Fêtes de fin d'année. Pourquoi les patinoires de la Côte d'Azur choisissent la glace plutôt que le synthétique ?

Alors que la question écologique est de plus en plus présente dans les esprits de tous, on peut s'étonner de voir des villes installer des patinoires en glace dans le sud de la France. Elles expliquent ce choix.

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Glisser sur la glace alors que le soleil tape et que le thermostat frôle les 18°C... Cela peut paraître incongru alors qu'on se creuse la tête pour trouver des solutions pour faire des économies d'énergie.

Pourtant, de nombreuses villes de la Côte d'Azur continuent d'installer des patinoires en glace chaque année. 

À Cannes, on justifie le choix de la glace pour sa "qualité de glisse" qui rencontre un grand "succès". Impossible de retrouver cette sensation avec une autre alternative, affirme la mairie.

Sur l’aspect énergétique, nous remarquons que la différence avec une patinoire synthétique n’est pas si significative. Si la patinoire synthétique consomme moins d’énergie au départ, elle en nécessite davantage pour sa fabrication et son entretien. L’empreinte carbone est identique pour les deux.

Mairie de Cannes

Les patinoires synthétiques, une fausse bonne solution ?

À Menton, on a aussi choisi de garder une patinoire en glace pour "maintenir les animations traditionnelles". "Contrairement à ce qu’on pense, les patinoires artificielles polluent également et beaucoup plus qu’on ne le croit", indique la mairie de Menton.

Les patinoires synthétiques sont faites principalement à partir de "polyéthylène", indique WWF Allemagne sur son site, soit la matière plastique la plus commune.

Utiliser ces patinoires génère des déchets plastiques et une certaine dépense en énergie lors de "la fabrication, le transport, l'élimination ou le recyclage". Toujours d'après WWF, le mouvement des patins sur la piste crée en prime des microplastiques qui sont "détachés et libérés, finissent dans le sol, l'air et la mer et provoquent des dégâts dévastateurs", explique Caroline Kraas, experte en microplastiques du WWF. Une chose que Menton souhaite à tout prix éviter, se trouvant si près de la mer, explique la mairie.

"La question se pose aussi du recyclage de ces dalles. Aucune filière n’existe pour le moment", renchérit Menton. Les patinoires en plastique reviendraient à remplacer une pollution par une autre. 

La consommation de 3 personnes en une année

Au niveau de la consommation d'énergie, la patinoire en glace ne consommerait que très peu d'eau, assure la mairie d'Antibes-Juan-les-Pins. "Le montant de la consommation d'eau s'élèvera à moins de 50 euros pour les 15 jours", affirme-t-on à Antibes.

La mairie indique que dans leur appel d’offres pour le prestataire de patinoire, "les critères environnementaux et d'économie d'énergie" sont mis en avant.

En revanche, côté électricité, les chiffres montent. À Juan-les-Pins, on prévoit une consommation de 6 400 kW pour la patinoire. Cela représente la consommation moyenne en électricité de 3 personnes en un an, d'après data.gouv.fr qui chiffre la consommation annuelle d'une personne par an à 2223 kwH. 

La solution monégasque : la suppression de la patinoire

Finalement, la solution serait peut-être de ne plus mettre de patinoire du tout... Au risque d'abandonner les traditions de la période des fêtes.

C'est le tournant qu'a décidé de prendre la principauté de Monaco. Bien que la grande patinoire soit devenue "une tradition pour les fêtes de fin d’année, une des animations les plus attendues et appréciées de notre jeune public qui pouvait s’adonner aux plaisirs de la glisse jusqu’au mois de mars", depuis cette année, on ne peut plus glisser à Monaco en hiver.

"Était-il bien raisonnable de maintenir dans notre pays au climat méditerranéen une telle structure pendant une période aussi longue ?" C'est la question que s'est posée le Conseil communal, nous rapporte Marjorie Crovetto, 2ᵉ adjointe au maire en charge de l'environnement, via un communiqué.

Plusieurs solutions ont été envisagées pour respecter le plan de sobriété énergétique entamé par la principauté qui prévoit de "réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% à l’horizon 2030 par rapport à 1990". En 2021, un nouveau système de production de glace a été expérimenté. Malheureusement, les résultats n'étaient pas ceux escomptés.

Il a aussi été décidé de réduire la période d'ouverture et l'espace de glisse. Mais là encore, ce n'était pas assez. "Malgré tous ces efforts, la consommation énergétique totale restait significative, représentant l'équivalent de la consommation annuelle de 47 foyers", indique Marjorie Crovetto.

En 2022, Monaco a installé une "Roller Station" pour permettre aux amateurs de la glisse de venir se divertir même sans patins à glace. La fréquentation n'était pas au rendez-vous.

Alors pour 2023, Monaco arrête les patinoires en tout genre "tant qu’aucune solution raisonnable et durable n’est trouvée". Cette année, cela a été remplacé par un village des sports et une tyrolienne. 

Et pour ceux qui ne veulent pas abandonner leurs patins, il est toujours possible d'aller sur des patinoires (vraiment) naturelles comme sur les lacs gelés dans le Jura, en Haute-Savoie ou encore dans l'Ain.