Charles-Ange Ginésy, président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, veut faire de son département le lieu d'expérimentation de l'uniforme au collège. Depuis quelques années, l'idée fait son chemin dans des établissements publics de la Côte d'Azur.

Charles Ange Ginésy, le président (Les Républicains) du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, souhaite faire de son département un lieu d'expérimentation de l'uniforme au collège, annonce-t-il ce lundi 4 septembre, jour de rentrée scolaire.

Gabriel Attal, le ministre de l'Éducation, s'est prononcé en faveur de l'expérimentation d'une "tenue scolaire unique" dans les écoles, collèges et lycées. Ce lundi matin, dans une interview de rentrée sur RTL, il a invité les élus locaux qui souhaitent participer à ce test à se manifester.

La réaction du président du Conseil départemental maralpin ne s'est pas fait attendre. "Le Département des Alpes-Maritimes propose d’accueillir cette expérimentation au sein des collèges, dont il a la responsabilité", informait Charles-Ange Ginésy ce jour, dans l'après-midi, par voie de communiqué.

"S’il ne règle pas toutes les inégalités, l’uniforme gomme les différences sociales et permet une meilleure intégration des élèves", justifie celui qui a déjà soutenu, en 2006, alors qu'il était député, une proposition de loi pour l'instauration de l'uniforme dans les écoles publiques, qui n'avait pas abouti.

Cette proposition va dans le sens de la laïcité.

Charles Ange Ginésy, président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, patron du parti Les Républicains, s'est aussi prononcé favorable à l'uniforme dans les établissements scolaires de son fief, le 3 septembre dans une interview au Journal du Dimanche.

La présidente des Bouches-du-Rhône Martine Vassal a également emboité le pas à Gabriel Attal ce lundi sur X (ex-Twitter).

Les modalités de ce test dans les établissements volontaires seront dévoilées "à l'automne", a indiqué le ministre de l'Éducation.

Des expérimentations sur la Côte d'Azur

Sur la Côte d'Azur, l'idée d'un uniforme scolaire fait son chemin depuis plusieurs années déjà. À Nice, certaines écoles maternelles, publiques comme privées, demandent déjà aux parents d'écoliers de leur faire revêtir une blouse.

Avant la proposition de Gabriel Attal en cette rentrée, le lycée public du Golfe de Saint-Tropez, à Gassin (Var), avait déjà fait parler de lui en proposant en janvier dernier une mise en place de l'uniforme, en concertation avec les élèves.

Depuis, des uniformes ont bien été choisis pour une expérimentation auprès des élèves de la section professionnelle du lycée, qui commencera dès le retour des prochaines vacances de la Toussaint. "Ce sont eux qui le demandent", affirme Patrick Morelle, le proviseur du lycée. Pour l'uniforme, ce sera "chemise et pantalon pour les garçons, chemise et jupe pour les filles", détaille le proviseur.

"On y pensait bien en amont des annonces du ministre. On veut le faire dans l'esprit d'une équipe de foot. L'idée est de représenter les couleurs du lycée aux examens comme dans une compétition sportive", explique M. Morelle. Si l'expérience est concluante, une généralisation à tous les élèves du lycée pourrait être envisagée après une concertation avec les lycéens et les représentants des parents d'élèves.

"Pas donné à tout le monde"

Reste à déterminer comment financer les uniformes. "Ce n'est pas donné à tout le monde", confie Pierre Testory, gérant du Roi du tablier, une enseigne niçoise de fabrication de blouses et uniformes d'école. "Pour un uniforme avec chemise et pantalon ou jupe, on ne descend pas en dessous de 100 euros", explique celui qui fournit déjà plusieurs établissements privés, dans les Alpes-Maritimes, mais aussi en Île-de-France.

"Il faudra qu'on voie avec la Région", affirme Patrick Morelle, le proviseur du lycée du Golfe de Saint-Tropez. "La Région finance déjà les tablettes et les manuels, pourquoi pas les tenues ?"

Un code vestimentaire à Monaco 

À Monaco, un code vestimentaire a été expérimenté à l'école élémentaire dès la rentrée de 2019.

Du CP au CM2, les 2 071 enfants scolarisés dans l'école de la Condamine, l'une des sept écoles publiques de la principauté, étaient tenus de porter un polo blanc et un cardigan bleu marine, avec le logo de l'établissement. Le bas étant à la discrétion des familles, avec toutefois une préconisation : un pantalon ou une jupe de couleur sombre.

Après une expérimentation de deux ans dans cette école, l'uniforme pour tous les écoliers a été adopté à Monaco.