Les défenseurs des migrants dénoncent les pratiques "iniques" de la préfecture des Alpes-Maritimes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Michel Bernouin
La Police aux Frontières en opération de contrôle le long de la frontière italienne, près de Menton.
La Police aux Frontières en opération de contrôle le long de la frontière italienne, près de Menton. © France 3 Côte d'Azur

Trois associations se disent "scandalisées" par les propos du préfet des Alpes-Maritimes. Elles dénoncent le renvoi en Italie de mineurs étrangers non accompagnés.

Le bras de fer entre les défenseurs des migrants et le préfet des Alpes-Maritimes se durcit. Trois associations - la Ligue des droits de l'homme section de Nice, Habitat et Citoyenneté, et Roya citoyenne – ont diffusé ce vendredi soir un communiqué de presse dans lequel elles dénoncent ce qu’elles considèrent comme des pratiques "iniques" : le renvoi en Italie de mineurs étrangers non accompagnés.

"Dans un pays qui respecte les droits fondamentaux, un mineur ou une mineure, même sans titre de séjour, restent des sujets de Droit, écrivent les associations. Procéder au renvoi d’un mineur, comme cela a été constaté, filmé et documenté à plusieurs reprises, notamment en gare de Menton Garavan, en le faisant simplement passer sur le quai en direction de l’Italie, est tout simplement inique".

Dans la vidéo à laquelle le communiqué fait référence, diffusée en juillet dernier par Cédric Herrou, a été tournée le 30 juin en gare de Menton Garavan. Un policier s’adresse à deux jeunes noirs, sans papiers.

- Vous avez quelle nationalité ?
- Tchad
- Vous êtes majeurs ou mineurs ?
- Mineurs
- D’accord, vous venez avec moi s’il vous plait.


Les deux jeunes sont conduits dans les locaux de la gare, puis en ressortent, toujours encadrés par des CRS, qui les accompagnent jusqu’à la porte du train, direction Vintimille, en Italie. "Au revoir Mademoiselle, salut mon gars", lance un policier.

Depuis, les défenseurs des migrants se battent pour faire cesser le renvoi en Italie des étrangers mineurs. En septembre, le tribunal administratif de Nice avait donné raison pour la deuxième fois aux militants, en jugeant que "l'administration [dans les Alpes-Maritimes] porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile".


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