Avec la gratuité le week-end, Nantes rejoint la trentaine de villes françaises où les transports urbains sont gratuits

A partir de ce samedi 24 avril, les transports en commun deviennent gratuits le week-end dans la métropole nantaise. Une mesure visant à favoriser les modes de déplacement doux déjà appliquée dans une trentaine de villes en France.

A Nantes, les transports en commun deviennent gratuits le week-end à partir du 24 avril.
A Nantes, les transports en commun deviennent gratuits le week-end à partir du 24 avril. © Eléonore Duplay / France Télévisions

C’était une promesse de campagne de la maire Johanna Rolland. La gratuité des transports en commun de la métropole de Nantes le week-end entre en vigueur ce samedi 24 avril. Une mesure valable pour tous, habitants de l’agglomération ou non, sur l’ensemble du réseau des transports publics nantais (Tan). Nantes rejoint ainsi la trentaine de villes en France où prendre le bus et le tram ne coûte rien.

Un modèle de gratuité en plein essor

Selon l’observatoire des villes du transport gratuit, 35 communes ont déjà instauré cette mesure. Parmi les plus grandes villes, on retrouve Dunkerque (Nord), ville pionnière, qui avait appliqué cette mesure le week-end dès 2015 avant d'étendre la gratuité toute la semaine, trois ans plus tard. En septembre 2020, Montpellier (Hérault) devient la plus grande ville à mettre en place la gratuité des transports le week-end. En trois mois, les services de la ville avaient constaté un rebond de la fréquentation du tramway le week-end et la création de 54 400 pass week-ends.

La ville de Nancy (Meurthe-et-Moselle), qui expérimente également la gratuité le week-end, constate notamment 10 à 15 % de fréquentation supplémentaire sur sa ligne de bus principale le samedi et 25 % le dimanche.

Et dans les autres villes de l'Ouest ?

Cette mesure est par ailleurs déjà expérimentée à Laval (Mayenne), où il est possible de voyager gratuitement tous les week-ends et les jours fériés sur l'ensemble du réseau TUL depuis le 2 janvier 2021. A La Roche-Sur-Yon (Vendée), les usagers peuvent également emprunter les transports en commun gratuitement depuis septembre 2019. Mais "la différence essentielle avec La-Roche-sur-Yon et Laval, c’est la taille de la ville, la dimension et le coût des transports publics", selon Pascal Bolo, adjoint à la mairie de Nantes. Ces deux villes ne comptent pas autant d'usagers, ni certains types de transport comme les tramways, qui nécessitent plus d'investissements.

Dans la commune de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique), les 15 000 habitants peuvent emprunter gratuitement la navette Brévibus tous les jours de la semaine, y compris le dimanche, depuis 2008. Elle accueille plus de 30 000 passagers chaque année. 

Chez nos voisins bretons, les villes de Vitré, Dinard, Dinan et Carhaix-Plouguer ont également mis en place la gratuité totale de leurs transports en communs. 

Une gratuité qui a un prix

Pour la métropole de Nantes, la mesure de gratuité représente une dépense supplémentaire de 5 millions d’euros pour l’année 2021. Elle coûtera ensuite 10 millions d’euros par an, dont 6 millions d’euros de perte de recettes et 3,45 millions d’euros de frais de fonctionnement (enveloppe kilométrique, frais de personnel, coûts de maintenance et commerciaux, etc.)

Pour le moment, la cadence des bus et trams n’a pas été revue à la hausse. Car avec la crise sanitaire, la fréquentation a drastiquement chuté, passant de 75 % à 45 %. Mais l’offre de transports sera renforcée dès septembre 2021 puis décembre 2021, affirme Olivier Le Grontec, directeur général de la Semitan. “Avec la gratuité, nous allons améliorer l’attractivité et inciter à l’usage des transports publics. Il nous faudra donc une offre suffisante pour absorber l’augmentation de la fréquentation.”

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