières. Il a résorbé le déficit du club comme vous proposez de le faire pour le pays.

Bon en même temps, il a gagné moins de titre en n'étant plus dans le rouge. Et puis il cumule un peu les postes d'entraîneur et de manager. Mais il parle l'allemand ce qui a été décisif dans le recrutement d'Özil. Petit bémol. Arsène Wenger est le consultant sportif le plus chiant de la planète. Il n'a pas pris de cours avec Alain Sachs, lui, et ne regarde pas en boucle les discours de Mélenchon. Vous voilà rassuré sur la pertinence du parrallèle ? 

NKM est Pascal Dupraz

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Bon là, vous allez devoir faire des efforts d'imagination. La convention théâtrale, ce n'est pas fait pour les chiens. Fermez les yeux ou mettez une perruque à l'entraîneur de Toulouse. Débrouillez-vous. Mais écoutez. Ca parle couille et ça parle dru. Et ça canarde dans tous les sens le samedi soir.

Comme chez NKM, il y a un peu de cul. "Personnellement, prendre des fessées, ça ne me plaît pas trop. Il y a des boîtes spécialisées pour ça et je n’y vais pas" (Dupraz, août 2014). Et les clashs avec les autres entraîneurs de Ligue 1 se comptent par légion. Il éprouve une forte inimitié pour Hervé Renard (voir plus bas dans l'article). 

NKM aura-t-elle les vingt parrainages ? Pourquoi pas ? Pascal Dupraz pense bien pouvoir sauver Toulouse de la rélégation

Nadine Morano est Willy Sagnol

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Willy Sagnol n'a jamais affirmé que "le foot était un sport de race blanche". Mais il a eu son dérapage moranesque avec "son fameux joueur africain typique" et son désir "de nordiques" dans le football français. On ne sait pas ce que Nadine Morano pense des qualités footballistiques du joueur syrien, mais elle craint une immigration massive dans notre pays et pas seulement en Ligue 1. Et elle souhaitait exclure Benzema de l'équipe de France parce qu'il aurait craché pendant " La Marseillaise".

Willy Sagnol était surnommé "Dieu des centres". La député européenne vise plutôt le paradis de la droite à droite. Nadine Morano, joueuse de couloir, tout près des lignes blanches ou jaunes. "Je m'adresse aux supporters qui en ont ras-le bol", pourrait-elle déclarer. 

Frédéric Lefevbre est Jürgen Klopp

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Jürgen Klopp se définit lui-même "comme un romantique du football". En même temps dans cet univers de robots aseptisés, être mal rasé et un peu chevelu suffit à vous ranger du côté des héritiers de Lamartine.

J'ignore si l'entraîneur de Liverpool aime Victor Hugo Boss ou Calvin Kleist mais quelqu'un qui a déclaré "qu' il préfère frapper cinq fois sur la barre que rester quatre fois devant la surface sans frapper au but" ne peut être complètement mauvais. L'attaque universelle vaut bien le revenu du même nom prôné par Frédéric Lefevbre qui a gagné en sympathie ce qu'il perdait en puissance. 

Jean-Frédéric Poisson est Jorge Jesus

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Jorge Jesus n'entraîne pas le Paradis FC mais le Sporting Lisbonne.  Son patronyme ne peut laisser insensible Jean-Frédéric Poisson, président du parti chrétien démocrate. Il n'aura pas besoin de multiplier les parrainages, étant qualifié d'office pour la compétition. A croire que c'est lui qui l'organise. La vraie vie ce n'est pas comme le foot. 

Hervé Mariton est Leonid Sloutski

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Vous l'avez compris, cet article touche à sa fin et on rame un peu. Mais Hervé Mariton clame partout son amour de la Russie et son passé de dissident juvénile. Allons donc chercher l'entraîneur de la Russie Léonid Sloutski.  Un doux prénom qui rappellera à Hervé Mariton la tendresse de ses jeunes années. Après, je connais pas les convictions ce bon Léonid sur le mariage gay ou  l'utilité du Conseil économique et social. On va dire qu'à ce poste il ne peut-être un anti-Poutine et qu'il pense donc "que le CESE n'est absolument pas dans la tradition du peuple russe".

Geoffroy Didier est Hervé Renard

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On l'avoue. On cède à la facilité du physique. Crinière léonine et allure de beau gosse partagées.Hervé Renard dirige sans doute le Maroc d'une forte droite et Geoffroy Didier rêve peut-être d'un maroquin. Tous les deux ont fait leurs classes à l'étranger. Didier, aux Etats-Unis, Renard en Afrique. La blancheur des chemises est-elle le symbole du renouveau ? "Il ne faut pas juger les gens sur leur physique", répond Hervé Renard à "Libération".

Jacques Myard est David Le Frapper

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David Le Frapper c'est l'ancien entraîneur de Valenciennes qui a écopé de deux matchs de suspension pour propos sexistes. Il s'en était pris à une femme arbitre. "Quand on est une femme et qu'on arbitre un sport d'hommes, c'est compliqué", avait-il déclaré à l'issue d'un match dont il contestait les décisions. Toute ressemblance avec le maire de Maisons-Lafitte est bonne à prendre. La réputation de misogynie du dernier candidat à la primaire en date n'est plus à faire. 

Mais si Le Frapper s'est fait virer du VA-FC, c'est qu'il n'avait pas le diplôme requis. Aux dernières nouvelles, Jacques Myard est bien député des Yvelines depuis 1993.

Michèle Alliot-Marie est Corinne Diacre

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Ce sont deux pionnières. Corinne Diacre est la première femme à avoir obtenu un diplôme d'entraîneur en France. Michèle Alliot-Marie, possible candidate, est la première femme à avoir dirigé un grand parti, à avoir été ministre de la Défense, de l'Intérieur ou des Affaires étrangères. N'en jetez plus c'est Jeanne "toute première fois" MAM. 


Mais Corinne Diacre est en ligue 2. L'équivalent du parlement européen pour un politique français. Et si Clermont espère encore monter en première division, Michèle Alliot-Marie ne peut guère viser que la présidence de l'Assemblée nationale. Alors, ce n'est plus un job d'entraîneur mais d'arbitre. 

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