Salon de l'agriculture : la poire Sarteau, une variété ancienne et méconnue représente un véritable patrimoine biologique et culinaire de Haute-Provence

Les poiriers de la variété Sarteau sont devenus rares en Haute-Provence. Cette petite poire à cuire a pourtant fait la renommée de ces pays de montagnes pour sa saveur unique.

La poire Sarteau est devenue rare en hautes-Provence pourtant, elle représente encore une production notable, non par sa quantité, mais par la qualité du fruit.

Des arbres centenaires

A Draix, au nord de Digne, à 925 mètres d’altitude, on les trouve dans les près. Ce ne sont pas des arbres de verger mais des « arbres de plein vent ». Des arbres de 150 ans au moins.

Claude Pélestor est un amoureux et un défenseur de la variété Sarteau. "Dans le temps la Sarteau, dans nos régions de montagnes, elle était utilisée comme dessert. C’était le dessert de tous les jours de ces gens qui vivaient en autarcie". Son père, déjà, avait planté, selon la grandeur de la parcelle, 3 ou 4 poiriers. Ces arbres donnaient de l’ombre pour le troupeau et les animaux gratifiaient le sol de leur fumier.

Une cueillette qui se mécanise

Pour grimper dans les poiriers, on utilisait autrefois un "cavalet", une échelle sommaire bien pratique, mais un peu dangereuse dans des arbres hauts et souvent vieux. Rémi et Claude Pélestor ont inventé une sorte de plateforme sur la fourche du tracteur. On y monte comme dans une grande nacelle. La cueillette est bien plus facile car on est au niveau des fruits et on les dépose directement dans la nacelle.

Une poire pour la confiserie

La famille Pélestor a vendu pendant 73 ans sa récolte de poires au même confiseur de Nice. Un jour, ils ont appris avec stupéfaction que l’usine fermait. Ils ne pouvaient se résoudre à abandonner leurs poires. Ils ont demandé au confiseur de leur transmettre son matériel et son savoir-faire "C’est une poire exceptionnelle. Jamais les confiseurs n’ont trouvé une telle qualité".

La confiserie biologique

Pour faire un fruit confit, il faut un conservateur : l’anhydride sulfureux. Autorisé pour le vin biologique, il ne l’est pas pour le fruit confit biologique. Claude Pélestor a dû faire de nombreux essais jusqu’à obtenir le résultat souhaité. Aujourd’hui, il peut proposer des poires Sarteau biologiques confites selon sa nouvelle méthode.

Dégustation du fruit

La poire Sarteau est belle à l’œil. Elle est consciencieusement pelée par des mains expertes. Confites à cœur, elle doit rester brillante et odorante. En barquette ou en pot, les Sarteau sont délicieuses et peuvent aussi servir de décor pour les gâteaux. "Quand on la met dans la bouche, on dirait qu’on mange le bon Dieu en culottes de velours !"

Conservation du patrimoine fruitier

Le Géoparc UNESCO de Haute-Provence s’intéresse de près à ce patrimoine biologique.
Le label Géoparc est attribué à un territoire rural pour la richesse de son patrimoine géologique, naturel et culturel. A ce titre les variétés anciennes y ont leur place, mais aussi leurs utilisations culinaires, à conserver et à valoriser.
Jean-Simon Pagès, directeur du Géoparc de Haute-Provence, souligne l’importance de la culture des poiriers Sarteau. "Nous développons des partenariats avec ceux qui produisent des Sarteau et les transforment. C’est une promotion du terroir." Claude Pélestor est devenu l’un des premiers géo-partenaires. Ses produits portent désormais l’étiquette du Géoparc de Haute-Provence.

Voir le reportage en langue d’oc réalisé pour l’émission Vaqui 

L’avenir de la poire Sarteau

L’avenir de la poire est dans la plantation de nouveaux arbres. Les particuliers peuvent en trouver chez certains pépiniéristes, mais c’est encore difficile. "Pour réussir il faut beaucoup de temps. Dans le monde d’aujourd’hui, le temps coûte trop d’argent et cela fausse tout." Claude Pélestor compte planter une vingtaine de poiriers supplémentaires chaque année.