«Le confinement permet de chercher de nouveaux horizons, de s’affranchir des limites» pour Milane Cathala Difabrizio

Dans le magazine de la création artOtech, nous laissons carte blanche à des artistes pour chorégraphier un lieu. Milane Cathala Difabrizio improvise dans les vignes de Rablay-sur Layon
 

© Anaïs Crousson - artOtech
Dans l'épisode d'artOtech consacré à l’auteur de bande dessinée Etienne Davodeau nous avons demandé à Milane Cathala Difabrizio d’improviser une chorégraphie dans les vignes de Richard Leroy co-auteur avec Etienne du best-seller « Les ignorants »

 
la danseuse Milane Cathala Difabrizio chorégraphie les vignes de Rablay sur Layon

 

Ce jour-là, nous tournions artOtech dans le vignoble d’Anjou-Saumur

Le soleil se levait à peine et éclairait la vigne d’une brume que connaissent bien les vignes  de Rablay-sur-Layon. Dans un froid glacial, promesse d’une belle journée de soleil et de rencontre, nous avions rendez-vous ce matin très tôt avec Richard Leroy sur ses terres.
Ce vigneron est considéré comme l’un des maîtres de l’agriculture biodynamique. Il réalise un des meilleurs vins blancs au monde et a connu une célébrité à laquelle il ne s’attendait pas en coécrivant avec Etienne Davodeau, voisin de village, le  best-seller « Les ignorants »
L’équipe et moi étions accompagnés pour filmer cette séquence d’entretien entre les deux amis, d’une jeune danseuse du Centre National de la danse d’Angers.

Dans une camionnette de service, en attendant la mise en place de l’équipe, j’écoutais Milane de sa voix douce et claire me raconter son parcours, de sa formation classique au conservatoire de Bordeaux à la danse contemporaine dont elle faisait désormais son art.
Je lui demandais si elle n’appréhendait pas cette improvisation à faire dans ce décor et ce contexte si particulier. Elle me répondit que non :
« le besoin de liberté et d’expression par le corps était sa passion »  comme s’il était plus fort que la rosée froide et les ceps de vigne à l’allure torturée qu’elle allait affronter.
Simplement vêtue d’un jean, d'un chandail et d'un bonnet rouge, je la vis alors partir rejoindre notre réalisateur qui l’attendait caméra en mains avec toute l’équipe. Depuis mon habitacle, je découvrais une chorégraphie où le corps de Milane se confondait avec les rangs de vigne et leurs donnait même du mouvement.

Ce jour-là, regardant cette jeune artiste danser dans ce paysage, libre, inspirée et portée par la belle lumière rose de ce matin d’hiver, j’ai pleuré !

Lorsque je danse, je ne cherche à surpasser personne d'autre que moi

Mikhaïl Nikolaïevitch Barychnikov

Le confinement et ses conséquences


Aujourd’hui, le COVID19 nous oblige au confinement. Cela nous amène à nous interroger tous sur cette période forcée, sur la notion de liberté et sur ce que cette période change et va changer dans notre vie, sur notre manière de penser.  Visiblement être confiné n’est pas vraiment un problème pour Milane « le confinement est porteur de nouvelles initiatives et dynamiques.
La danse s’invite en solo dans de nouveaux espaces : cuisine, salon, garage, parc, terrain
 ». Cette période lui permet d’aller chercher de d’autres horizons « pour s’affranchir des limites et se diffuser »

Pour elle comme pour beaucoup d’entre nous « les réseaux sociaux, les nouveaux phénomènes de connexion représentent un enjeu important et modifient la manière dont nous vivons notre histoire. Ils nous permettent de rester en lien les uns avec les autres, de partager ce que l’on vit à l’intérieur de soi chez soi ».  La danse, c'est tout l'inverse du confinement, de l'enfermement. C'est l'expression du mouvement, c'est la liberté de s'exprimer. Est-ce un élément qui a compté dans son choix de devenir danseuse ?

 
Milane Cathala Difabrizio avec Alexandre Sossah
Milane Cathala Difabrizio avec Alexandre Sossah
 

Le choix de la danse 

La danse s'est imposée comme une évidence "car elle m’a accompagné dès mon plus jeune âge et a constitué le fil conducteur de mon développement. Oui, ce besoin de liberté, cette volonté d’exprimer avec le corps : le laisser parler, raconter, a toujours été un moteur ».

Ce qu’elle aime aussi dans la danse, c’est la sensation que le mouvement procure et sa capacité à se renouveler sans cesse « cet art créé une possibilité d’action infinie en recherche perpétuelle de nouveaux mouvements, de nouvelles manières de bouger". A l’évidence, la danse est nécessaire à notre vie à l’être humain "elle représente une somme immense de sensations, de créativité, de partage, d’exploration, de connaissances de soi. Elle se nourrit de son histoire, mais aussi de celles et ceux qui la vivent et la construisent ».


Toutes ses dimensions sont indispensables au développement de l’intelligence de notre société : « la danse et les artistes qui la portent, transmettent une nouvelle vision du monde et contribuent à des évolutions et des transformations profondes de notre société. Je pense à l’émancipation du corps des femmes, du corps objet, de l’acceptation et de la reconnaissance de certaines cultures : hip hop, africaine, oriental. Néanmoins, je me demande si la volonté de « sur institutionnaliser » la danse ne ralentit pas sa réelle liberté de parole et d’expression ».
Milane comme de nombreux chorégraphes a besoin de se nourrir d’autres formes de culture pour créer ses spectacles et enrichir son travail de danseuse : « produire de la danse me conduit à une ouverture sur les arts en général : la musique, le théâtre, la peinture, l’architecture.
Cette richesse permet de se renouveler, de rester à l’écoute dans une volonté constante d’apprentissage 
»


Pour voir ou revoir l’épisode artOtech avec Etienne Davodeau et Milane Cathala Difabrizio, c’est ici :
 
artOtech avec Etienne Davodeau auteur de bande dessinée

 
Quelques repères sur Milane Cathala Difabrizio
Milane fait ses débuts en danse au Conservatoire de Bordeaux où elle obtient son Diplôme d’Etude Chorégraphique en classique.
Elle se forme ensuite à la danse contemporaine auprès du Lullaby Danza Project dirigé par Alain Gonotey.
Elle performe pour sa compagnie, la Cie Legato, Yan Duyvendak, Charlie Le Mindu (créateur), Andrey Bartenev (plasticien).
Elle intègre le CNDC d’Angers en 2017, lieu où elle rencontre le travail d’artistes comme Alban Richard, Odile Duboc, Robert Swinston, Ambra Senatore, Amala Dianor, Thierry De Mey.
Elle réalise un film pour Philippe Découflé et intègre la compagnie du CNDC pour une reprise de rôle dans Biped.
 
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