Et si on découvrait L’Anjou en sillonnant la silicon valley du végétal !

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Pas besoin d’être horticulteur pour aimer les plantes, d’être fleuriste pour aimer les roses, d’être paysagiste pour aimer les parcs. En Anjou, la nature s’offre à tous les contemplatifs et aux curieux. C’est gratuit et tellement nécessaire ! Direction la "vallée du végétal".

Le végétal et l’Anjou, une histoire séculaire

Grâce à une grande diversité de sols et de paysages et au passage de nombreux cours d'eau, l’Anjou est depuis plusieurs siècles tourné vers les plantes. Et ça lui réussit car c’est le premier département horticole de France !

Lorsqu’on remonte le temps à la recherche d’un précurseur, un nom revient : le Roi René. Au 15ème siècle, c’est ce fameux duc d’Anjou qui lance la réputation angevine en introduisant de nombreuses plantes méditerranéennes dans les jardins.

L’Anjou est aussi la première zone semencière d’Europe, d’où son surnom de “vallée du végétal”. Le Maine-et-Loire concentre, en effet,  de très nombreux acteurs du monde du végétal à l’image de la “Silicon Valley” aux Etats Unis pour les technologies du numérique. Grâce au climat, une filière de rang mondial s’est développée sur ce territoire. Et parmi les plantes que l’on cultive par ici, il y en a une qui ne passe pas inaperçue : c’est le chanvre.

En Anjou le chanvre a de beaux jours devant lui !

A première vue, on ne fait pas la différence entre le chanvre et le cannabis qui poussent abondamment dans les champs autour de Beaufort-en-Vallée. Justement, il n’y en a pas ! Car en termes de botanique, chanvre ou cannabis appartiennent à la même espèce végétale “cannabis sativa L”. La différence entre les deux tient à l'usage que l’on fait de la plante et à sa teneur en THC, une substance psychotrope présente dans ses feuilles et ses fleurs. Ce taux varie selon les variétés. Ici, on cultive ici une variété qui a un taux très  bas en THC : inférieur à 0,2%. On l’appelle donc du chanvre industriel car il est destiné à l’agroalimentaire, la construction ou l’habillement…

Le chanvre a un système racinaire performant qui va se chercher jusqu’à 2 mètres dans le sol. Grâce à ses racines, le chanvre est très résistant et n’a pas besoin d’arrosage, ni de produits phytosanitaires.

 

Si on a l’impression de redécouvrir cette plante aujourd’hui, en réalité, l’Homme la cultive depuis plusieurs millénaires car on a trouvé des traces d’utilisation de chanvre au Japon et en Chine, 7 500 ans avant JC.

Le chanvre a longtemps nourri les agriculteurs de la vallée de la Loire, jusqu’à connaître son apogée au 19ème siècle. Ses fibres étaient exploitées pour la confection de vêtements, la réalisation de cordages, la fabrication de papier à cigarette, de bibles, de billets de banque. La concurrence du coton puis des tissus synthétiques et la disparition de la marine à voile lui a porté un coup rude. La culture du chanvre industriel a failli disparaître en France, mais elle a été relancée par les nouveaux usages et par tout un réseau de grandes coopératives, comme celle de Beaufort-en-Vallée.

“Hemp’it” regroupe 130 producteurs répartis sur une zone protégée de production de 2 000 hectares en Anjou. A chaque récolte, ce sont 1 500 tonnes de graines/semences de chanvre qui arrivent ici. Première étape, le séchage puis viendra le temps du triage et du nettoyage des graines par une équipe de saisonniers et de permanents. Elles seront ensuite conditionnées et stockées à froid pour une meilleure conservation.

Les fibres et les graines de chanvre ont la cote, elles sont aujourd’hui recherchées dans de nombreux secteurs grâce à son côté “matériau à faible empreinte écologique”.  Les briques de chanvre sont par exemple très performantes pour l’isolation des bâtiments. Elles sont aussi utilisées dans l’industrie automobile, l’alimentation, la cosmétique, la pharmacie ou le textile. Les champs d’application sont nombreux et on peut dire que le chanvre a de beaux jours devant lui !

 

Le chanvre c’est porteur ! On est dans le bassin historique de la production de semences de chanvre ici en Anjou, grâce au climat et à la proximité avec la Loire, et on compte bien le rester !

Guillaume, l'un des responsables de la coopérative

 

Le super pouvoir des plantes

Le monde végétal est décidément plein de surprises. Direction, le village d’Andard au cœur du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine pour une cueillette de plantes sauvages. C’est le terrain de jeu de Frédéric, herboriste passionné de nature et militant du super pouvoir des plantes.  

 

A 26 ans, Frédéric est cueilleur de plantes sauvages et il tient à être délicat et attentif au milieu dans lequel il prélève ses précieux brins, fleurs ou graines. Pour être sûr de trouver le bon endroit, Frédéric s’appuie sur des informations biologiques, il s’éloigne des routes, des zones agricoles ou des zones de ruissellements.

Si Frédéric est sur le terrain c’est pour fournir les herboristeries, les distributeurs spécialisés ou encore des restaurateurs qui veulent fleurir leurs plats.

 

Cueilleur-herboriste, c’est un métier où on en apprend tous les jours ! Même après plusieurs années d’activité, au hasard d’une promenade, on est encore surpris par certaines plantes

Frédéric, cueilleur-herboriste

L’art floral japonais a son paradis : le parc de Maulévrier

L’Anjou compte pas moins de 230 parcs et jardins. Sa proximité avec le port de Nantes, qui a eu pendant plusieurs siècles un rôle essentiel dans l’importation des végétaux d’outre-mer, y est pour beaucoup.

Parmi ces parcs, on doit faire un détour par Cholet pour découvrir le magnifique Parc Oriental de Maulévrier. Ce plus grand jardin japonais d’Europe a été créé entre 1899 et 1910 par un célèbre architecte orientaliste.

Un jardin extraordinaire de 29 hectares qui fait voyager jusqu’au Japon. Plus qu’un jardin, c’est une allégorie de l’univers en miniature. Au fil de la déambulation, on peut voir plusieurs symboles de la culture japonaise et si le cœur vous en dit, vous pourrez demander aux jardiniers de vous parler par exemple du mystérieux niwaki (“arbre taillé dans le jardin”) ou de vous expliquer comment tailler les arbres “en nuages”.

Didier chef jardinier et ses 5 employés prennent soin, chaque jour qui passe, de ces végétaux finement agencés, et renseignent donc les visiteurs sur cet endroit enchanteur et son histoire.

 

Pour voir et en apprendre plus sur "la vallée du végétal", regardez Envie Dehors ce dimanche 30 janvier à 12 H 55 sur France 3 Pays de la Loire et nos plateformes pdl.france3.fr et Francetv.fr

Magazine Envie Dehors

Production exécutive : Les Nouveaux Jours Productions.
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Rédaction en chef : Camille Pitron