Michelin à la Roche-Sur-Yon : le projet d'accompagnement social des salariés signé ce jeudi

C'était le 10 octobre dernier, la direction du groupe annonçait la fermeture de l'usine de La Roche-sur-Yon. / © France Télévisions Fred Grunchec
C'était le 10 octobre dernier, la direction du groupe annonçait la fermeture de l'usine de La Roche-sur-Yon. / © France Télévisions Fred Grunchec

Le projet d’accord sur le dispositif d’accompagnement social des salariés du site Michelin de La Roche-sur-Yon a été signé ce jeudi 23 janvier par la CFDT, la CFE CGC, SUD et FO. La CGT s'est opposée au plan. 

Par Céline Dupeyrat

A l’issue de douze semaines de négociation entre le 22 octobre 2019 et le 7 janvier 2020, les organisations syndicales représentatives CFDT, CFE-CGC, SUD ainsi que FO (organisation syndicale non représentative) ont signé aujourd’hui au siège du groupe Michelin à Clermont-Ferrand l’accord sur les mesures d’accompagnement social dans le cadre de la fermeture du site de La Roche-sur-Yon.

"Les discussions entre les organisations syndicales et la direction se sont caractérisées par l’objectif partagé de coconstruire dans les meilleurs délais un plan d’accompagnement répondant aux besoins concrets manifestés par les salariés du site. L’accord permettra à tous les salariés ne bénéficiant pas des mesures de pré-retraite de poursuivre un parcours professionnel en interne ou en externe dans le cadre d’une mobilité sécurisée", précise le communiqué de la direction du groupe Michelin


En cas de mobilité interne, l’accord garantit aux salariés qui ne seraient pas satisfaits de leur nouveau poste, ou en cas d’échec sur le nouveau poste, la possibilité de se voir proposer un autre poste chez Michelin ou un accompagnement en mobilité externe s’ils souhaitent finalement revenir sur la région de La Roche-sur-Yon. 

En cas de mobilité externe, les salariés pourront choisir, jusqu’à la fin de de leur période d’essai chez leur nouvel employeur, de revenir dans le dispositif d’accompagnement pendant toute la durée de leur congé de reclassement pour chercher un nouvel emploi, si ce dernier ne leur convient pas. Mobilité interne Michelin souhaite en priorité que les salariés de La Roche-sur-Yon puissent poursuivre leur carrière au sein du Groupe, qui confirme son engagement de proposer à chaque salarié un ou plusieurs postes dans un site de Michelin en France.


 

100 postes disponibles en priorité pour les salariés de la Roche-sur-Yon


L’accord garantit en particulier que 100 postes seront disponibles en priorité pour les salariés de La Roche-sur-Yon au sein du site de Cholet. En termes financiers, cet engagement sera soutenu notamment par une prime de mobilité de 40 000€" 


En ce qui concerne la mobilité externe Michelin confirme "son engagement d’accompagner de manière personnalisée chacun des salariés qui souhaiteraient évoluer en externe, avec pour objectifs de s’assurer de la viabilité et de la qualité du projet professionnel. Un cabinet spécialisé a été choisi pour assurer un accompagnement individualisé dans la construction du projet professionnel, puis dans le cadre du congé de reclassement de 12 à 18 mois. Une commission incluant les partenaires sociaux a été créée pour examiner le projet professionnel de chacun des salariés".

En termes d’accompagnement financier, cet engagement sera soutenu notamment par : "une indemnité supra-conventionnelle forfaitaire de 40 000€, augmentée d’une somme allant de 2 à 8 mois de salaire en fonction de l’âge et de 500 € par année d’ancienneté, une indemnité compensatrice des éventuels écarts de rémunération de 400€ pendant 3 ans  ainsi une aide spécifique pour la création d’entreprise de 20000 € à laquelle s’ajoute des subventions et une aide pour un prêt". 
 

Des salariés qui en ont gros

Cet accord ne me satisfait pas tout à fait. Michelin aurait pu mettre un tout petit plus pour les anciens. Ils auraient pu faire différemment. au bout de bout de 29 ans, après avoir donné toute sa jeunesse à une entreprise. Je pense que 500 euros, c'est pas suffisant. Ça fait pas assez, il y a du manque à gagner. J'aurais préféré qu'à partir d'un certain âge, ils nous donne notre prime de fin de carrière qu'on aura pas. Et puis il va falloir que je retrouve du travail. Et ça va être autre chose. J'ai hâte que ça se termine pour pouvoir me remettre sur le marché du travail. Je vais essayer de penser à moi! J'ai une certaine expérience, si je ne trouve pas j'essaierai de construire quelque chose par moi même. Peut-être créer ma propre entreprise. Aujourd'hui j'ai une certaine rancoeur envers le groupe. Mais j'ai été heureux de travailler chez Michelin-Jean-Louis, salarié chez Michelin depuis 29 ans.

J'ai décidé de partir sur une formation longue de tourneur fraiseur sur commande numérique. Plus vite j'aurai quitter Michelin et mieux je me sentirai. Je suis jeune, je suis dynamique, j'aime beaucoup travailler. Je suis motivé, il n'y aura pas de soucis. Michelin, c'est déjà une vieille histoire. L'odeur du pneu en général est insupportable-Vassili, salarié chez Michelin depuis 4 ans

Mesures de pré-retraite


L’accord ouvre un dispositif de pré-retraite pour les salariés pouvant justifier d’une retraite à taux plein d’ici fin 2025, qui devrait ainsi bénéficier à une centaine de salariés âgés d’environ 55 ans pour les opérateurs de production et d’environ 57 ans pour les cadres et employés, techniciens et agents de maîtrise. Il prévoit notamment : " une pré-retraite composée de deux périodes consécutives : 1/3 temps travaillé, rémunérée à 100% ; 2/3 du temps restant en dispense de travail, rémunérée à 75% " et " la mise en place d’une rémunération plancher de 1 700 € par mois dans la période de dispense de travail rémunérée à 75%".

Ces mesures pourront également s’appliquer aux salariés de l’activité semi-finis du site de Cholet, selon des modalités spécifiques prévues par l’accord pour accompagner à la fois le changement d’horaires (passage du 4x8 en 3x8) et la suppression des 74 postes qu’entraîne la fermeture du site de La Roche-sur-Yon.

La procédure doit faire l’objet d’une « information-consultation des instances représentatives du personnel », avant validation par la Direccte (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi). 

 

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