Le boulanger niçois Frédéric Roy déclenche les foudres de la confédération des boulangers français

Le boulanger niçois Frédéric Roy est connu pour vouloir la reconnaissance du croissant artisanal "fait-maison". La confédération nationale de la boulangerie française a publié un message sur les réseaux sociaux en insinuant que le boulanger abîmait l'image de la profession. 

Frédéric Roy demande l'obligation de l'affichage "fait-maison" dans les boulangeries.
Frédéric Roy demande l'obligation de l'affichage "fait-maison" dans les boulangeries. © MAX PPP/ Guillaume Bonnefont
Installé à Nice, le boulanger Frédéric Roy est devenu célèbre pour ses prises de position notamment dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il se bat depuis 2 ans pour une loi qui obligerait les artisans à afficher si les viennoiseries sont industrielles ou non.

Alors que le 9 février dernier, la chaîne BFM TV interviewait le boulanger pour suivre l'avancée de la loi, la confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française, CNBPF, a publié sur son compte Facebook un message :

Dire que 80% des boulangeries vendent des croissants surgelés est faux." 
 

Je n'ai pas compris cette attaque directe et gratuite, explique Frédéric Roy.


Contacté le boulanger se défend "je parle du volume de viennoiseries consommées lorsque j'utilise ce chiffre".

Le chiffre provient de la FEB, fédération des entreprises de boulangeries, le volet plutôt industriel de la boulangerie. Matthieu Labbé, son directeur explique :"ce chiffre est une estimation sur tout ce qui est vendu en viennoiseries en France dans toutes les surfaces".

Il a ensuite rajouté :"si des grandes chaînes vendent 100 croissants industriels, le chiffre va gonfler alors que des petits artisans vont vendre 15 croissants "fait-maison" et faire baisser ce chiffre en volume".

Fiers de leur produit


Outre ces explications, le directeur n'est pas contre l'instauration d'une loi affichant la fabrication des produits. "Nous sommes fièrs de nos produits et nous prônons la transparence". 

Frédéric Roy a ensuite répondu à la confédération via les réseaux sociaux.
 

On a le droit d'être énervé ! Réplique Dominique Anract.


Joint par téléphone, Dominique Anract, président de la CNBPF reste campé sur ces positions.
Pour lui, il défend également "une part de boulangers qui ne veulent d'une énieme réglementation". Avant de rajouter :"les choses évoluent déjà, nous travaillons avec les boulangers pour une amélioration de la pratique".
Si une loi oblige l'affichage la fabrication des viennoiseries il craint que l'avenir des boulangers sont compromis.

On travaille déjà depuis deux ans pour le label boulanger de France


Explique Dominique Anract.

La publication du CNBPF a été partagée près de 130 fois et beaucoup commentée en soutien du boulanger : "Voilà typiquement ce qu'il ne fallait pas faire... Taper sur un collègue respecté, écouté , qui cherche des solutions pour l'avenir de notre métier..." écrit un internaute. 

Face à ce tollé, la confédération s'est ensuite réexpliquée dans un autre poste Facebook. Fédéric Roy, lui confie : "quand je vois que je suis soutenu comme ça, je me dis que le combat n'est pas vain". Avant de rajouter :"moi franchement je prendrais mes responsabilités si j'étais à la place du président de la confédération".


Où en est la loi ? 

Selon Frédéric Roy, le dossier avance, après le soutien de Cédric Roussel, député LREM dans Alpes-Maritimes, l'eurodéputée Sylvie Brunet soutient le projet au parlement européen.
 
Nous avions rencontré Frédéric Roy en 2017. A ce moment, il demandait un label "tradition", la vidéo sur notre page Facebook avait été vue plus d'un million de fois :
 En attendant sa loi tant espérée, Frédéric Roy continue chaque jour de publier consciencieusement sur son compte Facebook des photos de ces viennoiseries dorées !

 
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